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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 17:45

Ce n’est pas le « vendredi » noir, c’est la semaine noire ! Ce qui devait arriver est là : à force de renflouer les banques qui font n’importe quoi depuis 2008 et à force de ne pas prendre à bras le corps la question de la dette souveraine, le système collapse comme on dit en « globish », en langage commun : c’est le krach.

 

 traders01.jpg

Même les traders sont au bord du désespoir...

 

« Les autorités mondiales et surtout les politiques sont dépassés. Ils n'ont pas saisi la chance de la crise de 2008 pour faire le grand nettoyage. Au lieu de sauver nos finances publiques, nous avons sauvé les banques qui ont continué à faire n’importe quoi. Aujourd'hui, c'est trop tard. Les banques ont pris le pas sur les politiques et nous allons dans le mur. » Ce n’est pas un de ces « altermondialistes » n’y connaissant bien entendu rien à la question financière, qui le dit, mais Marc Fiorentino, un des plus grands spécialistes actuels, dans une interview au nouvelobs.com ce vendredi 5 août.

 

 

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Marc Fiorentino, trader, romancier, essayiste et spécialiste de la finance !

 

Aujourd’hui, c’est la panique, ou plutôt la pagaille. Dans la matinée, les banques françaises achètent pour plus d’un milliard d’Euros des actions du CAC 40 pour tenter de maintenir les cours. Peine perdue (et fric aussi), l’indice s’effondre de  2 %  à midi, puis se redresse peu après 14 h 00, mais ce sont les chiffres du chômage US qui jouent. Pagaille !

 

La BCE annonce jeudi qu'elle allait reprendre ses achats de titres sur le marché obligataire de la zone euro après une interruption de quatre mois. Il y avait enfin un pilote dans l'avion. Pas si simple : la BCE était intervenue sur les marchés, mais pour soutenir seulement les cours de la dette portugaise et irlandaise et elle n'avait pas bougé pour les obligations italiennes et espagnoles, les deux grands dangers de la zone euro. Il n'y avait pas unanimité au conseil de la BCE : la Bundesbank était totalement opposée à cette intervention. Puis un compromis intervient : la BCE allait intervenir mais seulement en faveur du Portugal et de l’Irlande. Les autres – l’Espagne, en particulier – n’ont qu’à attendre ! Pagaille !


 
En Belgique, Leterme et Reynders tentent de rassurer le bon peuple et accessoirement les marchés en déclarant que la situation belge n’est pas dramatique et Reynders, de sa résidence de vacances, estime que le budget 2012 sauvera tout. Oui, mais il y a un os.
L'autorité financière britannique (Financial services authority) désigne la prochaine victime : elle a demandé aux banques anglaises de faire le point sur leur exposition à la dette belge. Alors, quoi ? Pagaille !

 

 Leterme Yves

Yves Leterme rassurant, mais croit-il vraiment ce qu'il dit ?

 

En Grande Bretagne, pendant ce temps-là, pour « compresser les coûts », les banques de la City suppriment 50.000 postes. Pagaille !

 

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La City ne gagne pas assez de pognon : elle licencie 50.000 travailleurs !

 

Sans doute, arrivera-t-on par des artifices à quelque peu enrayer la chute des cours pendant quelques temps, mais ce n’est qu’emplâtre sur jambe de bois. Les plans concoctés par les sommets européens et autres G 20 depuis deux ans, ont tous échoué. Aujourd’hui, les observateurs sont d’accord pour considérer que l’actuelle chute des marchés est due au peu d’effets des mesures décidées au sommet de « la dernière chance » du 21 juillet à Bruxelles. Sarkozy, Merkel et Zapatero préparent une nouvelle « dernière chance » à partir de leurs résidences estivales. Pagaille !

 

 

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Nicolas Sarkozy commande depuis sa résidence estivale...

 

Les solutions, pourtant, elles existent. Elles ont été exposées maintes fois depuis 2008. Il fallait instaurer un véritable contrôle des banques, rétablir la séparation entre banques d’affaires et banques de dépôts, imposer une diminution de la taille des banques, réguler sérieusement le système financier pour lutter contre la spéculation. Rien ne se fait, évidemment. Pagaille !

 

En dépit des promesses, en ce qui concerne la dette souveraine, rien de sérieux n’a été fait. Comme le dit encore Fiorentino : « Les bourses dévissent car on a le sentiment que le poids de la dette empêche toute possibilité de croissance, tant aux Etats-Unis qu'en Europe et bientôt aussi dans les pays émergents. Les investisseurs ne font plus confiance ni aux Etats ni aux banques. Nous sommes entrés en 2008 dans un cycle baissier qui durera tant que nous ne résoudrons pas le problème de la dette. Il y aura des rebonds techniques mais la tendance à moyen terme est baissière. » Pagaille !

 

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Les "marchés" contribuent largement à la pagaille.

 

Des solutions existent aussi en dehors des fameux plans d’austérité que l’on impose un peu partout, plans d’austérité qui s’attaquent au monde du travail : suppressions massives d’emplois dans la fonction publique, privatisation des services publics, coupes dans les budgets sociaux. De plus, ces plans d’austérité empêchent toute relance et accroîtront la crise de la dette. Pagaille !

