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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 15:51

La Russie de Poutine : celle que l’Ouest a méritée ?

 

Le réveil de la contestation politique de masse en Russie, marqué par les manifestations de décembre à Moscou, a coïncidé avec les 20 ans de la fin pour l’URSS, en 1991.

 

Retour sur 1989 : l’entreprise réformatrice de Gorbatchev a échoué, une bureaucratie fossilisée s’avérant  incapable d’assainir en profondeur le régime qu’on peut appeler par facilité stalino-bréjnévien. L’Afghanistan, Tchernobyl, le Caucase, ont fait le reste, plus efficacement qu’avec le pape ou Reagan. Le système a tout simplement implosé de l’intérieur.

 

Lorsque la frontière hongroise s’ouvre à l’été de 1989, la chute du mur de Berlin est programmée.

 

Une vraie politique de paix eut impliqué qu’avec la disparition du bloc militaire de Varsovie, l’Otan s’abstienne d’avancer ses pions vers l’Est, au lieu d’avaler et d’englober rapidement l’Europe orientale. (Dans son livre mémorialiste « Si ça vous amuse », Michel Rocard est un des rares, à ce niveau, à poser sérieusement la question).

 

 Le nationalisme est l’ultime légitimité des dirigeants d’un Etat qui était la seconde puissance mondiale. La Russie a pu se sentir encerclée et menacée, ainsi par le bouclier anti-missiles qu’une Pologne pénétrée de russophobie accepte sur son sol, fut-ce dans une version allégée. Les peuples libérés de la tutelle russe se sont tournés plus volontiers vers le passé que vers l’avenir. En Ukraine, en Géorgie, en Asie centrale, l’antagonisme du temps de la guerre froide se prolongea sous d’autres formes. Tout ceci a nourri les griefs et fait le jeu, finalement, de la « restauration » nationaliste qui correspond au système Poutine.

 

Notons que nos médias, en parlant de la contestation de décembre, s’abstiennent généralement de signaler qu’elle comporte deux courants : l’un libéral, l’autre de gauche et communiste.

 

La chute du mur de Berlin fin 1989 symbolise certes la restauration des libertés civiles élémentaires dans cette partie de l’Europe, mais les plus lucides des socialistes pouvaient déjà entrevoir quelle serait la contrepartie : durant les années nonante, la libéralisation sauvage de l’économie russe a abouti à un désastre social dont les effets subsistent toujours. La Russie est un pays où la durée de la vie humaine a diminué ! La vieille bureaucratie soviétique, déjà usufruitière des « moyens de production », s’en est attribuée la propriété privée, bien que l’Etat, sous Poutine, a repris le contrôle de quelques secteurs stratégiques.   

 

Sur le plan mondial, la disparition d’un bloc « non capitaliste », qui servait de contrepoids à l’expansion foudroyante du libéralisme économique dérégulé, a accéléré la globalisation mercantile. Elle a aussi déséquilibré la social-démocratie européenne, et explique en partie les abandons des années nonante.

 

Enfin, 1989 a porté un coup fatal à la construction européenne telle que la concevaient les fédéralistes, et même Jacques Delors. Elargie à l’Est, diluée, l’Europe a dérivé vers une zone de libre échange, avec une machinerie institutionnelle toujours plus lourde, une confédération informe, une zone monétaire bancale. Le nationalisme y sévit partout, avec le cas extrême de la Hongrie…

 

Est-ce par solidarité des autocraties plus que pour des motifs géostratégiques que la Russie de Poutine a fait jusqu’ici cause commune avec l’abominable régime syrien ? Est-ce là la Russie  que le monde occidental a contribué à façonner ?

    

Robert Falony

 

                                                                                       

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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 21:20

« Comprendre » ne suffit pas…

 

En haut lieu, le mot d’ordre au PS est de « comprendre » la grève du 30 janvier et ses raisons. C’est un peu court… « Comprenons » que dans un gouvernement de coalition, les ministres socialistes sont liés aux décisions prises.

 

Mais le PS en tant que tel ? Des générations de militants se sont entendus dire que « le parti n’est pas le gouvernement ». Par exemple, le citoyen Giet, président ff., et non pas ministre, aurait pu, lui, se déclarer hautement solidaire du front commun syndical. Au lieu de cela, le mot d’ordre pour les mandataires (hormis quelques envolées contre le libéralisme économique) est de se solidariser des ministres socialistes plus que des travailleurs, à qui on a redit dans cent discours qu’ils ne devaient pas payer la crise une seconde fois…  

 

Par chance (?), la dernière attaque du FMI contre l’indexation a détourné l’attention sur ce dernier volet. Mais c’est précisément l’une des raisons de la grève ! 

                                                                    

Castor

 

 

Morceaux d’humeur du 29 janvier 2012

 

Les patrons « Camilero »

 

A chaque mobilisation syndicale, c’est la même chanson : les patrons entonnent en chœur le lamento sur le danger pour l’économie belge que représente une grève de 24 heures.

 

Elle doit très mal se porter l’économie du « plat pays qui est le mien » si elle est mise en danger par 24 heures de mobilisation syndicale qui, par ailleurs, sont loin de toucher toutes les entreprises !

 

Van Quick ou « baby Thatcher » ?

 

À la question posée par Pascal Vrebos au très ultralibéral ministre des Pensions « Etes-vous un baby Thatcher ? », Van Quickenborne répondit d’un « non » timide pour ajouter aussitôt : « Il n’y a pas d’alternative » à sa politique… Cela ne vous rappelle rien ? Le fameux TINA (There Is No Alternative) de Maggie Thatcher à sa « belle » époque…

 

En France, la démocratie est en marche !

 

En principe, il ya trois cents ans, un certain Montesquieu émit l’idée de la séparation des pouvoirs comme étant la base de ce qu’on appellera plus tard la « démocratie ». A croire que chez Sarko, ce n’est plus le cas.

