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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 10:07

La saga Dexia est un véritable thriller digne des plus grandes productions hollywoodiennes. Toutes les « ingrédients » s’y retrouvent : deux petites banques qu’on décide de marier pour le meilleur – elles connaîtront le pire –, une nouvelle monnaie qui ouvre un marché jamais égalé de 300 millions de personnes, des managers jeunes et ambitieux voulant transformer le nain en géant. Et, bien sûr, tous les moyens sont bons. Cependant, ils ont oublié la fable de la grenouille plus grosse que le bœuf. Tout cela serait risible, si cela ne provoquait des drames sociaux et l’éventuelle faillite des pouvoirs régionaux et locaux français et belges.

 

 

Dexia est exemplaire de la faillite du néolibéralisme.

 

Dexia est un enfant de l’Europe néolibérale. Elle fut fondée par un haut fonctionnaire français du nom de Pierre Richard (à ne pas confondre avec l’acteur…) bardé de diplômes, cabinetard sous les gouvernements Chirac puis Balladur, irrésistiblement attiré par les sirènes du privé, bref, le parfait petit soldat du capitalisme triomphant.

 

 

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Pierre Richard ou la folie des grandeurs

 

Pierre Richard commença sa « carrière » de banquier au Crédit local de France, alors banque publique, en octobre 1987 comme président du directoire, puis PDG en décembre 1993, à la suite de sa privatisation dont il fut le maître d’œuvre sous Balladur.

 

 

Privatisation ? 1993 ? Il y a un lien : les débuts de l’Acte unique, la fameuse « Europe 1992 » lancée par le président de la Commission européenne de l’époque, Jacques Delors (père de Martine Aubry), qui instaura la libéralisation par la fin des barrières douanières, la libre circulation des capitaux, des biens et des services et, dans une moindre mesure, des hommes.

 

 

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Jacques Delors : le père de l'Acte unique ou de l'Europe néo-libérale

 

 

Une vague de privatisations envahit toute l’Europe. Le grand marché fondé par l’Acte unique suscite toutes les convoitises et particulièrement celles des banques. Dans l’Europe d’alors qui ne comptait pas encore les pays de l’Est, il fut procédé à la privatisation de toutes les banques par la suppression du secteur public de crédit. Ensuite, les grands groupes bancaires lancèrent des OPA sur les banques privatisées qui étaient bien entendu de trop petite taille pour s’imposer dans le marché unique. Les banques qui avaient choisi le « stand alone » connurent très vite des déboires.

 

 

Dexia est née de l’alliance en 1996 du Crédit communal de Belgique (CCB) et du Crédit local de France (CLF). En outre, le CCB et le CLF, bien que désormais banques privées, finançaient toujours les pouvoirs locaux. Une banque privée qui gère l’argent public !

 

 

Il y avait une différence fondamentale entre le CCB et le CLF. Le CCB, avec son nombreux réseau d’agences en Belgique, était une banque de dépôts provenant des entreprises et des particuliers, qui prêtait aux communes pour leurs investissements. Le CLF empruntait sur le marché financier pour ensuite prêter aux communes. Cette pratique a été étendue avec la création de Dexia et sous la férule de Pierre Richard.

 

 

Un "11 septembre" bancaire

 

 

Vint ensuite la mégalomanie. Richard voulut transformer sa banque franco-belge en une grande institution financière internationale. Il déclara à l’époque, juste avant l’introduction de l’Euro (le Monde du 6 octobre 2011) : « L’euro sera un tremblement de terre pour les banques. Les établissements de taille moyenne vont disparaître et on va assister à de gigantesques restructurations. »

 

 

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Dexia : un "11 septembre" bancaire ?

 

 

Le séisme a eu des effets bien plus destructeurs que ce que prévoyait Pierre Richard !

 

 

Il fit racheter par Dexia de petites banques étrangères, notamment en Turquie et aux Etats-Unis. De plus, il ajouta au groupe Dexia l’activité de banque commerciale et la gestion d’actifs. Tout cela pour un coût de 8 milliards. D’autre part, les régions et les municipalités furent « invitées » à souscrire à des produits « structurés », c’est-à-dire des crédits aléatoires purement spéculatifs, ce qu’on appelle des « actifs toxiques ». En Belgique, Dexia alla même jusqu’à promettre des taux de 13 % sur ces fameux actifs. C’est l’euphorie : Dexia qui pesait 5 milliards d’euros en Bourse en 1996 passe à 17 milliards en octobre 2000. Mais il y a un hic…

 

 

Il faut recapitaliser. Là, la partie belge commence à rechigner. Cela va trop loin. Richard est remplacé par le Belge Axel Miller, mais reste toujours au Conseil d'administration.

 

 

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Axel Miller ne plaisait pas aux Français.

 

 

Arrive la crise des subprimes en 2008. Les gouvernements belge et français ont dû puiser 3 milliards d’Euros chacun dans la caisse et donner des garanties pour sauver et puis maintenir Dexia à flot. Axel Miller passe à la trappe – Sarkozy voulait sa peau – et est remplacé par le duo composé du Français Pierre Mariani, comme administrateur délégué et de l’ancien Premier ministre belge, Jean-Luc Dehaene, nommé Président du Conseil d’administration.

 

 

Le clan Sarkozy

 

 

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Le tandem Mariani - Dehaene est mené par Mariani.