 

Il faudra analyser cette fameuse dette souveraine. Comme le préconise l’association ATTAC, il est indispensable de faire un audit sur la dette car il y a une large part de dettes illégitimes dues à des montages financiers opaques, à des charges d’intérêt usuraires, etc. Comment, par exemple accepter que les taux à 10 ans soient de 14 % pour la Grèce,  de 4 à 5 % pour la Belgique et de 2,5 % pour l’Allemagne – moins que l’inflation ? Est-ce cela un système monétaire européen ? Pagaille !

 

Comment surtout accepter que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Eurozone qui se réunissent en « sommets » depuis deux ans aient fini par endetter chaque citoyen d’un montant de l’ordre de 2.000 Euros et qui ne cesse de croître, au seul profit des banques ?

 

C’est assez de favoriser les seuls créanciers. C’est ce que les peuples, via entre autres les « indignés », exigent, et c’est ce que la gauche sociale démocrate devrait exiger aussi. C’est une question d’éthique politique et aussi de survie pour elle.

 

 

Pierre Verhas

 

Pour en débattre "Osons le Socialisme" organise avec les Femmes Prévoyantes Socialistes une conférence débat :

 

Dettes publiques : qui va rembourser ?

 

Sous la présidence de Robert Falony

 

avec

 

Virginie de Ramonet, Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde ;

 

Pierre Verhas, Osons le Socialisme.

 

Suivie d'un large débat.

   

Le jeudi 22 septembre 2011 à 19 h 00

Salle "Sacco et Vanzetti", rue des Moineaux, 17 - 19, à 1000 Bruxelles

Entrée par la rue du Midi.

 

 

 

 

 

 

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29 juillet 2011 5 29 /07 /juillet /2011 13:47

Adresse de contact : fal.roberty@skynet.be

 

Terrorisme et extrême droite

 

La mémoire sélective aidant, les médias avaient un peu oublié qu’il existe aussi un terrorisme d’extrême droite, aussi atroce que celui d’Al Qaïda. Retenons l’exemple, entre dix, de l’attentat à la gare de Bologne en 1980, qui fit 85 morts.

 

Cette fois, la tuerie a visé exclusivement les travaillistes norvégiens, et leur jeunesse. Elle a été perpétrée avec une rare cruauté, dans ce pays « pacifique » sans doute en déficit de moyens de sécurité.

 

L’acte d’un individu isolé ? Même si c’est le cas, comment ne pas voir que le criminel est un produit du climat de haine généré par toute cette mouvance extrémiste et xénophobe qui pullule à travers l’Europe, et tout autant en Scandinavie ?  L’assassin était d’ailleurs passé par là, il avait été au parti FrP, qui se dit horrifié. Bien entendu, les leaders de ces formations, dont le succès électoral va croissant, ne préconisent pas l’extermination de leurs adversaires politiques. Mais ils ont une responsabilité indirecte dans le cours des évènements, et dans la dérive vers des actes criminels (Incendies, profanation de cimetières…) commis par les esprits les plus dérangés. Ce n’est pas par hasard que le Vlaams Belang est omis par Anders Breivik dans sa liste des partis belges coupables de multiculturalisme….

 

Acte isolé ? Mais on ne l’est pas sur Internet, on a des correspondants. Et ces mêmes « réseaux » qui, dans le monde arabe, servent la révolte démocratique, sont utilisés en Europe par le fascisme autant que par l’islamisme radical.

 

Le terrorisme de masse a aussi, et d’abord, un  but stratégique. Dans l’Italie des « années de plomb », il s’agissait de déstabiliser le régime parlementaire, de jouer la carte du chaos. Des secteurs de l’Etat participaient à l’entreprise. Semer le chaos : c’était aussi le but d’un Ben  Laden le 11 septembre2001.

 

 En ce sens, entre les artisans islamistes dévoyés de la « guerre sainte » et le « croisé » Breivik, fondamentaliste « chrétien », il y a une parfaite convergence, non seulement des méthodes, mais de l’esprit : tout ce qui ne participe pas de leur utopie réactionnaire ne mérite pas de vivre…

 

Les souffrances des dettes publiques…

 

Au sommet européen du 21 juillet sur la dette grecque, destiné à « sauver l’euro » selon le langage rituel des médias, un pas au moins a été effectué dans la bonne direction : on a entamé sa restructuration, sous la forme pudique d’échanges de titres, et le secteur privé est ainsi mis à contribution, mais sur base volontaire, encore qu’il y aura des pressions. Au moins la chancelière Merkel a-t-elle ouvert cette porte…

 

C’est la Banque centrale européenne, avec son Trichet sortant, qui s’est montrée la plus rétive, tant elle redoute une crise de liquidités interbancaires… au lieu d’assumer pleinement son rôle comme la Réserve fédérale américaine.