 

« Mediapart » rapporte qu’au tribunal de Castres dans le Tarn, un para, par ailleurs membre du FN de la très démocrate Marine Le Pen, était jugé parce qu’il n’avait rien trouvé de mieux que profaner des tombes musulmanes « au nom de la défense de l’occident chrétien ». Le vice-procureur au nom prédestiné de Philippe Mao requit cependant une peine légère, mais déclara : « Ce que nous avons à juger, c'est le résultat d'un vent mauvais qui souffle sur notre pays depuis de nombreuses années et dont je crois pouvoir dire que les plus hautes autorités de l'État n'y sont pas étrangères et alimentent ce climat même si ce ne sont pas les seules. Il y a les incendiaires qui poussent avec leurs mots et ceux qui les appliquent. » Ah mais ! Le député UMP – tendance « droite populaire » - Bernard Carayon, ancien du groupe d’extrême-droite GUD, ne l’entend pas de cette oreille : il proteste auprès du garde des Sceaux français, le ministre de la Justice, Michel Mercier qui entame une procédure disciplinaire contre le vice-procureur Mao pour ses propos accusant l’Etat français.

 

Pour mémoire, la Constitution française garantit la liberté de parole des magistrats du Parquet… Pour mémoire !

 

Pierre Verhas

 

 

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26 janvier 2012 4 26 /01 /janvier /2012 22:21
 
 
  
Arguments Anti - Anti - Grève  (20/01/12)
 

Dans les médias traditionnels, ces dernières années et ces derniers mois, en plus, les arguments contre l'action des syndicats qui s'opposent à la politique d'épargne et d'accompagnement des politiques rupture sociale. Ce lavage de cerveau systématique semble certainement au travail: "Sur le comptoir», les Mangemorts sont accepté avec enthousiasme. Antidote est un besoin urgent.
 
 
Le Rwagasore assassiner, les Lumumba burundais (21/01/12)


Le mercredi 15 Février 2012 à 19h30,  le groupe de l'Afrique centrale de BD et Pax Christi Flandres organisent à Anvers un débat sur la publication, «Le Rwagasore assassine, les Lumumba burundais», l' auteur en est Guy Poppe, spécialiste de l'Afrique.

 

 

 



 

http://www.lef-online.be/cgi-bin/csvdb.cgi?db=reportages&rec=1327256220&display=record

De fatale constructiefouten van Europa (22.1.12)


De Europese constructie bevat grondige constructiefouten, zowel op economisch, sociaal als democratisch vlak. Het is zeer de vraag of die te repareren zijn en vooral, of dat wenselijk is.

 

 

 

 

http://www.lef-online.be/cgi-bin/csvdb.cgi?db=reportages&rec=1327267073&display=record

 

 

 

The Economics of Happiness (22.1.12)

Onafhankelijk van de bestaande machtsstructuren, werken mensen aan een andere toekomst. Aan de hand van de documentaire “The Economics of Happiness organiseren Oikos en het Masereelfonds 8 discussieavonden doorheen het land, geïnspireerd door een relaas van mensen die vandaag al werken aan een alternatief.

 

 

http://www.lef-online.be/cgi-bin/csvdb.cgi?db=forum&rec=1327251106&display=record

 

 

Links Front in Nederland (22.1.12)

In Nederland liet de sociaalliberale PVDA deze week weten, niet langer bereid te zijn om het kabinet van de liberaal Rutte (met CDA als regeringspartner en de extreemrechtse PVV van Geert Wilders als gedoogpartner), bij moeilijke beslissingen te steunen.

 




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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 17:43

Devinez

 

Qui a écrit ceci : « Je passe sur le fait que le sort, la vie, de millions d'hommes et de femmes se joue, à cet instant, sur le coup de dés d'une agence dont je répète que le point de vue n'est jamais "objectif" ni "scientifique" et sera d'ailleurs, quelques jours plus tard, comme il se doit, démenti par celui d'une agence concurrente.

Le plus stupéfiant, dans cette affaire, c'est l'emballement des acteurs politiques et de l'opinion ; c'est notre acceptation immédiate de ce qu'il faut bien appeler un diktat, pour ne pas dire un abus de pouvoir ; c'est ce phénomène d'intoxication, on dirait presque d'hypnose collective, qui nous fait consentir à une dégradation (quel mot !) dont nul, ou presque, n'interroge les sources, les titres, les motifs ; c'est le fait que nous soyons si peu à nous insurger contre ce fétichisme absurde, cette caricature de technicité et de sérieux ; c'est la docilité qui nous fait accepter, d'une seule voix, que la politique de la France et du monde se fasse, comme disait le général de Gaulle, "à la corbeille" de ces super-Bourses aux illusions que sont devenues les agences ; c'est l'étrange consensus, en un mot, autour de cette figure nouvelle de ce qu'un bon auteur appela, jadis, la servitude volontaire et qui vient d'atteindre là un point d'extravagance sans pareille. »

C’est de Jean-Luc Mélenchon ? d’Olivier Besancenot ou du seul candidat ouvrier à l’élection présidentielle, Philippe Poutou ? De François Hollande ? De Paul Magnette ?

Ne cherchez plus : vous n’y êtes pas. C’est Bernard Henri Lévy, BHL himself ! Dans « le Point » de cette semaine…

 

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 Cette fois-ci, BHL ne mérite pas d'être entarté...

 

 

Notre philosophe germanopratin est-il passé dans le camp anticapitaliste, ou à l’altermondialisme ? S’est-il inscrit au Parti de gauche ? Non. Il a eu simplement un éclair de lucidité. Le capitalisme international irait-il trop fort qu’il commencerait à gêner l’intelligentsia « libérale » ? On peut se poser la question.

 

La connerie d’or

 

Le très capitaliste quotidien « l’Echo » de ce samedi a interrogé trois économistes sur les pistes qu’ils entrevoient pour « sauver la croissance ». Il s’agit de l’ineffable Etienne de Callataÿ (banque Degroof), d’Ivan Van de Cloot (Itinera institute) et de Paul De Grauwe (professeur à la KUL).