 

 

Pierre Mariani est un proche de Sarkozy. Il fut son directeur de cabinet lorsqu’il était ministre du budget sou Balladur. C’est donc un homme de la « caste ». Tout va pour le mieux dans la meilleure Sarkozie … A part qu’en réalité, Dexia a besoin de 260 milliards d’euros. Tout cela n’empêche cependant pas Dexia de poursuivre sa dérive. Dehaene a vieilli. Il est député européen, administrateur de plusieurs sociétés, entre autres le brasseur belgo-brésilien INBEV, etc, en plus de Dexia. C’est beaucoup pour un seul homme. Il se laisse manifestement manipuler par Mariani qui fait la pluie et le beau temps. Les Belges comptent pour du beurre. Il est vrai que les Français ne leur pardonnent pas l’éviction de Richard… L’Europe se construit ! Cependant, comme l’écrit Mediapart : « La nouvelle direction, co-détenue par le Belge Jean-Luc Dehaene et le Français Pierre Mariani, n'a eu, tout ce temps, que le rôle de syndic de faillite, chargé d'éteindre en douceur toutes les dérives du passé. Comme toutes les autres banques, comme les Etats européens, elle a cherché à s'acheter du temps. Les marchés boursiers, longtemps aveugles sur l'état de santé réelle de la banque, ne s'y sont pas trompés. Depuis 2008, l'action Dexia n'a jamais dépassé les 5 euros. »

 

 

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Jean-Luc Dehaene : Dexia, le mandat de trop ?

 

 

2008 n’est pas encore terminé qu’une autre crise se profile à l’horizon : celle des dettes souveraines et particulièrement celle de la Grèce. Et, cela va sans dire, Dexia se retrouve dans la tourmente. Et, bien entendu, comme l’Europe n’a édicté aucune règle pouvant servir de garde-fous, les banques ont continué à faire n’importe quoi et Dexia en particulier. Résultat : la crise bancaire est toujours là. Tout cela a fini par inquiéter les dirigeants européens. Aussi, ont-ils décidé de faire un audit de la situation des banques en juillet 2011. La Commission européenne a imposé ce qu’on a appelé les « stress tests », c’est-à-dire un test de solvabilité, à toutes les banques de la zone Euro. Le résultat est risible. Il ne manque que 2,5 milliards d’euros répartis entre neuf banques européennes pour leur permettre de faire face à une situation économique plus grave. Dexia, bien entendu, a passé ce « grand oral » haut la main : avec un ratio de plus de 11% de fonds propres, elle paraissait même être une des mieux capitalisées du système bancaire européen. Sinistre plaisanterie. On peut même se poser la question de l’honnêteté et de l’objectivité de cette mascarade.

 

 

Cependant, la facture est là. Dexia se trouve être insolvable. « Libération » dénonce le 17 septembre la pratique des prêts à risques aux collectivités locales. Dexia n’a en rien freiné ses recours à des produits « dérivés » ou « actifs toxiques. Dès lors, comme le dénonce ATTAC France, le problème central est le devenir de ces actifs toxiques de Dexia. Alors, où va-t-on ? C’est le démantèlement de Dexia qui est à l’ordre du jour. Le gouvernement français essaye de refiler Dexia France à la Banque postale et à la Caisse de dépôt et de consignation de reprendre les actifs. Celles-ci refusent. Du côté belge, il a été décidé de nationaliser Dexia banque. Bref, on en revient à l’ancien Crédit communal de Belgique…

 

 

Quant aux actifs toxiques, c’est la bouteille à encre. L’idée est de les séparer des actifs « sains » et de les mettre dans une banque résiduelle ou « bad bank » (chaque crise génère son néologisme). Dexia s’est débarrassé d’une partie de ces « pommes pourries » après 2008, mais en a ajouté d’autres en achetant, entre autres des obligations d’Etat grecques en grande quantité, puisqu’elles assuraient un rendement plus important que les autres. Autrement dit, que ce soit avec les produits dérivés ou les titres de dettes souveraines, Dexia a poursuivi sa stratégie spéculative envers et contre tout.

 

 

Finalement (jusqu'à quand ?), un accord est intervenu dimanche 9 octobre entre Fillon et Leterme. La Belgique rachète Dexia banque Belgique pour 4 milliards d'Euros, le gouvernement français crée Dexia - agence municipale pour 0,7 milliards d'Euros qui sera sans doute reprise par La Caisse des Dépôts et des Consignations et la Banque Postale. Enfin, des garanties pour 90 milliards d'Euros (!) sont données pour la «bad bank», dont la Belgique assurera 60,5 %. Sarkozy s'en tire à bon compte : en principe, ce serait aux Français à garantir ce qu'ils ont généré : en effet, les actifs toxiques ont été décidés et achetés au niveau français. Les administrateurs belges étaient aux abonnés absents... ou n'ont rien voulu voir, ou se sont faits tout simplement rouler. Le lendemain, Dehaene démissionne. Cela commence bien pour le futur (?) gouvernement Di Rupo... Faire passer l'austérité après cette sinistre plaisanterie sera quelque peu difficile !

 

 

 

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Yves Leterme et Didier Reynders se sont faits rouler !

 

 

Tout cela prouve l’échec du « grand marché » tel qu’il a été conçu. L'écroulement de Dexia, qui se targuait d'incarner la grande Europe en construction, celle du marché unique et du marché tout court, pourrait marquer la même rupture. Sa faillite renvoie à l'aveuglement et au déni des autorités européennes depuis le début de la crise de 2008. Les Etats européens, qui n'ont cessé de temporiser, sont rattrapés par la réalité. Il leur faut maintenant trouver une réponse dans l'urgence.