 

Cela dit, rien n’est réglé pour l’avenir. Trop peu, trop tard. On a gagné du temps. On continue de refuser des solutions plus radicales comme le passage à des euro-obligations en lieu et place des emprunts nationaux. Et les agences de notation, qui sont des boîtes privées, demeurent une nuisance.

 

Etats-Unis : malgré tout le cirque politique autour de la menace de cessation de paiement de l’Etat, attendez-vous à une solution provisoire in extremis, donnant du bois de rallonge au président Obama. Quitte à « faire tourner la planche à billets » !

 

Robert Falony

 

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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 15:08

Le « dramatique » discours du roi

 

passé en boucle, est à la fois un reflet des peurs de l’establishment face aux 400 jours de blocage et un paravent pour le CD&V, qui a amorcé son virage vers le compromis auquel on avait presque cessé de croire. Wouter Beke se distancie de la NVA.

 

 

 albertII_discours.jpg

Le discours d'Albert II : un élément essentiel de la stratégie du CD&V

 

 

Le discours du roi a été évidemment mis au point avec le Premier ministre social-chrétien flamand qui en assume la responsabilité. Toute l’opération semble avoir été minutieusement mise au point.

 

 

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Yves Leterme a minutieusement tout mis au point...

 

 

Pour permettre au CD&V de se lancer vers la vraie négociation,  il fallait que le formateur renvoie les « compensations » à la scission de BHV à des groupes de travail, ce qui signifie leur mise au frigo. Wouter Beke l’a bien compris ainsi. Une de ces compensations, la circonscription électorale fédérale, était d’ailleurs bien improbable : une resucée belgicaine privée de  sens avec des partis scindés sur une base communautaire. A la trappe…

 

 

 wouter_beke01.jpg

Wouter Beke a imposé ses propres conditions.

 

 

La scission de BHV semble donc acquise avec le statut spécial pour les six communes à facilité. La représentation flamande à Bruxelles amoindrie ? Qu’à cela ne tienne : on créerait  un lot de députés cooptés…

 

Le message royal n’a pas omis

 

les « indispensables réformes » sur le terrain socio-économiques. Que les syndicalistes en vacances se méfient de ce qu’on peut manigancer à la faveur du mois d’août !

 

Au total : la grande réforme de l’Etat pourrait bien se faire de bric et de broc …   

 

J.L.

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19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 17:23

Grande-Bretagne

 

On disait « magnat de la presse ». Mais Rupert Murdoch est plus que cela : un gangster. La révélation des procédés utilisés par l’ignoble presse « populaire » pour alimenter son torrent de boue illustre bien le capitalisme mafieux : l’espionnage et la corruption, l’intimidation et la peur, tous les procédés que ne renieraient pas les services secrets d’une dictature. Cette année est décidément celle des masques qui tombent.

 

 

 rupert_murdoch.jpg

Rupert Murdoch : le gangster dans la tourmente

 

 

Le sabordage obligé de « News of the World » - mais comment ce système a-t-il pu fonctionner pendant tant d’années ?- ne signifie pas la fin de la presse de caniveau, si rentable !

 

 

 news_of_the_world.jpg

Le numéro de sabordage de "News of the world ' : ce n'est pas la fin de la presse servile.

 

 

« Du pain et des jeux » : en se taillant des empires dans le monde des médias, abrutir le peuple en le « distrayant » n’a pas été le moindre objectif des maîtres de la finance ! Le détourner surtout des luttes sociales !

 

Murdoch a été aussi un « faiseur de rois », qui a soutenu Margaret Thatcher puis Tony Blair.

 

« Soutenu » ? Gordon Brown et David Cameron en savent aujourd’hui le prix…

 

L’indignation salutaire mais bien tardive qui a saisi l’opinion en Grande-Bretagne et gagne maintenant les Etats-Unis est positive, mais ne menace pas sérieusement le groupe News Corp. Sinon peut-être dans ses ambitions ?

 

Europe

 

Les gnomes qui dirigent la zone euro et la Banque centrale européenne tournent en rond depuis des semaines pour mettre au point les modalités de la nouvelle tranche d’aide à la Grèce. Sans y arriver. Un « sommet » est donc convoqué pour le 21 juillet.

 

 

 

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Les gnomes européens ne savent plus comment faire...

 

 

Le fond de l’affaire : comment impliquer partiellement les banques privées porteuses de la dette grecque sans que cela ne ressemble quelque part à un défaut de paiement ? Mais on ne peut pas à la fois « rassurer les marchés » et affronter les marchés… Et les gnomes ne savent plus comment faire pour que les valeurs boursières ne plongent pas…

 

France.

 

Un frémissement progressiste a parcouru l’électorat vert : on a vu, au grand ébahissement de la galerie bien pensante, l’ex juge qui a osé affronter la haute finance   l’emporter  aux primaires sur le candidat de l’écologie aseptisée « ni de gauche ni de droite », Nicolas Hulot.

 

 

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Eva Joly a vaincu "l'aseptisé"...

 

 

Eva Joly a milité contre la criminalité en col blanc et a pris clairement position pour aller vers la sortie du nucléaire, comme l’Allemagne. 