 

Le palme de la « connerie d’or » revient incontestablement à de Callataÿ qui suggère que le gouvernement annonce pour le 1er octobre prochain une hausse de la TVA comme cela «  beaucoup de gens vont se précipiter pour acheter aujourd’hui. C’est une mesure budgétaire avec un impact positif instantané sur la croissance. » L’économiste de la banque Degroof oublie que le pouvoir d’achat des ménages ne cesse de diminuer et que, hausse ou non de la TVA, les gens ne se précipiteront pas pour consommer plus et ainsi « relancer » l’économie. De plus, une hausse généralisée de la TVA ne ferait qu’aggraver la précarité !

 

 de_callatay.jpg

And the winner is... la "connerie d'or" pour Etienne de Callataÿ !

 

 

Le second prix va à Van de Cloot qui propose de donner des consignes « aux fonctionnaires pour accélérer les dossiers d’investissements. » Ben tiens ! On accroîtrait les déficits. Ce n’est pas très orthodoxe cela. Mais, ce n’est pas tout ! Le gourou d’Itinera propose un « déphasage » au niveau européen : « Il faut que la Grèce fasse plus d’austérité que l’Italie qui en fasse plus que la Belgique, etc. Au bout de la chaîne, des pays comme l’Allemagne et les Pays Bas ne doivent pas en faire du tout. Cela stimulera mécaniquement la demande extérieure des autres. » Autrement dit, les pauvres payent pour les riches. Il n’y a vraiment rien de nouveau sous le soleil bancaire, M. Van de Cloot.

 

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Pour Ivan Van de Cloot : les pauvres doivent payer pour les riches...

 

Heureusement, le troisième, Paul De Grauwe, est hors concours. L’ancien parlementaire VLD dénonce la « dictature des créanciers ». La Commission européenne mène une politique perverse, selon lui, en alimentant l’austérité alors que l’Europe se dirige vers une récession. « La Commission aurait dû dire : les mesures d’austérité sont indispensables, mais vu la récession qui s’installe, il serait bon de les postposer. Elle a fait exactement l’inverse… » Cela relève du dogmatisme pour le professeur à la KUL. Notons au passage que De Grauwe avait approuvé les critiques de Paul Magnette à l’égard de la Commission. Enfin, l’économiste De Grauwe prédit une récession en Allemagne, ce qui permettrait à la Belgique de relancer la consommation et de reprendre les exportations. Le malheur des uns…

 

 

 Paul_de_grauwe.jpg

L'exception Paul De Grauwe : un économiste libéral mais non dogmatique

 

 

Irréversible ?

 

Un bureau d’études – Laplace Conseil – a remis un rapport dans lequel il estime que la fermeture de la phase à chaud d’Arcelor Mittal à Liège est irréversible, à moins d’injecter un milliard d’Euros, ce qu’aucun opérateur privé n’acceptera de faire.

 

 

 arcelor_mittal_chaud.jpg

La phase à chaud d'Arcelor Mittal à Liège peut être sauvée,

c'est une question de volonté politique.

 

Cela a l’air énorme, mais que représente un milliard d’euros en regard des 480 milliards prêtés à un taux dérisoire par la BCE aux banques privées ? La sidérurgie ne pourra être sauvée qu’au niveau public et européen.

 

L’argument de la concurrence mille fois opposé par les dirigeants des institutions européennes pour s’opposer à des « aides d’Etat » ne tient pas : la concurrence est mondiale et ne se déroule pas au sein de l’Union européenne, Arcelor Mittal ayant un quasi monopole dans plusieurs pays européens. La relance de la sidérurgie européenne par des investissements publics au niveau de l’Union permettra à ce secteur de retrouver sa position concurrentielle et de sauver et créer ainsi un nombre considérable d’emplois.

 

 

Pierre Verhas

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 09:46

Nous inaugurons ici une nouvelle rubrique qui aura un rythme mensuel, rubrique conçue et rédigée par Robert Falony.

 

           La démission de la médiacratie

 

La crise. Un mot employé à tout bout de champ depuis les années septante, un mot fourre-tout, qui reparaît et disparaît au fil des années, sauf qu’à l’automne 2008 cela a vraiment été la crise.

 

Quelle crise ? Les médias en parlent parfois comme s’il fallait comprendre « l’orage » ou « la tempête », sans rapport avec le fonctionnement de la société. D’abord, comment la nommer ? Cela a d’abord été la crise des subprimes aux Etats-Unis, quelque chose de bien localisé. Puis c’est devenu la crise grecque, un petit pays de tricheurs d’où vient tout le mal. On en est à la crise de la zone euro, ou mieux des « dettes souveraines », mais alors ce devrait être aussi grave pour les Etats-Unis ou le Japon.

 

Bref, ne jamais dire : crise du système économique dans lequel nous vivons. Et surtout pas : crise du régime capitaliste en tant que tel.

 

Les médias : les grands quotidiens nationaux, les chaînes de télévision, publiques ou privées. S’il y a bien une preuve du règne de la pensée unique, la voici : comparez les rubriques économiques et financières, et vous y lirez presque toujours les mêmes analyses. Et s’il y a débat, c’et sur le mode mineur, « toute thèse en vaut une autre ».

 

Or, que lisent, que voient la grande majorité des gens ? Les titres (toujours plus accrocheurs) et un JT également accrocheur, réduit à 15 ou 20 minutes d’images sans contexte. Observez comme l’affaire des trois A de Standard &Poor’s a été présentée : comme s’il s’agissait d’un tsunami, ou comme si la divinité sur un nuage édictait une vérité suprême. Pas un éditorialiste pour suggérer (seulement suggérer !) que les agences de notation anglo-saxonnes ont peut-être envie de détruire la zone euro, ou qu’elles ne veulent aucun bien à la Sécurité sociale de type européen, Obama en sait quelque chose.

 

Bien sûr la presse « engagée » a disparu. Mais est-ce une raison pour qu’une presse qui se gargarise de sa mission, de sa liberté (?) et de son objectivité, se prive d’au moins donner du sens aux évènements du monde ?