 

 

Le fameux adage « too big to fail » est désormais démenti avec Dexia. La folie des grandeurs de Pierre Richard et de ses successeurs a conduit Dexia à sa perte. C’est la faillite, il n’y a pas d’autre mot.

 

 

Pour un secteur public européen du crédit

 

 

Nationaliser Dexia banque, comme vient de le faire la Belgique, et sans doute d’autres organismes financier – car on peut être certains que d’autres banques vont suivre – ne suffit pas. Cela revient à socialiser les pertes pour privatiser ensuite les bénéfices lorsque les choses seront quelque peu redressées.

 

 

Il est indispensable d’organiser un secteur public européen du crédit. C’est la seule manière de contrôler ces géants aux pieds d’argile. Et, en passant, sanctionner sévèrement les responsables de ce gâchis qui ruinent les Etats, l’économie et génèrent la misère.  Les banquiers ont diversifié leur métier : ils sont devenus assureurs, investisseurs, spéculateurs. Qu’ils en reviennent à leur métier de base : la banque et qu’ils le fassent convenablement. Il est indispensable d’organiser un contrôle public et strict des activités bancaires et boursières en faisant de la Commission bancaire et de la Commission de la Bourse de véritables polices avec des magistrats spécialisés. Et enfin, on commence à l'évoquer, séparer une fois pour toutes les activités de banques de dépôt, des activités commerciales et spéculatives. En clair, sauver l'économie réelle en rejetant une fois pour toutes la financiarisation.

 

 

Mais, tout cela ne suffit pas. C’est un système qu’il faut revoir. Il sera évoqué dans un prochain article.

 

 

Pierre Verhas

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 11:02

 Adresse de contact : fal.roberty@skynet.be

 

La Libye dans la révolution arabe

 

C’est le 19 mars qu’était lancée l’opération militaire occidentale de soutien à la révolution populaire libyenne, sur base d’une résolution ambiguë  du Conseil de Sécurité, et rares étaient ceux qui la voyaient d’une durée aussi longue…

 

« Même une montre cassée indique l’heure exacte deux fois par jour » : cette phrase singulière parue dans « Le Monde diplomatique » exonère de toute culpabilité tout ce courant de la gauche avancée qui a pour cette fois souscrit à l’action des principaux membres de l’Otan. Car quel était l’enjeu ?

 

Le potentat tunisien Ben Ali était tombé à la mi-janvier, suivi le 11 février par un plus gros poisson : Moubarak en Egypte. Aussitôt après se produisait le soulèvement libyen, qui, lui, n’avait aucune chance d’éviter l’écrasement face à un système aussi totalitaire que celui incarné par Kadhafi : il faut remonter aux  jours ultimes du régime nazi pour trouver un autre exemple de résistance aussi fanatique des derniers suppôts d’une dictature…

 

Mais le « guide suprême » avait perdu toute importance géostratégique pour un monde occidental qui l’avait si longtemps ménagé. Par contre, s’il avait gagné la partie, cela aurait porté un  coup d’arrêt fatal aux espoirs de la révolution arabe, en Algérie, au Maroc, et bien entendu au Caire où c’est l’armée qui détient le pouvoir.

 

Négligeons le cas des archéo-staliniens, avec leur « camp anti-impérialiste » imaginaire. Mais il y a tout un monde de gens qui croient encore à la « souveraineté nationale » et utilisent ce concept dans le sens le plus conservateur. Il y a déjà un demi-siècle qu’en Belgique, le fédéraliste européen Fernand Dehousse comparait cette « souveraineté » à un cavalier tué sur son cheval encore lancé au galop. Que dirait-il face à la crise de la zone euro et au reste des turbulences planétaires !

 

Une sérieuse mise au point s’impose : pour les Sarkozy et autres Cameron, il n’y a aucune gloire à tirer de la chute de Kadhafi. Leur conversion est de la onzième heure. Et s’il est vrai que l’insurrection n’a pu triompher qu’avec le soutien aérien de l’Otan (Etats-Unis en tête), c’est tout de même le peuple libyen qui, seul, a fourni les combattants, les morts, les blessés, dans cette étrange guerre d’un nouveau type. Il ne faut certes pas nier que la résolution du Conseil de Sécurité a été interprétée dans un sens maximaliste : la « protection des civils » est illusoire si elle n’est pas couplée avec une action contre le système qui les massacre … On le voit bien dans le cas syrien, avec, hélas, une toute autre situation géostratégique…

 

La révolution arabe ne vient pas ou pas tellement des couches les plus pauvres : mais elle vient certainement des couches les plus éduquées. Ce constat ne refoule pas les réticences de toute une opinion occidentale dont l’esprit est perclus de  conservatisme frileux. Des touristes fuient bêtement des plages où on n’a jamais tiré un seul coup de feu, eux qui hier ne se souciaient pas des prisons et de la torture.

 

Et puis, il y a l’hypothèque islamiste ? Bien sûr qu’elle existe, sans doute moins en Tunisie qu’en Egypte où les Frères  musulmans sont une force dans les couches populaires et rurales. Mais ils sont confrontés au libre débat, à l’aspiration démocratique, à l’universalité des droits de l’Homme, et des femmes !

 

La révolution arabe a bien des pièges à déjouer. Mais la gauche occidentale a à réapprendre d’elle le sens de la révolte contre l’injustice sociale.