    

R.F.

 

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 20:31

La lutte que mènent les étudiants chiliens dans diverses villes du Chili ne fait que commencer. Et pourtant, on n’en parle pas en Europe. Depuis le début mai, ils sont passés à l’offensive. Plus de 400 établissements scolaires sont actuellement occupés, y compris des universités tant publiques que privées. Le mouvement demande le retour à une éducation publique, gratuite et laïque, telle qu’elle existait avant le coup d’Etat  des forces armées, comploté par Augusto Pinochet. Le mouvement des étudiants a réveillé d’autres demandes dans le pays car le mouvement a pris feu dans plusieurs secteurs de la population chilienne.

 

Le cahier de charges des demandes n’est pas nouveau. C’est le lourd héritage laissé par le dictateur. Plus de 20 années de démocratie n’ont pas été suffisants, soit par manque de courage, de vision ou simplement pour garder les postes de travail.  

 

Les établissements scolaires chiliens depuis la création de la République au XIXe siècle ont servi de creusets pour  pétrir  l’essentiel de l’intelligence démocratique  du pays. Ce n’est pas un hasard que le jour du coup d’Etat, le mardi 11 septembre 1973, les soldats sont rentrés, en premier lieu dans les universités et les zonings industrielles, pour soumettre ces deux secteurs à la plus féroce répression. Il fallait éliminer l’intelligence dans les établissements scolaires et rompre et casser les mains des producteurs de richesses chiliennes. 

 

L’arrivée par le vote de l’actuel président du Chili Sebastian PIÑERA, bras droit de la dictature militaire pendant 17 ans a permis de dévoiler sa politique néo- libérale avec un tsunami de privations.

 

 

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Sebastian Pinera surnommé le Berlusconi chilien

 

 

Les étudiants chiliens, qui manient aujourd’hui le monde digital à merveille, ont vite compris le message. « Travaillez beaucoup et vous deviendrez riches », a dit le président. Les étudiants ont lancé leurs analyses vers d’autres secteurs du monde du travail. Leur appel, à l’heure présente, a été bien entendu.

 

Les étudiants, dans les écoles, dans les universités encore occupées ; les travailleurs  près de leurs machines, les dockers dans les ports, les mineurs dans les dangereuses galeries, toutes et tous parlent, discutent, font fonctionner la démocratie, détruite par les armes de Pinochet.

 

Chili_soulevement_etudiants_110714.jpg

 Les étudiants chiliens déterminés à sauver le service public de l'éducation

 

 

Chaque secteur analyse ses demandes.

 

Les thèmes sont innombrables :

 

-         Que faire des excédents générés par l’industrie du cuivre ? Une partie importante, Pinochet l’a gardée pour maintenir les officier de l’armée.

-         Comment développer le pays, avec une économie durable et équilibrée ?

-         Comment créer et développer une politique de santé publique basée dans l’intérêt général plutôt que dans l’intérêt des compagnies d’assurances ?

-         Chercher une solution, rapide et juste, au problème des familles sans toit. D’autant plus que le gouvernement a montré l’incapacité à trouver une solution pour les  habitants qui ont perdu leur habitation lors du dernier séisme.

-         Solutionner le problème de surendettement. Plusieurs grandes surfaces ont été protégées par des grandes entreprises commerciales. Il n’a pas eu de sanctions pour les fraudeurs.

 

Ce sont quelques secteurs où le combat sera acharné.

 

La rue parle et manifeste.

 

La Fédération des travailleurs du cuivre s’oppose fermement à une politique de privatisation, avec perte de 2.600 postes de travail. Les  dockers, en différents  ports du pays, (si nous posons le Chili en Europe, il irait de Stockholm à la Tunisie), ont répondu par l’affirmative à l’appel de la Centrale Unitaire de Travailleurs du Chili de paralyser le pays par une grève générale le 30 août prochain.

 

Cette fois-ci, sera la rue qui parlera. L’accumulation des forces montre que le monde du travail chilien a des capacités, des énergies et de l’expérience pour commencer à parcourir les « grandes avenues par où doit passer le  peuple » à la recherche de son destin.

 

Le printemps chilien s’annonce chaud.

 

 

Sergio Rojas Fernandez

Syndicaliste chilien

 

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10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 10:37

L’Etat belge, faible et bloqué.

 

Ceux qui ont cru longtemps à la probabilité d’un énième compromis à la belge commencent à avoir des doutes. La radicalisation du nationalisme flamand semble fermer toutes les issues.

 

A noter : le revirement de l’Open VLD, maintenant satisfait du document Di Rupo sur BHV, et alléché par la perspective d’un coup de barre à droite sur le terrain économique et financier.

 

Mais l’addition du VLD, du SPa et de Groen ne donne que 31 députés flamands sur 88. Seul le décrochage du CD&V fournirait une majorité en Flandre. Cela parait être le calcul du roi, du formateur démissionnaire, de nombreux politiciens et de milieux financiers.