 

La médiacratie a, en gros, démissionné de ce qu’était son rôle traditionnel : défendre des causes.

 

Un étage plus bas,  il y a la presse torchon. La D.H., pour ne pas la citer, titre à la veille de la Noël « Une grève pour rien », en laissant ignorer les ultimes petits aménagements aux décisions du gouvernement sur les pensions.

 

Sous entendu : se mettre en grève ne sert à rien. Imagine-t-on ce que serait la situation sans la puissance syndicale, si la droite pouvait faire ce qu’elle veut ? L’indexation aurait déjà été supprimée, l’âge légal de la pension serait à 67 ans, les allocations de chômage seraient de courte durée, et les salaires entaillés…

 

A la pensée unique, opposons la résistance par voie de presse alternative !            

 

Robert Falony

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 17:10

Hongrie

 

A quoi comparer le régime installé par Viktor Orban en Hongrie ? Quand on connaît le passé de ce pays, n’est-ce pas au régent Horthy d’entre les deux guerres qu’il faut penser ?

 

 

 

 viktor-orban.jpg

Viktor Orban dit le "victateur" : un nouvel Horthy ?

 

Nationalisme ultra, lois liberticides, système électoral sur mesure, et abdication du Parlement en faveur du pouvoir exécutif, tiens, comme le Reichstag de 1933…

 

Ne soyons pas dupes des émois de la Commission européenne, de ses questions et mises en examen… Elle n’a aucune intention de mettre sérieusement en route la procédure dite de l’article 7 qui devrait notamment permettre de suspendre la Hongrie de son droit de vote dans l’union européenne. Doutons de même que le Fidesz soit exclu du Parti populaire européen, plus grand commun dénominateur des conservatismes continentaux.

 

Alors que la Commission entend désormais exercer sa propre dictature sur tous les budgets des pays membres, pourquoi serait-t-elle chagrinée à l’excès de ce qui se passe sur les rives du Danube ?

 

A preuve : ce n’est pas sur le terrain des principes démocratiques que « l’Europe » fait problème pour Orban, mais sur celui de la finance précisément. Une banque centrale doit être aux ordres de Bruxelles et de Francfort. Et si le Fidesz a pris le pouvoir aux élections d’avril 2010, c’est parce que les Hongrois, assommés par la politique euro-libérale et par le FMI, ont délogé la gauche social-démocrate, maintenant assimilée par Orban à l’ancien parti communiste.

 

Rwanda

 

Est-ce enfin l’ultime vérité -toute la vérité- sur la tragédie du 6 avril 1994 qui servit de déclencheur au génocide du Rwanda ? Ceux qui ont toujours jugé plus crédible la thèse attribuant aux extrémistes hutus le tir mortel sur l’avion du président Habyarimana  ne peuvent qu’acter avec satisfaction l’expertise française, longue et minutieuse, établissant que le coup est parti du camp Kanombé occupé par les forces gouvernementales.

 

 rwanda-plane-crash-007.jpg

Crash du Falcon présidentiel. Qui a fait le coup ?

 

Il y a assez à redire sur la politique du président Kagamé, y compris au Congo, pour qu’il ne s’agisse pas ici de le défendre à toute force. Et même si les deux missiles avaient été tirés par ses partisans, en quoi cela atténuerait-il l’horreur d’un génocide (800.000 morts ?) dont il est établi qu’il était planifié de longue date ?

 

La thèse inverse et antérieure du juge Bruguière semble donc mise à mal pour de bon (Il n’avait même pas  enquêté sur place). Dans le dernier carré des génocidaires, cependant, se dessine déjà une ultime explication : des éléments du FPR se seraient infiltrés dans le camp des FAR « loyalistes »… Pourquoi pas plutôt des « conseillers » mercenaires, capables d’utiliser ces missiles de fabrication russe ? 

 

Tout ceci jette une lumière encore plus crue sur les responsabilités françaises dans le soutien  accordé  jusqu’au bout au régime Habyarimana. Et accessoirement belges, au moins jusque 1993 ? Dix soldats belges l’ont payé de leur vie en ce tragique mois d’avril 1994.

 

R.F.

 

 

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 10:47
 
Criminaliteitsgraad Brussel daalt verder (6.1.12)

In Bericht uit het Gewisse (BuG) 156 van 05 januari 2012 stelt socioloog Jan Hertogen op basis van officiële statistieken dat de criminaliteitsgraad in Brussel voor het 3de jaar daalde in het 1ste semester van 2011.
 
 
 
 
 
 
Protestations contre le plan Marcourt de sélection des étudiants en médecine (6.1.12)

Dans un communiqué de presse commun de l’UNECOF (Union de Etudiants de Communauté francaise), la FEF et le CIUM (Comité Inter-Universitaire des Etudiants en Médecine) proteste contre la proposition d’examen d’entrée, différé à la session de janvier, du ministre de l’enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Jean-Claude Marcourt.Sa teneur rejoint celle du communiqué sorti lundi par l’Assemblée Générale des étudiants de Louvain (AGL). Il s’agit donc de la position de l’ensemble des étudiants de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
 
 
La Belgique a enfin signé la Déclaration de Genève sur la violence armée et le développement (9.1.12)
http://www.lef-online.be/cgi-bin/csvdb.cgi?db=reportages&rec=1326127183&display=record

Le 31 octobre 2011, la Belgique a annoncé son adhésion à la Déclaration de Genève sur la violence armée et le développement. C’était l’une des principales revendications de la Semaine de la paix 2011 organisée par Pax Christi. Ainsi la newsletter de Pax Christi Wallonie Bruxelles.
 