 

 

Robert Falony

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18 septembre 2011 7 18 /09 /septembre /2011 10:14

Les douze travaux d’Hercule d’Elio Di Rupo…

 

On n’avait donc pas la berlue le 21 juillet en supposant, avec la rupture du front flamand et la mise à l’écart de la NVA, que la réserve des compromis à la belge est décidément inépuisable, bien que ceux-ci soient toujours plus laborieux… Encore un peu de dramatisation avec le retour de vacances du roi, le coup de gueule de Di Rupo, l’annonce du départ programmé d’Yves Leterme, et les présidents du MR et du CD&V étaient mûrs pour les ultimes concessions…

 

 Elio di rupo

Après un ultime coup de gueule...

 

La scission de l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde était inscrite dans les astres. Le fédéralisme est territorial, et, du point de vue flamand en tout cas, cet arrondissement était une survivance incongrue de la Belgique unitaire. Le compromis sauve cependant les six communes à majorité francophone, dites « à facilités », d’une « annexion », puisqu’un statut spécial leur reste réservé : la population pourra donc voter à son choix sur les listes bruxelloises à la Chambre, et francophones aux européennes. Ce n’est pas la scission pure et simple.  Charles Picqué a relevé cette ligne de résistance pour la Région bruxelloise, dont le statut est plutôt consolidé.

 

 Quant au Sénat, il sera élu au second degré par les assemblées de région. En ajoutant dix cooptés à son effectif, on pourra repêcher notamment des candidats flamands de Bruxelles privés de l’apport BHV, et tenir compte des voix francophones dans les communes affectées par la scission.

 

La question des bourgmestres FDF non reconnus par la Région flamande sera renvoyée aux arcanes du Conseil d’Etat. De toute façon, ils restent des bourgmestres de facto…

 

Pas d’illusions : les querelles linguistiques, si absurdes soient-elles, ne manqueront pas d’occasions de rebondir, et la lente dissociation de la Belgique va sans doute se poursuivre.

 

Effets politiques

 

Le plus spectaculaire est au MR : les déclarations d’Olivier Maingain, dès avant l’accord sur BHV, laissent présager la fin du « cartel » avec les libéraux.

 

 olivier_maingain.jpg

Olivier Maingain : la fin du cartel avec les libéraux ?

 

Le FDF a toujours été un parti de la petite et moyenne bourgeoisie, dont le fonds de commerce est la guérilla linguistique. Est-il si incongru de se dire que les francophones vivant en région flamande pourraient faire un petit effort  de connaissance du néerlandais ?

 

 A l’instar de la NVA  nationaliste flamande, c’est un parti orienté à droite. Maingain vient encore de se réclamer « du parti de Jean Gol », et de l’antisocialisme. Un FDF se présentant sous son drapeau pourrait  faire mal aux libéraux dans plusieurs communes bruxelloises. A moins que l’objectif réel du leader francophonissime soit précisément de négocier de bonnes places sur ces listes ?

 

En Flandre, le CD&V est plus que jamais un parti en proie à de graves tourments. Le départ d’Yves Leterme, après celui d’Inge Vervotte, et auparavant de Van Rompuy, suggère la raréfaction des talents sociaux-chrétiens flamands pour « diriger la Belgique ».  Si un nouveau gouvernement se constitue, la part du CD&V  sera rapetissée. Il risque gros aux élections communales, et que ses élus locaux soient tentés par des alliances avec la NVA…

 

 

 yves_leterme_depart.jpg  inge_vervotte.jpg

Yves Leterme et Inge Vervotte : deux CD&V sur le départ

 

Celle-ci, enfin, demeure une pièce maîtresse du gouvernement flamand, dont le ministre-président Peeters n’a nulle intention de se passer.

 

Tout un personnel politique tétanisé par la « crise » - les crises – ne songe plus qu’à une seule chose : les communales…

 

Les douze travaux…

 

Le psychodrame de BHV passé, d’autres compromis sont prévisibles et inévitables. Et donc d‘autres moments de tension. Ce qui reste à négocier est en effet une montagne : le débat sur la loi de financement en particulier est un nid d’embrouilles, d’autant qu’il se branche directement sur la confection du budget réclamée par Leterme et « l’Europe ».

 

 On sait que le monde de la finance et celui des grandes entreprises en mal de « compétitivité » attendent des mesures de régression sociale, des coupes dans les dépenses publiques (au détriment des plus défavorisés, bien entendu…). Et le moins possible d’impôts nouveaux affectant les couches possédantes.

 

 La répartition des compétences entre l’Etat fédéral et les Régions (Communautés) met, elle, directement en question la solidarité des travailleurs à l’échelle nationale.

 

Le jeu d’équilibriste du formateur est donc périlleux avant tout pour les syndicats, les salariés, les assurés sociaux, les victimes de la crise. Les enjeux dépassent de beaucoup ceux de BHV. Pour le PS et le SP,  ce sera l’heure de vérité.

                                            

Jean Lafont

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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 11:34

L’Etat belge tombe en morceaux…

 

Après Van Rompuy qui a pris un haut poste (honorifique) dans l’Union (la désunion) européenne, voici qu’Yves Leterme veut se tailler à l’OCDE. Tandis que le premier président de la Cour de Cassation, Londers, prend sa retraite anticipée, un peu trop mêlé aux suites judiciaires de l’affaire Fortis. (De qui des juges s’occupaient-ils en 2008, sinon de servir les intérêts des actionnaires ?)