 

Selon un sondage

 

du principal quotidien flamand « Het Laatste Nieuws », qui est dans la mouvance libérale, sondage réalisé sur un échantillon de 1018 personnes, De Wever serait renforcé par son « non » et obtiendrait maintenant le soutien de 40% des électeurs potentiels.

 

Critique : ce niveau est déjà celui de la NVA et du Vlaams Belang ensemble. Et que savent ces 1018 « représentatifs » du document Di Rupo ? Sans doute rien. La plupart ont seulement entendu dire qu’il était question de nouveaux impôts, et voient en De Wever, qui n’est évidemment pas un politicien, l’homme providentiel qui a le courage de dire « non » à tous ces politiciens…    

 

Le bureau du PS

 

réuni le 7 juillet, précise dans un communiqué que le texte du formateur n’est pas celui du président du parti, et que les négociateurs socialistes défendront leurs positions…

 

Précision utile après l’avertissement des dirigeants syndicaux, qui jugent imbuvables certaines dispositions de la note ! Et envisagent le cas échéant des actions à la rentrée…

 

Un porte-parole des Affaires étrangères

 

a demandé simplement des « éclaircissements » à Israël à propos du sort réservé à des nationaux belges solidaires de la cause palestinienne, et accueillis là bas comme des terroristes… Pas même une protestation !

 

J.L.

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6 juillet 2011 3 06 /07 /juillet /2011 00:07

 Lorsque l’on quitte les habits de président du PS pour devenir formateur d’un gouvernement introuvable, et qu’on ambitionne peut-être le rôle de « sauveur national », on sort un texte très étudié pour servir de plus grand commun dénominateur. Un exercice d’équilibriste. Un compromis ou l’on prend un peu à gauche, un peu à droite. Avec tellement de détails qu’une bonne semaine est nécessaire pour à peu près tout comprendre, le diable étant précisément dans les détails.

 

 Et un texte tout animé par la philosophie bien connue : « Sans nous, ce serait pire ! ». Il  comporte des éléments de régression sociale : en particulier sur la dégressivité des allocations de chômage, mais la droite veut les supprimer dans le temps. Norme de croissance des soins de santé réduite à deux pour cent au lieu de 4,5 - ce qui, compte tenu de l’inflation et de besoins croissants, signifie leur réduction. Mais on ne touche pas à l’indexation, et l’âge légal de la pension reste fixé à 65 ans. Mais aussi l’allocation « Bien être » serait rabotée, censée compenser la hausse du coût de la vie pour nombre d’allocataires sociaux.

 

Di Rupo prévoit assurément que les critiques qui viendront de gauche (Syndicats, Mutualités) seront neutralisées par celles du camp libéral et patronal. Une « cotisation temporaire de crise sur le grand patrimoine » (de 0,5%...) n’a pourtant qu’un lointain rapport avec l’effort fiscal accru qu’il aurait fallu solliciter, à l’impôt des personnes physiques, d’un bon quart de la population, selon la loi de la progressivité.

 

Pour faire bon genre, il y le sacrifice proposé aux ministres et à la monarchie, et un peu moins de parlementaires.

 

Au total, un immense saupoudrage, tant en volume des dépenses (37%) qu’en recettes (27%)  -le reste en divers….

 

Le volet communautaire

 

La scission de BHV était inscrite dans les astres, avec statut électoral spécial pour les six communes à facilité, ce qui passera mal à la NVA La circonscription fédérale à dix élus est une nouveauté « unioniste » à usage francophone. Les transferts de compétences et de moyens financiers peuvent être jugés impressionnants…

 

 Mais surtout, le fait que le formateur a opté pour la formule des centimes additionnels dans sa régionalisation fiscale partielle le situe sans doute en deçà de la « révolution copernicienne »  voulue par les nationalistes flamands.

 

Les paris sont ouverts pour savoir qui va négocier sur cette base…

 

Sur ce blog, on ne retire rien de ce qui a été écrit précédemment,  en particulier l’hostilité à la participation de la NVA à un gouvernement fédéral.

 

 

Jean Lafont.

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 22:23

France

 

Martine Aubry est sans doute, pour le PS, la candidate qui a le plus de chances, en 2012, de battre Sarkozy (ou Marine Le Pen !) dans la course à l’Elysée. Héritière de la vieille tradition social-démocrate du Nord, son nom reste notamment associé à la loi des 35 heures.

 

 

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Martine Aubry doit d'abord passer les primaires.

 

 

Mais le système des élections primaires est porteur de plus de risques que d’avantages. Importé d’Italie où il n’a fait nul miracle pour la gauche, il représente en réalité une américanisation de la vie publique et le triomphe de la politique - spectacle. Les individus passent avant le collectif politique, ce qui était « le Parti ».

 

 dsk_innocent.jpg

DSK blanchi est resté politiquement le même.

 

Là dessus, le retournement intervenu dans l’affaire Strauss-Kahn ajoute à la confusion. Si DSK est blanchi, tant mieux pour lui et la cause de la justice. Mais cela ne ferait pas de lui autre chose qu’un « droitier » identifiable au FMI d’hier.  La direction « aubryste » lui laisse une porte entrouverte, mais le calendrier ne sera pas bouleversé.