 
Protest tegen de Hold-Up op Plaatselijke Werkgelegenheidsagentschappen (10.1.12)

Op dinsdag 10 januari om 9.30 uur werd door een honderdtal manifestanten actie gevoerd om te protesteren tegen de hold-up op de financiële reserves van de plaatselijke werkgelegenheidsagentschappen (PWA). Dat gebeurde voor het kabinet van minister van Werk Monica De Coninck tegenover het Brusselse Zuidstation.. Een degelatie van de actievoerders werd ontvangen door de minister. De actie ging uit van de vakbonden en van de PWA’s zelf.
 
 
 
Le Conseil de stabilité financière doit mettre en œuvre le plan d’action du G20 (10.1.12)

Bruxelles, le 10 janvier 2012 (CSI en ligne): Alors que le Conseil de stabilité financière (CSF) se réunit en plénière, la première fois en 2012, à Bâle, les organisations syndicales internationales ont présenté leurs priorités au CSF.
 
 
 
 
Lenin (3.1.12)

I.k.v. KOPSTUKKEN FILOSOFIE organiseert het Masereellfonds een lezing over Lenin in Gent op 26 januari e.k.
 
 
De nieuwe sociale kwestie (2.1.12)
  

De ongelijkheid in de wereld is een groter probleem dan de extreme armoede, hoe erg en onaanvaardbaar die armoede ook is. Maar tegelijk is die ongelijkheid – samen met de verhoudingen tussen arm en rijk – zo veranderd, dat een internationale klassensolidariteit zo goed als uitgesloten is.
 
 
2 januari: Tax Freedom Day voor de Rijken (4.1.12)
 

Een honderdtal militanten vertegenwoordigden de organisaties lid van het Financieel Actie Netwerk (FAN) en het Réseau pour la Justice Fiscale (RJF) op de Tax Freedom Day voor de grote vermogenden. De actie ging door aan de Square Du Bois. Dit is een afgesloten privéstraat. In de volksmond heeft men het over "le square des milliardaires". Deze plaats symboliseert een klasse van miljardairs die hun rijkdom te danken hebben aan diegenen waarvan ze zich afzonderen.
 
 

Lutte contre la pauvreté: une obligation de résultats (5.1.12)
http://www.lef-online.be/cgi-bin/csvdb.cgi?db=reportages&rec=1325781216&display=record

Le Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale ("Service Pauvreté") présentait ce jeudi 5 janvier son sixième rapport bisannuel, en présence de représentants des différents gouvernements du pays. Ainsi communique ce Service.

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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 15:47

Ce blog est un lieu de débats,  et nous y sommes allergiques à la langue de bois. Il faut donc savoir traiter les sujets difficiles.

 

 L’un d’eux est notre vision du PS, notre rapport avec lui. Pour Francis Bismans, qui vient de le rappeler dans sa contribution « Il est né le divin enfant », la cause est entendue : il n’y a rien à espérer du PS et encore moins du gouvernement Di Rupo.

 

Il est vrai que le parti socialiste, en dépit de l’étiquette qu’il conserve, est un parti social-démocrate de type classique, à son tour touché par les exigences de « rigueur » et d’ « austérité » qui ont déjà été fatales à Socratès, Papandréou, Zapatero… Il n’empêche qu’il conserve dans ses rangs des milliers de militants sincères et inquiets, qu’il faut convaincre de meilleures orientations ; et surtout qu’il a toujours la confiance d’une majorité du corps électoral wallon, fut-ce « par défaut ».

 

En France, le Front de gauche est animé par J.L.Mélenchon, qui a été longtemps un mandataire du P.S. mais a fini par en sortir avec son courant. En Allemagne, « Die Linke » est illustré par Oskar Lafontaine, ex-président du S.P.D., et est pour partie le P.C. est-allemand recyclé. Quelle figure marquante, quel courant, est chez nous prêt à un tel saut ?

 

Rien de tel donc dans les conditions de la Belgique francophone. Les quelques scissions de gauche au détriment du PS, depuis un demi-siècle, ont toutes été des échecs,  cruellement confirmés aux élections législatives de juin 2010, bien que la grande crise financière qui aurait du ouvrir les yeux s’était déjà produite.

 

La FGTB et le Front commun syndical peuvent encore mobiliser… au mieux 80.000 personnes ? Le plus grand nombre des salariés vivent dans un mélange de peur et de résignation. Le bouclier du P.S, tout troué qu’il soit, demeure familier à cette masse amorphe.

 

Par rapport à Francis Bismans et au MS, l’autre sujet de divergence porte sur la « question belge ». Je ne vais pas le contredire lorsqu’il voit la Belgique « foutue ». Mais sans me persuader qu’il faut  contribuer à cette issue fatale. A Osons le socialisme, on considère la « question belge » d’un point de vue de classe, tout comme d’ailleurs la question de l’Europe : il n’y a pas plus anti-européen que le monde patronal et financier…

 

Il est apparu, au reste, que mettre au point un plan B pour Bruxelles et la Wallonie est encore plus difficile que trouver un accord intérimaire avec les partis flamands. Mais les spécialistes peuvent bien s’y atteler…

 

Des formes d’action « par le bas »…

 

Mais, si la priorité demeure à l’action politique, si nous ne renoncerons jamais à la perspective de rassembler autour de projets mobilisateurs - de réformes radicales -  de larges courants de la population, (et de servir d’aiguillon au PS…), la faible mesure de nos moyens incite à l’humilité. Ailleurs dans le monde, il est vrai, l’Histoire n’a pas vidé son sac de mouvements révolutionnaires…

 

Ceci m’amène aux réflexions émises sur ce blog, l’an dernier, par Gilles Durvaux.

 

Nous n’avons nulle divergence avec lui. Il a bien exposé l’éclatement de la « classe ouvrière » au sens traditionnel, attiré l’attention sur l’éloignement des sans-emploi par rapport à l’idéologie, préconisé des formes d’action nouvelle « par en bas », au niveau du quotidien des gens. Tout un inventaire est à faire sur l’état de l’économie sociale, sur l’extension du secteur non marchand, sur l’entraide coopérative. Littéralement des expériences de quartier.