 

C’est donc le bordel général, aussi à la haute direction de Belgacom.  AU CD&V, c’est la crise des vocations. La galère du gouvernement fédéral est en panne de rameurs. Sauve qui peut avec les  élections communales !

 

L’Etat belge se déglingue…

 

Castor

 

                                                                    

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11 septembre 2011 7 11 /09 /septembre /2011 17:07

11 septembre

 

Commémoration - surdimensionnée ? – du 11 septembre 2001, qui marqua encore une étape dans l’étalage de la barbarie humaine, en l’occurrence « islamiste » faute d’un autre mot. Avec  le massacre d’une population civile par un moyen inédit, l’usage d’avions de ligne comme armes de guerre.

 

 commemoration_11_septembre.jpg

11 septembre : commémoration sudimensionnée ?

 

Tout le vingtième siècle avait porté cette barbarie à son comble : boucheries des deux guerres  mondiales, génocides, raids du terrorisme d’Etat sur des villes (Rotterdam, Londres, Coventry, Hambourg, Dresde, Tokyo, et, pour finir en apothéose, Hiroshima et Nagasaki…). Mais, pour certains, « ce n’est pas la même chose »…

 

Le Pearl Harbor new-yorkais fut grandement facilité par la carence  presque incompréhensible des services de sécurité comme le FBI, mais servit de prétexte à l’administration Bush pour faire n’importe quoi : si le lien entre Al Qaïda et le régime des talibans était avéré, il n’y en avait aucun avec l’Irak de Saddam Hussein.

 

On aurait apprécié,   ces derniers jours,  le rappel que la guerre contre l’Irak, et la façon dont elle fut menée, a plongé ce pays dans le chaos le plus sanglant, avec de centaines de milliers de victimes…  

 

Bien des questions sur le 11 septembre restent encore entourées de trop d’ombre, en particulier sur les connivences entre les gens de Washington et les grandes familles princières saoudiennes. Et sur le double jeu des services pakistanais.

 

Etats-Unis  

 

Critique sévère de l’administration Obama par le professeur Fukuyama, l’homme de « la fin de l’Histoire » il y a vingt ans, qui se proclame toujours partisan de l’économie de marché , mais reproche au président des Etats-Unis de s’être appuyé dans le domaine de la finance sur des hommes « adorés de Wall Street », Larry Summers et Timothy Geithner, des gens de l’ère Clinton,  responsables de l’abolition du « Glass-Steagall Act », la séparation des banques d’affaires et des banques de dépôt, qui datait du New Deal. (Dans le supplément  hebdomadaire du « Monde » du 10 septembre).

 

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Francis Fukuyama n'aime pas Wall Street...

 

France

 

La classe politique, complètement phagocytée par le présidentialisme, est tournée vers les primaires du parti socialiste (octobre), lesquelles signifient que le PS n’est plus capable de désigner, sans soupçon de fraude,  un candidat en son sein. Les sondages servent Hollande, mais les sondés sont-ils nécessairement les mêmes que les électeurs « de gauche » qui vont se déranger pour aller voter ?

 

 francois_hollande.jpg

François Hollande captera-t-il les voix de gauche en 2012 ?

 

Israël

 

En proie maintenant à l’hostilité de la Turquie et de l’Egypte, l’Etat d’Israël est de plus en plus isolé dans ses intransigeances. Il faut soutenir la promotion d’un Etat palestinien sur  la base « 1967 » devant l’assemblée générale des Nations Unies, c’est une pression indispensable sur la droite israélienne !

 

 

 egypte_israel.jpg

Manifestement, une large partie du peuple égyptien est hostile à Israël...

 

 

R.F.

                                                                                                                                

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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 21:19

Les caucus ont repris

 

en vue de former l’introuvable nouveau gouvernement fédéral. Continuons de parier 100 € qu’il finira bien par en sortir un ultime compromis à la belge.

 

Toute une classe politique paraît cependant vivre « hors du temps », plus soucieuse en apparence des prochaines élections, c'est-à-dire les communales qui auront lieu dans treize mois, que de sortir de ce chaos.

 

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Olivier Maingain ne sait pas ce que signifie le mot "fédéralisme"...

 

Ainsi du Maingain au MR, lequel semble ne pas avoir encore compris que le fédéralisme est territorial, et continue d’entretenir son fonds de commerce électoral aux accents francophonissimes, avec des propositions complètement irréalistes. La relation FDF-MR tient moins de la composante que du cartel, et on sait que les cartels sont des embrouilles politiques, Yves Leterme en fit l’amère expérience avec la NVA…

 

Rentrée sociale

 

marquée par le rappel des positions de la FGTB et de la CSC : il y a des points inacceptables dans la note du formateur, maintenant en réécriture.

 

 front_commun.jpg

FGTB - CSC : le rapporteur doit revoir sa copie !

 

Qu’on n’y fourre surtout pas la mise à l’étude d’une réforme de l’indexation, ou une sottise comme la « règle d’or » eurolibérale, on n’inscrit pas des objectifs budgétaires dans une Constitution, qui est un texte de philosophie politique et non de gouvernance financière.

Le vrai problème du monde syndical n’est-il pas cependant de faire la jonction entre travailleurs salariés et exclus (les « indignés »)  et de trouver des modes d’action renouvelés,  qui ne soient plus des rassemblements- promenades ?