 

Grèce

 

Au vote final du Parlement grec en faveur du plan d’austérité bis, Papandréou n’a même pas pu obtenir les suffrages de la droite, largement co-responsable du désastre financier. Sous la direction d’Antonis Samaras, la Nouvelle Démocratie a en effet pris la fuite vers le nationalisme…

 antonis_samaras.jpg

Antonis Samaras avec Papandréou : vers le nationalisme ?

 

Une certaine social-démocratie pratique décidément l’art de faire la sale besogne de la droite, pour se faire ensuite pigeonner par elle…  

 

Libye

 

Mea culpa : on a sous-estimé la capacité de résistance du despote de Tripoli en imaginant une issue rapide avec les frappes de l’Otan engagées le 19 mars. On a sous-estimé le réseau obscur des solidarités souterraines avec cette dictature, dont les moyens financiers sont loin d’être épuisés. Les maîtres de l’Algérie, par exemple, ne souhaitent nullement une nouvelle victoire de la « révolution arabe », propagée par ailleurs à la Syrie et au Yémen. Le risque d’un enlisement persistant, avec une division territoriale de la Libye, une partition de fait, est donc réel.

 

kadhafi01.jpg 

Kadhafi sera-t-il un jour sur le banc des accusés du CPI ?

 

Ce qu’il y a de plus positif : l’entrée en scène de la Cour pénale internationale.

Russie

 

Septante ans après l’agression hitlérienne contre l’URSS, cet anniversaire suscite deux types de réaction extrême en Europe de l’Est : en Russie, de nouveaux efforts pour réhabiliter Staline comme incarnation du patriotisme russe, alors que nul ne devrait ignorer qu’il fut complètement pris au dépourvu par la liquidation du pacte germano-soviétique d’août 1939, ce qui contribue à expliquer les premiers désastres de l’Armée rouge.

 

 

 staline01.jpg

Staline réhabilité ?

 

En Ukraine occidentale et dans les pays baltes, pour les milieux les plus nationalistes, à l’opposé, une « neutralisation »scandaleuse de ce que fut l’agression nazie, l’ennemi naturel demeurant le « bolchevisme ».

Toujours la confusion entre les peuples et les régimes !

 

R.F.

 

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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 21:43

Royaume Uni : l’austérité coûte plus cher qu’elle ne rapporte !

 

Une lettre du cabinet du secrétaire d'Etat britannique aux collectivités locales, Eric Pickles, met en garde le premier ministre David Cameron sur les effets de son plan d'austérité. D'après ce document, la volonté des Tories de plafonner les aides sociales à 500 livres par semaine et par famille pourrait mettre à la rue 40.000 familles.

 

Eric-Pickles-London-Brita-007.jpg

 David Cameron et son secrétaire d'Etat Eric Pickles sont quelque peu inquiets...

  

Une économie estimée à £ 270 millions des aides sociales sera largement absorbée du fait qu’il sera obligatoire, de par la loi, d’aider ces « nouveaux sans-abris ». Le projet était de réduire de moitié la construction de 56.000 logements sociaux d’ici 2015. Or, ces 40.000 familles qui ne disposeront plus de l’aide aux logements et qui ne pourront trouver de logements sociaux, seront incapables de continuer à payer leur loyer et se retourneront contre les collectivités locales qui seront contraintes d’intervenir.

Résultat : l’économie estimée se transformera en dépenses supplémentaires, avec une augmentation de la pauvreté des familles et de celle des enfants !

Il est clair, une fois de plus, que ces plans d’austérité n’ont pas pour premier objectif des « économies », ou le « redressement des finances publiques », mais cachent mal l’intention idéologique de détruire l’Etat social.

PV

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 22:45

 

L’actuelle crise de la dette souveraine qui touche en premier lieu la Grèce et qui va sans nul doute, dans les semaines à venir, frapper le Portugal, l’Espagne, l’Irlande et l’Italie, pour ensuite s’étendre à la France et à la Belgique, s’est aggravée par la non-Europe.

 

 

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Fortis, dans la tourmente, aurait dû être "européanisée".

 

 

 

Lors de la crise financière de 2008, on a vu une Commission européenne aux abonnés absents. Chaque Etat s’est « débrouillé » avec ses banques sans qu’il n’y ait aucune solidarité au niveau de l’Union européenne. Lors de l’affaire Fortis, Didier Reynders, le très néolibéral ministre des Finances du Royaume de Belgique, a refusé d’envisager l’idée d’une nationalisation. Certes, cela aurait comporté un risque sérieux pour les finances publiques belges, mais c’eût été une solution bien préférable à celle de brader la plus grande banque belge à la Française BNP-Paribas qui est devenu ainsi la plus grande banque européenne, au détriment de l’Etat belge qui y détient une part importante de capital, mais qui ne participe en rien au processus de décisions dans cet organisme financier. Ce n’était pas une nationalisation, ce fut une privatisation au détriment du contribuable belge.