 

 Il faut sortir du consumérisme vulgaire. Et tous ceux d’entre nous, et de nos proches amis, comme Jean Cornil qui a été lu sur ce blog, tous ceux qui ont intégré l’écologie dans leur socialisme, le savent bien : il faudra vivre autrement, plus sobrement. Au plus fort du conflit sur le prix du lait, qui a poussé les petits producteurs à la révolte, on a vu ici ou là en Europe –mais trop peu-  s’organiser des filières « du producteur au consommateur » court-circuitant la grande distribution. Ceci est un bon exemple de refus des lois du capitalisme « par le bas ».

 

Il y a même, disons le avec humour, les formes les plus banales de résistance passive au « progrès » : ne traitez pas vous-même vos ordres de paiement, à la machine ou en ligne : faites le faire par la banque, vous préservez quelque part un peu de l’emploi… Ce n’est pas par hasard que la direction de la banque vous incite à tout faire vous-même !

        

                     

Robert Falony.

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 21:37

Le gouvernement papillon

La cause est donc entendue : le PS francophone s’est aujourd’hui rallié, dans tous les cas de figure, à la ligne dominante au sein du courant social-démocrate européen, savoir l’acceptation de la tyrannie des marchés. Il lui apporte juste sa touche personnelle : un peu plus de social, un peu plus d’équilibre dans les politiques austéritaires mises en œuvre.

 

gouvernement_di_rupo.jpg

 Le gouvernement "papillon" tiendra-t-il ses promesses après avoir prêté serment ?

 

S’y ajoute dans le chef du nouveau Premier Ministre une sollicitude infinie pour la Belgique fédérale et sa Majesté le Roi. (Ce sont ses propres termes bien sûr, non les miens !). Au-delà de l’anecdote, un tel comportement est révélateur d’une réelle involution du PS. Aujourd’hui, le parti, jadis irrigué par une aile renardiste influente, est devenu le meilleur soutien de l’Etat Belgique, tel qu’il est. De ce point de vue et sans trop caricaturer, on peut affirmer paradoxalement qu’il constitue le meilleur allié objectif de la NVA. Cette dernière sait en effet parfaitement qu’à force de bloquer toute réforme significative (en profondeur) de la Belgique fédérale, le PS apporte de l’eau à son moulin et contribue à la renforcer, sur le plan électoral et sur celui des idées.

Ces deux caractéristiques essentielles du PS – acceptation de la loi des marchés financiers ; dernier pilier de la Belgique – se retrouvent dans le récent accord entre les six partenaires de la coalition papillon. Que le programme du gouvernement Di Rupo soit détestable ne demande pas, me semble-t-il, une longue démonstration. Ce n’est certes pas à ceux qui se sont mis en grève cette semaine pour contrer les projets de Mister Quick en matière de pension qu’il faudrait apprendre quoi que ce soit sur le sujet. Aussi puis-je me contenter de deux ou trois faits, sans plus.

Sur le plan communautaire d’abord, la logique de la tactique suivie par Di Rupo n’est pas difficile à saisir. Elle a tout simplement été de céder complètement sur BHV pour sauvegarder au maximum les structures actuelles et le financement de la Belgique fédérale : en offrant ainsi aux partis flamands la scission de l’arrondissement de BHV sans compensation aucune – j’insiste sans compensation ! –, il a pu manœuvrer pour que la sixième réforme de l’Etat se réduise finalement à très peu de choses. C’est pourquoi la fameuse paix promise pour dix ou vingt ans, dans l’euphorie de l’accord communautaire du 21 septembre 2011, n’est qu’un leurre : en fait, par son caractère superficiel, extrêmement limité, la dite réforme recèle en elle les germes d’une autre, qui portera alors sur l’existence même de l’Etat belge. (Par hasard, au moment où j’écris ces lignes, je tombe sur une interview d’Yves Leterme, où il dit explicitement : « Ce n’est pas un point final et par conséquent, cet accord n’inaugure pas une longue période de paix communautaire. Pour Di Rupo, ce sera un défi permanent que de garder ensemble ce pays à deux visages. Les forces centrifuges subsistent. »)

Sur le plan économique et social,  il est inutile de passer à la loupe les 177 pages de l’accord gouvernemental pour conclure que la politique préconisée est fortement marquée au coin de l’austérité. Je ferai simplement appel à ce que vient de déclarer en parlant de la réforme des pensions Philippe Moureaux, la « conscience de gauche » du PS, mais aussi son vice-président : « Ces mesures sont totalement injustes, totalement déséquilibrées…mais totalement indispensables ! ». Evidemment, chacun sourirait, si ce n’était aussi triste, en lisant ce genre de prose complètement contradictoire. Mais quel aveu ! Le PS n’a même pas été capable d’obtenir des mesures d’austérité « équilibrées » en matière de pensions. C’est platement reconnaître que les libéraux l’ont emporté sur toute la ligne. Soyons juste cependant : le PS a réussi à sauver l’essentiel du mécanisme d’indexation. Pour tout le reste par contre, l’accord gouvernemental est coloré d’un bleu vif, nécessités obligent dirait Moureaux.

La nécessaire alternative

Je présume que sur tout ce qui précède, Jean Lafont n’émettra pas d’objections de fond. Je partage d’ailleurs moi-même, très largement, ses analyses telles qu’elles sont consignées dans les trois contributions publiées sur le blog « Osons le socialisme ». Par contre, je pense qu’elles méritent quelques prolongements.

S’il est vrai que la posture du PS à la fois dernier rempart d’un Etat belge, rongé de l’intérieur par le nationalisme flamand, et promoteur d’une politique d’austérité désastreuse sur le plan économique, n’est pas un accident, mais une tendance lourde, alors il faut en tirer toutes les conclusions. En particulier celle-ci : la nécessité d’un nouveau parti de gauche, qui sache à la fois analyser le double échec du communisme et de la social-démocratie et proposer une réelle alternative ici et maintenant. Par réelle alternative, j’entends le fait qu’un tel parti doit être en mesure de peser sur les rapports de force existants et de se comporter en facteur effectif de transformation économique et politique. Donc, un parti non pas pour témoigner, mais bien pour transformer en profondeur les réalités. (La réalité première, c’est le capitalisme financier aujourd’hui dominant. Il faudrait évidemment être plus précis sur le contenu de sa transformation, mais il m’est impossible en quelques mots d’en dire davantage, sans susciter nombre de questions.)