 

Rentrée scolaire

 

La rentrée scolaire ramène chaque année les mêmes séquences de télévision où l’on voit un moutard en larmes traîné vers l’école. Et des débats : cette fois, c’est sur le redoublement.

 ecole.jpg

Veut-on faire de l'école le chemin obligé vers la société duale ?

 

Avec le « pour » ou le « contre » réducteur. Car supprimer le redoublement sans encadrer les élèves en décrochage et s’assurer des moyens de les mettre à niveau n’est que casser le thermomètre.  L’école n’est que le reflet de notre société duale et inégalitaire.  

 

Les archéostaliniens

 

Il y en a toujours, qui se manifestent sur un site où l’on à une étrange vision du monde, avec un bloc « anti-impérialiste » imaginaire, composé de quelques autocrates façon Kadhafi ou Assad, de l’Iran des mollahs et pourquoi pas de la Corée du nord. L’un des collaborateurs d’occasion croyait que Kadhafi était un dictateur, mais il a heureusement changé d’avis…

 

 kadhafi01

Il paraît qu'il n'est pas un dictateur...

 

J.L.

 

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3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 11:40

Fermez-la, Messieurs les hauts magistrats !

 

On ne s’est pas ennuyé lors des mercuriales de la rentrée judiciaire en Belgique. Le premier à s’exprimer fut le plus haut magistrat de Belgique, Ghislain Londers, Premier président de la Cour de cassation, qui a critiqué l’immobilisme politique, en oubliant l’immobilisme provoqué par l’arriéré judiciaire et qui a insisté pour que les politiques trouvent un accord afin de former un gouvernement. « Il vous suffit de cinq minutes de courage ! » a-t-il proclamé. Ah ! Enfin, dit-on dans les chaumières, ils « osent » parler ! Ils « osent » ? C’est à voir.

 

 ghislain_londers.jpg

Ghislain Londers : l'adepte de la stabilité politique

 

Tout d’abord, « oser » est facile quand on est protégé par sa toge rouge. Ensuite, M. le Premier Président Londers n’en est pas à son coup d’essai. Lors de l’affaire Fortis, il s’est permis d’envoyer une lettre publique au Président de la Chambre des représentants à l’époque, Herman Van Rompuy (qui a fait un peu de chemin depuis). Cette bafouille a provoqué un léger trouble au sein du gouvernement de l’époque qui a failli tomber en pleine crise financière. Quel sens de la responsabilité ! Et voilà que le sieur Londers se permet de donner des leçons de stabilité politique…

 

 

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Jean-François Leclercq spécialiste de politique - fiction

 

Son confrère, l’avocat général Jean-François Leclercq, lui, a choisi la politique-fiction. Il s’inquiète qu’en cas de séparation de la Belgique, la Wallonie n’ait pas accès à la mer, ce qui pourrait lui être préjudiciable. Rien, ou si peu, concernant la Justice dans tout ce blabla.

 

La palme revient cependant à l’avocat général d’Anvers, Piet Van den Bon, qui  fustige le droit d’asile : « Dans le contexte juridique actuel, il est parfaitement possible pour un citoyen étranger, après une journée de travail ou, pire, contre le paiement d’une inscription fictive, de demander des allocations pour handicapés ou de chômage ». Le bon vieux thème de l’étranger chômeur qui prend le pain des Belges… Le procureur général près la Cour d’appel d’Anvers, Yves Liégeois, en rajoute une couche : « Les politiques ont négligé les problèmes en matière d’immigration. De cette façon le monde politique nous entraîne vers la fin de la démocratie ». Rien que cela ! Il est vrai que le climat politique à Anvers où la NV-A et le Vlaams Belang règnent en maîtres, prête bien à ce genre de propos.

 

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Yves Liégeois n'aime pas le droit d'asile.

 

On attend autre chose de la haute magistrature. De graves questions sont posées et ne trouvent pas de solutions. Par exemple, la surpopulation carcérale qui finira par provoquer un séisme. Soyez un peu plus perspicaces avant de jeter de petits délinquants en prison. Cessez d’abuser de la « préventive ». Et ces messieurs feraient bien d’être moins susceptibles sur la sacro-sainte et illusoire « séparation des pouvoirs » qu’ils viennent de violer par leur logorrhée politico – judiciaire bien orientée… à droite !  

 

Richard Miller a vraiment envie.

 

Le député montois MR (ancien PS dans une autre vie…) du Parlement wallon Richard Miller n’est pas content. Il l’exprime dans une longue interview dans « le Soir » du 3 septembre 2011. C’est une vieille habitude. Pour lui, les libéraux doivent absolument être au gouvernement fédéral pour imposer le libéralisme. Et le FDF associé au MR ? On s’en fout ! Il peut partir ! Priorité absolue « millerienne » :  éviter à tout prix le nuisible « Olivier » qui met les libéraux sur la touche.

 

 

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Richard Miller trépigne pour un maroquin !

 

Richard Miller a vraiment envie d’être ministre et il le proclame haut et fort. Il y a cependant un petit détail qu’il semble avoir oublié : le MR a perdu les élections…

 

Et puis, à Bruxelles, le FDF a encore un certain poids.

 

Quand le PS tirera-t-il profit de la cacophonie de la « famille » libérale ?