 

 

La responsabilité des banques

 

 

Or, dans cette crise bancaire, il eût été bien plus judicieux d’européaniser le secteur bancaire, du moins celui des grandes banques, dans deux buts : assurer à la puissance publique européenne un contrôle du secteur financier qui aurait permis d’éviter toutes les dérives, et en outre, de construire une puissance financière qui aurait pu constituer une arme très efficace dans l’économie mondiale.

 

 

Nous retrouvons les mêmes erreurs dans l’actuelle crise de la dette souveraine. Non seulement, par la faute des banques, la dette publique devient insupportable, et par la faute d’une direction néolibérale et antidémocratique, sont imposés des plans d’austérité qui détruisent l’Etat social, qui empêchent toute relance de l’économie par le blocage de fait de tous les investissements. Ainsi, les exportations et le marché intérieur européen sont durement touchés. Il est évident que tout cela est voulu et participe d’un objectif politique : imposer le néolibéralisme dans l’Union européenne.

 

 

 

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L'allemand Joschka Fischer, ancien ministre Vert des affaires étrangères

 

 

 

Joschka Fischer, l’ancien ministre écologiste allemand des affaires étrangères du gouvernement Schröder (1995 – 2008) fait cette analyse : « Les banques ont une grande responsabilité dans la crise financière. En 2009, j'étais favorable à une nationalisation temporaire des banques. Non pas que les banques publiques soient mieux gérées que les banques privées, mais pour les forcer à modifier radicalement leur structure, et à changer leurs dirigeants. Nos dirigeants ont laissé passer cette occasion unique de réguler le système financier. Désormais, le casino a rouvert... Si la Grèce fait faillite, nous aurons une nouvelle crise financière, et ce sera sans doute encore aux Etats de payer, car les banques sont malheureusement redevenues “too big too fail”. » (Mediapart – 1er juillet 2011)

 

 

 

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Eva Joly, la candidate EELV, une analyste rigoureuse

 

 

 

Pourtant, nous nous trouvons dans une situation inquiétante. Non seulement, la crise bancaire commencée en 2008 et qui se poursuit aujourd’hui avec la crise de la dette souveraine, a provoqué une hausse moyenne de 20 % de la dette publique de l’ensemble des Etats membres de l’Union, mais, selon la parlementaire européenne écologiste, Eva Joly : « L'endettement grec est de 300 milliards, soit 150% du PIB. Les Grecs ne peuvent pas faire face. Ils doivent donc refuser le plan tel qu'il est annoncé, parce qu'il est injuste, et parce que les conséquences politiques de cette politique d'austérité sont ingérables. Les Grecs ont déjà eu une réduction des salaires de 20%. Beaucoup de salariés gagnent 600 euros aujourd'hui. Environ 40% de la population ne peut plus payer l'électricité. Les limites sont atteintes. » Que va-t-il donc se passer ?

 

 

Une Europe à droite

 

 

Le Parlement européen et la Commission européenne n’ont jamais été aussi à droite depuis la fondation de la Communauté européenne en 1958 ! Le rapport de force est donc favorable aux thèses ultralibérales qui s’inscrivent dans l’orthodoxie monétaire inscrite dans les traités. La politique monétaire est uniquement anti-inflationniste, point à la ligne. La Banque centrale européenne (BCE) ne peut prêter aux Etats-membres. Le Conseil des Ministres des Finances de l’UE s’oppose à toute restructuration de la dette grecque. C’est l’impasse ! Nous en sommes au troisième plan de « sauvetage » de la Grèce depuis un an et au deuxième programme d’austérité et rien ne garantit que la patrie de Périclès pourra s’en sortir, les deux premiers plans n’ayant qu’aggravé la situation.

 

 

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Sarkozy et Merkel : les fossoyeurs de l'Europe

 

 

Or, ce blocage est dû, non pas à « l’Europe », mais à l’obstination de deux leaders : Sarkozy et Merkel. Fischer ajoute : « C'est à ces deux gouvernements [le Français et l’Allemand] qu'il revient désormais de sauver tout ce que nous avons réalisé en Europe ces 60 dernières années. Si l'euro échoue, le coup porté à tout ce qui a été construit, au marché commun, à la politique agricole commune, sera très lourd. Si l'on renationalise les politiques européennes, alors les contradictions entre les différentes économies risquent de resurgir. Les économies les plus faibles chercheront à se protéger. Nos différences culturelles risquent d'être instrumentalisées à des fins politiques. Aujourd'hui, le rebond de l'Europe dépend de nos deux pays. Malheureusement, ni la France ni l'Allemagne ne semblent se soucier de retisser une perspective commune... »

 

 

Vite, une politique !