Tel est l’enjeu principal de la période ouverte en 2007-2008, un enjeu qui dépasse – et de loin ! – les frontières de la minuscule Belgique, puisque Die Linke en Allemagne ou le Front de Gauche en France sont confrontés exactement aux mêmes problèmes et défis.

Pour ne pas rester dans les généralités, qui n’ont jamais servi à rien ni à qui que ce soit, je vais à présent fournir quelques indications (nécessairement brèves et donc incomplètes) sur les contours de cette alternative.

En premier lieu, personne aujourd’hui, mis à part quelques indécrottables nostalgiques, n’identifie plus l’ex-URSS, le bloc de l’Est, la Chine, la Corée du Nord, etc. avec le socialisme. Chacun comprend qu’il s’agit là de dictatures pures et simples. Cependant, tout en ne retombant pas dans les débats stériles sur la nature de ces pays, il est important de comprendre en quoi leur mode de fonctionnement économique n’avait rien non plus de socialiste. (Je reste volontairement vague sur ce point.) Dans le même ordre d’idées, jeter des ponts entre développement économique et préoccupations écologiques est une nécessité impérieuse. (Heureusement, dans ce domaine, on dispose d’analyses et de matériaux déjà très élaborés.)

En deuxième lieu, il faut s’attaquer de front à la question de savoir comment sortir, concrètement, de la crise structurelle dans laquelle nous sommes plongés et par là, de rompre avec la logique marchande du capitalisme financiarisé. A cet égard, une chose est certaine, l’application d’une politique de sortie de la crise déclenchera immédiatement une réaction de grande ampleur de la haute finance. Aussi ne pas dire dès maintenant comment on répondra à cette réaction, c’est se moquer du monde ou se préparer à céder aux oukases de la finance. (J’ai développé certains éléments d’un tel programme dans plusieurs textes ; l’idée essentielle est de séparer caisses de dépôt et banques de crédit et de réaliser un ensemble de réformes structurelles permettant la mise en œuvre d’une politique de relance économique, une politique d’écocroissance.)

Enfin, même si je sais que le thème suscite de la méfiance dans une certaine gauche, il faut prendre à bras le corps la question nationale. Je l’ai déjà dit plus haut, l’Etat (fédéral) belge est gangrené – j’ajouterai mortellement –  par le nationalisme flamand. Par ailleurs, la Flandre est d’ores et déjà une nation au sein de l’espace Belgique. Sans passer par des détours inutiles, je pense que la Belgique est foutue et j’en tire la conclusion que la constitution d’un Etat Wallonie-Bruxelles constitue le débouché politique central de la période.

Toutes ces perspectives vous paraissent irréelles ?  Je n’en crois rien pour ma part, mais le mot de la fin sur le sujet, je voudrai le laisser à Condorcet : « On ferait beaucoup plus de choses si l’on en croyait moins d’impossibles. »

 

Francis Bismans

25-12-2011

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 22:16

 

La « crise de la dette » prend des proportions telles que le doute s’installe et s’élargit aux esprits les plus ouverts aux idées libérales. C’est ainsi que Michel Rocard, ancien Premier ministre PS, et l’économiste Pierre Larrouturou, membre d’Europe Ecologie les Verts, ont jeté un fameux pavé dans la mare en posant dans le Monde du 2 janvier une question saisissante : « Pourquoi faut-il que les Etats paient 600 fois plus que les banques ? ». Ce changement considérable de point de vue au sein des élites est un élément nouveau et fondamental.

 

Un autre économiste, le Marseillais Alain Beitone, dans le Monde du 29 décembre dernier, fustige de son côté ceux qui critiquent l’affaiblissement de la puissance publique, autrement dit, son incapacité d’intervenir sur les marchés financiers. Comme « arguments », il use entre autres de l’amalgame et de l’accusation d’antisémitisme. Lorsqu’un débat est pollué de cette manière, nous entrons dans une zone dangereuse. C’est la raison pour laquelle, j’ai écrit cette lettre ouverte à M. Beitone.

 

Pierre Verhas

 

 

 

 

Bien entendu, Monsieur le professeur Beitone, vous ne manquez pas de dénoncer la théorie du complot et même l’antisémitisme à l’égard de ceux qui critiquent l’ouverture aux marchés financiers des dettes souveraines, depuis 1973 en France et depuis 1992 dans l’ensemble de l’Union européenne. En outre vous prenez prétexte de l’antisémitisme de l’extrême-droite pour faire l’amalgame avec la critique de gauche qui userait des mêmes arguments. Triste manière de débattre !

 

 

 

En cette affaire, derrière le brouillard du procès en sorcellerie, se pose une question essentielle : est-il acceptable que l’argent prélevé par l’Etat aux citoyens puisse servir des intérêts privés ? N’est-ce pas en définitive porter atteinte à la liberté d’investir à laquelle vous semblez tant tenir ? N’est-ce pas aussi mettre en danger les ressources de tous pour protéger celles de quelques-uns. En plus, le citoyen est exclu de ce débat où ses intérêts fondamentaux sont mis en jeu.