 

PV


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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 18:25

Adresse de contact : fal.roberty@skynet.be

 

Dompter les marchés, pas les « rassurer »…

 

Les marchés financiers sont des fauves qu’il faut dompter. Ceux qui en ont peur, qui veulent les « rassurer », en seront les victimes. A la veille du 2 août, le président Obama, pour obtenir un sursis avec le relèvement du plafond de la dette, a quasiment capitulé devant l’opposition des Républicains, menés eux-mêmes par le mouvement d’extrême droite Tea Party. Imaginons un instant qu’il n’eut pas cédé, que les traitements de la fonction publique n’eussent pas été payés : il est probable qu’au bout de trois jours, face à la panique générale, ce soit la droite, rendue clairement responsable de la situation, qui se serait vue obligée d’accepter l’effacement des cadeaux fiscaux aux gros possédants datés de l’ère Bush (et même Clinton). Une mesure qu’Obama aurait pu imposer au début de son mandat, quand il avait la majorité dans les deux Chambres. Ce qu’il n’a pas fait.  

 

Ce qui se passe dans la zone euro au niveau des dirigeants est encore plus lamentable. Prenons pour exemple l’article de M.Van Rompuy, président du Conseil européen,  dans « Le Monde » du 3 août. Il explique en détail le dernier plan de sauvetage de la Grèce, en assurant lourdement qu’il s’agit d’une opération unique, histoire de rassurer la galerie financière. Patatras ! Les marchés, au contraire, en déduisent que les dettes italiennes et espagnoles ne seront pas couvertes, et la spéculation se déchaîne à la baisse du cours des actions. Plus les Sarkozy et les Merkel veulent « rassurer », moins on les croit. Le duo franco-allemand s’obstine à ne pas faire le saut vers la mutualisation de la dette par des eurobligations, seule mesure radicale pour convaincre que l’euro sera défendu quoi qu’il arrive. (Mais l’idée gagne du terrain). Le même Van Rompuy affirmait que « la croissance a redémarré en Europe », alors que nombre d’indicateurs disent qu’elle fléchit, y compris en Allemagne.

 

Admirons au passage que toute une presse titrant qu’il faut « sauver l’euro » se garde d’expliquer que le retour aux monnaies nationales signifierait dans la plupart des pays concernés une dévaluation massive des actifs et des valeurs ; elle se garde aussi de rappeler que la spéculation de l’époque jouait ces monnaies les unes contre les autres, et le referait toujours !

 

La taxation des transactions financières est à nouveau évoquée dans l’Union, mais serait inapplicable sans le concours de la City de Londres qui n’en veut pas, disent ses adversaires sournois. Eh bien, nombre de « traders » n’ont qu’à se  recycler dans des professions socialement plus utiles. Il faut rompre avec la logique des singes savants de la haute finance…

La même hypocrisie transparaît derrière la dernière mode : quelques milliardaires, en

Allemagne, en France ou aux Etats-Unis, ont le bon goût de dire qu’ils sont prêts à payer davantage d’impôts. La classe politique croit dès lors s’en tirer avec cette idée réductrice de « taxer les riches », enfin, quelques uns et pas trop fort… Ceci n’a rien à voir avec la justice fiscale, avec la réhabilitation de l’impôt au titre de la redistribution sociale, avec la juste taxation des revenus des possédants. Et à quel niveau est-on « riche » ?

 

Les dernières mesures budgétaires de Sarkozy sont un patchwork  de rustines. Même pagaille en Italie. La Grèce s’enfonce dans la récession. Entre la réduction de l’endettement par la régression sociale et le constat que la consommation des ménages s’érode au détriment de la « croissance », des dirigeants affolés ne savent plus à quels saints se vouer. Et s’ils essayaient une bonne dose de dirigisme économique ?

    

Robert Falony

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 20:30

La bête grise de la dictature militaire chilienne n’est pas encore enterrée.

 

Depuis plus de deux mois, les étudiants chiliens des écoles secondaires comme des universités, avec les professeurs et le personnel administratif, sont en grève. Avec une force et une volonté d’action digne des étudiants de mai 68, ils sont parvenus à mettre en difficultés le gouvernement de droite présidé par Sebastian PINERA.

 

Leur principale revendication est de mettre un terme à l’enseignement payant pour revenir au système de l’enseignement gratuit, laïque et de qualité.

 

Prenons un exemple pour bien comprendre l’importance de ce mouvement. Un étudiant au Chili qui termine son cursus de cinq années contracte une dette avec l’université, dette qu’il doit rembourser sur une période d’au moins quinze ans. A cette exigence de suppression de ce système injuste, l’actuel Président du Chili Sebastian PINERA a répondu que « l’éducation est une marchandise comme un autre ». Cela s’inscrit bien sûr dans l’idéologie imposée au Chili par les Chicago boy’s  sous la dictature de Pinochet, qui, pour la perpétuer, l’a inscrite dans la Constitution de 1980 qui est toujours en vigueur aujourd’hui. Auparavant au Chili, l’éducation, la santé et même l’eau étaient des biens publics géré par l’Etat.

 

Les étudiants qui sont pour le moment dans la rue pour que ces biens reviennent dans la sphère publique n’ont pas connu la peur du bruit des hélicoptères, contrôlant les villes et les quartiers populaires à la recherche des opposants à la dictature de Pinochet. Ils n’ont pas vu non plus les soldats la face noircie, les armes à la main, dans les rues des villes et des villages du Chili. Ces jeunes ont cependant  compris que le système néolibéral imposé par la droite chilienne, n’apporte aucune solution à leurs problèmes sociaux et à ceux de leurs familles. De même, ils ont tiré les leçons du passé : ils ne se laissent pas entraîner dans une violence inutile, au contraire, leur mouvement a montré  à la population chilienne qu’ils revendiquent leurs droits avec force, imagination, créativité et humour.

 

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Manifestation des étudiants chiliens : humour et efficacité. Ici, la journée du parapluie

 

Cependant la lutte n’est pas terminée. Au contraire, elle ne fait que commencer. Le gouvernement n’a toujours pas lâché prise. La droite, partout dans le monde, est non seulement obstinée, mais elle impose aussi ses diktats par la force et  la répression.

 

Les organisations étudiantes arrivent pourtant à rallier pas mal de monde à leur cause. Actuellement la majorité de la population chilienne appuie  leur lutte. De plus, plusieurs secteurs professionnels commencent à se mobiliser en signe de solidarité, comme dans les mines, les ports,  les banques, et la plupart des organisations  à caractère social, ainsi que les associations régionales, etc. rejoignent le mouvement.

 

Le mois de septembre, le début du printemps dans l’hémisphère sud, est un mois chargé de symboles pour le Chili : le 4 septembre 1970, Salvador Allende Gossens a été élu Président du Chili. Ce 4 septembre 2011, est organisé un rassemblement de masse de la population chilienne en commémoration de cet anniversaire. Et le 11 septembre, date anniversaire du Coup d’Etat monté en 1973 par 4 Généraux félons contre Allende, fera aussi l’objet d’un important rassemblement. L’air de septembre est propice à la mobilisation de la majorité du peuple chilien.

 

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Coup d'Etat du 11 septembre 1973 contre le pouvoir démocratique de Salvador Allende : la mémoire est toujours vivante.

 

Face à cette mobilisation et à cette lutte, la riposte réactionnaire s’annonce, rappelant les sinistres démons de l’ère Pinochet. La perspective la plus préoccupante se traduit dans la déclaration du bourgmestre de la ville de Santiago, capitale de la République, Pablo ZALAQUET, militant du parti fasciste Union Democratica  Independiente  –UDI-  qui a affirmé que si, le 11 septembre prochain, les forces de l’ordre et la police militaire – aussi appelée les carabineros - ne sont pas assez nombreux pour contrôler et réprimer les manifestants, il faudra faire appel aux forces armées. S’agit-il d’un appel à un nouveau coup d’Etat ? Traduit-il le sentiment et les désirs de la majorité de la population ? Pas du tout, car la plupart des Chiliens sont solidaires du mouvement des étudiants, des travailleurs et des salariés. Oui ! Les  temps ont changé et les mentalités aussi. C’est le résultat de la politique du gouvernement néolibéral. Mais osera-t-il sortir la bête noire de la caverne ? L’avenir le dira.

 

 

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 13:34

Grande-Bretagne

 

L’Angleterre vient de connaître des scènes de désordres urbains d’une violence encore rare en Europe, mais le mal court. Elles n’ont eu cette fois aucun caractère « ethnique », mais révèlent une misère sociale et culturelle insondable, le terreau des années Thatcher, Major et maintenant Cameron, à peine atténuées sous Blair et Brown.

 

 

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Ce ne sont pas les "riches" qui ont fait les frais des dégâts.

 

 

Pas d’équivoque : les pillards et les incendiaires ne sont pas des « indignés », la délinquance, organisée ou spontanée, a joué un rôle dans ces évènements. Et ce ne sont pas « les riches » qui ont fait les frais de la mise à sac des boutiques vandalisées, mais les couches moyennes de la population. Les reportages décrivent tel quartier de mixité sociale, sans rapport avec les banlieues françaises.

 

Ce qui s’est passé sert donc la droite ultra,  qui peut réprimer les effets sans traiter les causes. Le rôle du parti travailliste ne doit pas être de faire profil bas comme il l’a fait face à Cameron, mais de dénoncer le chômage des jeunes comme la plaie la plus honteuse du capitalisme. Un régime dont les casseurs et les pillards sont toujours quelque part les alliés objectifs…

 

Israël

 

La force des manifestations populaires contre l’injustice sociale- qui mobilisent des foules « à six chiffres »- est une heureuse surprise pour la gauche européenne, y compris dans sa composante cataloguée « pro palestinienne ».   

 

 

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Les "indignés" israéliens sont un exemple pour toute l'Europe.

 

 

Ceci devrait inspirer nos directions syndicales et les inciter à œuvrer de concert avec la jeunesse « indignée »…

 

Bourses

 

La semaine précédant le 15 août a été caractérisée par une folle orgie spéculative.

 

Assurés de la dramaturgie médiatique et de l’esprit moutonnier, les opérateurs s’en sont donnés à cœur joie. Les autorités boursières de quatre pays dont la Belgique ont fini, dans une  audace inouïe de leur part, par interdire…pour 15 jours, les ventes à découvert. Le procédé   consiste à acheter à crédit des titres qui seront revendus avec profit. Pourquoi pas l’interdire définitivement ?

 

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Interdire les ventes à découvert ? Vous n'y pensez pas !

 

Ce ne sont même pas des hommes qui opèrent, mais des machines, des logiciels programmés pour aller plus vite !

 

Pendant que roulent ainsi les milliards d’euros ou de dollars, les organisations humanitaires doivent mendier pour obtenir des fonds destinés à combattre la famine en Somalie et au Kenya.

 

R.F.

 

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