 

 

 

Alain-Beitone.jpg

Alain Beitone, économiste, professeur à Marseille

 

 

Or, si on vous lit (le Monde du 29 décembre 2011), vous dénoncez cette critique : « la loi de 1973 ne fait que confirmer la possibilité ancienne pour le Trésor d'obtenir des avances auprès de la Banque de France dans le cadre d'une convention approuvée par le parlement. Bref, une analyse économique et historique même superficielle conduit à rejeter l'explication incantatoire par " la loi de 1973 ". » En passant, la Banque de France n’est pas « les marchés financiers », me semble-t-il. Plus loin, vous ajoutez : « La France est bien passée d'un financement de la dette publique très largement administré dans le cadre du "circuit du Trésor", à un financement par le marché. On peut préférer une moindre dépendance à l'égard des marchés financiers, mais sans oublier que le financement administré n'est pas sans inconvénients. Et sans oublier non plus que le passage au financement de marché était lié à la volonté d'obtenir des crédits à moindre coûts sur un marché plus profond et plus liquide. » Encore une fois, vous éludez l’essentiel : le financement via le marché rend les Etats dépendants et leur ôte tout pouvoir de contrôle. C’est ainsi que le coût de la dette est devenu insupportable et ainsi fait courir un énorme risque à la collectivité.

 

 

Une réponse vient d’être donnée par Michel Rocard, ancien Premier ministre associé pour la circonstance à l’économiste, membre d’Europe Ecologie les Verts, Pierre Larrouturou (le Monde du 3 janvier 2012) : « Au même moment, dans de nombreux pays, les peuples souffrent des plans d'austérité imposés par des gouvernements auxquels les marchés financiers n'acceptent plus de prêter quelques milliards à des taux d'intérêt inférieurs à 6, 7 ou 9 % ! Asphyxiés par de tels taux d'intérêt, les gouvernements sont "obligés" de bloquer les retraites, les allocations familiales ou les salaires des fonctionnaires et de couper dans les investissements, ce qui accroît le chômage et va nous faire plonger bientôt dans une récession très grave.

 

 

Est-il normal que, en cas de crise, les banques privées, qui se financent habituellement à 1 % auprès des banques centrales, puissent bénéficier de taux à 0,01 %, mais que, en cas de crise, certains Etats soient obligés au contraire de payer des taux 600 ou 800 fois plus élevés ?"Etre gouverné par l'argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé", affirmait Roosevelt. Il avait raison. Nous sommes en train de vivre une crise du capitalisme dérégulé qui peut être suicidaire pour notre civilisation. Comme l'écrivent Edgar Morin et Stéphane Hessel dans Le Chemin de l'espérance (Fayard, 2011), nos sociétés doivent choisir : la métamorphose ou la mort ? »

 



Il est rare, Monsieur le professeur Beitone, que de si hautes autorités politiques et intellectuelles lancent un tel cri d’alarme. Elles remettent ainsi en question le système ultralibéral qui tente de s’imposer comme étant sans alternative.

 

 

michel_rocard01.jpg

Michel Rocard jette un pavé dans la mare du néolibéralisme : tout arrive !

 

 

 

En effet, envers et contre tout, on préserve ce système en refusant d’appliquer les solutions de bon sens qui mettraient rapidement fin à la crise de la dette souveraine. Ces solutions consistent à redonner à la puissance publique à l’échelle européenne, autrement dit au citoyen, la faculté de décider afin de préserver l’intérêt général. Il est urgent qu’elle intervienne sur le prix de la dette, et, comme le propose l’association ATTAC que vous réduisez au rôle de « distributeurs de tracts », de ne payer que la dette légitime, ce qu’on appelle couramment « l’incontestablement dû ». Rocard et Larrouturou ne disent pas autre chose : « Faire payer des taux d'intérêt colossaux pour des dettes accumulées il y a cinq ou dix ans ne participe pas à responsabiliser les gouvernements mais à asphyxier nos économies au seul profit de quelques banques privées : sous prétexte qu'il y a un risque, elles prêtent à des taux très élevés, tout en sachant qu'il n'y a sans doute aucun risque réel, puisque le Fonds européen de stabilité financière (FESF) est là pour garantir la solvabilité des Etats emprunteurs... » En résumé : va-t-on continuer à payer des intérêts usuraires pour des dettes déjà plusieurs fois remboursées ?

 

 

 

LarrouturouP.jpg

Pierre Larouturrou, écologiste, économiste critique du néolibéralisme,

a plusieurs fois travaillé avec Michel Rocard.

 

 

Les auteurs proposent en conclusion certaines solutions techniques, à défaut de pouvoir modifier les règles du jeu, car, ici aussi, le système bancaire a verrouillé le pouvoir de décision politique.

 

 

Par contre, Monsieur le professeur Beitone, si vous rejoignez dans vos conclusions les exigences de beaucoup, notamment en demandant une régulation des marchés financiers, qu’il faut fixer un taux d’intérêt plafond de la dette, ce qui est jusqu’à présent refusé par la BCE, en appelant à une réforme fiscale de grande ampleur, vous refusez de d’admettre que ces mesures sont impossibles en laissant la main mise des seuls marchés financiers sur les dettes souveraines.

 

 

Cette contradiction perturbe le débat. Et, bien entendu, l’on oublie l’essentiel : si on veut sortir de cette crise, il faut en revenir à l’économie réelle. Par la désindustrialisation, le chômage est devenu endémique. Par l’affaiblissement de l’Etat, la puissance publique est devenue exsangue. Par l’austérité, la sécurité sociale devient une coquille vide et la misère se répand.

 

 

Vos amis et vous, Monsieur le professeur Beitone, avez voulu révolutionner la société pour y installer le pouvoir de l’argent. Vous avez beaucoup détruit, mais sachez que cette entreprise ne réussira pas !

 

 

Assez de Goldman Sachs, assez d’Arcelor Mittal, assez de Merkozy, assez d’austérité ! Assez de misère, assez de pensée emprisonnée ! Il faut reconstituer un tissu industriel moderne et efficace, il faut encadrer les marchés financiers par des règles strictes, il faut rétablir les grands services publics de transport et de communication, il faut redonner à la puissance publique les pouvoirs, notamment d’investissement et de politique économique, dont elle a été dépouillée, il faut œuvrer à un nouveau contrat social qui assure à chacun(e) la liberté, le droit au travail, des soins de santé et des revenus décents.

 

 

Bref, le citoyen doit reprendre le pouvoir !

 

 

Pierre Verhas

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