 

 

Autrement dit, le blocage est dû à la non-Europe. Ce sont les deux puissants Etats membres de l’Eurozone qui mènent la danse au plus grand profit de la haute finance européenne. Il n’y a aucune solidarité européenne. On remarque que la Commission est étrangement silencieuse sur le processus de décision, mais dès que celle-ci est prise, elle l’applique avec zèle. Un bon petit chienchien, cette Commission ! Bien sûr, la non-solidarité est inscrite dans les Traités. Ainsi, la BCE ne peut prêter à des Etats. Pourtant, elle a bien été obligée de le faire. Junker, le Premier ministre luxembourgeois et Président de l’Eurogroupe, plaide pour la création d’Euro-obligations ou « Eurobons ». C’est aussi interdit par les Traités. Pourtant, rien n’empêche de violer ces dispositions. Après tout, un Traité est le fruit d’un compromis à un moment donné. Lorsque les circonstances changent, il faut bien être pragmatique et changer les choses, avant de les figer dans des textes qui définissent non pas des règles fondamentales, mais une politique.

 

 

Les néolibéraux ont voulu que les Traités inscrivent leur credo politique en lettres d’or. Eh bien ! Fi des Traités et agissons dans l’intérêt des peuples ! De toute façon, les faits rendent impossible le respect de ces règles. C’est une faillite retentissante des politiques néolibérales. Un petit exemple : un article du banquier belgo-américain, Georges Ugeux, extrait révélateur de son blog hébergé par « le Monde » :

 

 

« Le rendement des obligations grecques a augmente de 12% ce vendredi.

Je dois à un des commentateurs de ce blog d’avoir trouvé sur Bloomberg un graphique qui, pour moi résume d’une manière frappante la manière irresponsable dont la Commission Européenne, la Banque Centrale Européenne et le Fonds Monétaire International ont gère la crise grecque. Il y a un an, les obligations à trois ans de la Grèce avaient un rendement de 8%. Ce rendement est maintenant de 30%. Le cout théorique de cette hausse dépasse 100 milliards d’euros.

Nous voici maintenant acculés à des solutions qui proviendront de la poche des contribuables de l’Eurozone. Tout cela aurait pu être évité si nous avions à la tête des Etats Européens et des autorités internationales de vrais dirigeants qui assument leurs responsabilités.

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Rendement des obligations grecques a trois ans au cours des douze derniers mois (en pourcentage) - (graphique Bloomberg)

 

Quant au changement de cabinet grec c’est du placebo qui visait a écarter le Ministre grec des Finances et à le remplacer par le Ministre qui « protégeait » les dépenses militaires qui sont les plus élevés par rapport au Produit national Brut de tous les pays européens…sans doute pour répondre a une invasion turque !

Dans ce contexte, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy annoncent qu’ils veulent une solution rapide. Cette hypocrisie est d’autant plus scandaleuse que c’est leur mésentente sur le dossier grec qui est à la source de l’incapacité européenne de décider. Ils ont la clé de la solution.

Leur déclaration d'accord n'a pas empêché les obligations grecques de continuer à s'enliser. Seules des actions concrètes permettront de sortir de cette souricière. Cette nuit, l'agence de notation Moody's, annonce une baisse possible de la note de l'Italie. »

*

 

Notons au passage qu’une des causes de l’endettement de la Grèce vient de ses dépenses excessives en matière de défense. Le journaliste québécois Oscar Fortin écrit dans le « Grand Soir » : « De 2005 à 2008, la Grèce a doublé la valeur de ses emprunts pour payer des armes dont elle n’avait pas besoin. Selon une recherche conjointe de juges grecs et allemands, les vendeurs d’armes ont utilisés la corruption pour s’assurer la collaboration d’importants hommes politiques, de fonctionnaires et de chefs militaires. L’argent emprunté pour acheter ces armes vient des mêmes pays d’où proviennent les armes, soit les États-Unis, la France et l’Allemagne. De 2005 à 2008, les prêts consentis à la Grèce pour l’ensemble de ses obligations ont atteints la somme astronomique de 160 000 millions de dollars. Pour un pays de 11 millions d’habitants c’est peu dire.

 

Avec cet argent la Grèce a amplement de quoi payer la facture de 3 milliards de dollars en hélicoptères de combat français, 2 milliards en avions de combat étasuniens, plus ou moins le même montant pour les avions Mirage français et presque le triple en sous-marins allemands.

 

Ce ne sera qu’à partir de 2009 que la Grèce commencera à avoir des difficultés de paiement pour couvrir ses achats d’armes et ce sera à ce moment que l’Union Européenne se montrera préoccupée. D’ailleurs, c’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le débat récent entre l’Allemagne et la Banque Centrale Européenne portant sur la meilleure manière d’aider la Grèce à honorer ses paiements sur la dette qui l’accable. Dans ces discussions on parle beaucoup plus de coupures dans les programmes sociaux que de ceux sur les armements. (…) Comment, dans pareil contexte, ne pas voir un parallèle avec ce qui s’était passé en Argentine à la fin des années 1990 et 2000 ! Y a-t-il derrière un tel procédé une stratégie de l’endettement visant à prendre le contrôle de pays et même de peuples entiers ? Cette stratégie, bien assaisonnée par la corruption des principales têtes dirigeantes, ne permet-elle pas, tout à la fois, la prise de contrôle d’un État et les ressources nécessaires destinées à leurs propres industries ? »

 

Il est évident que cette question de la dette s’inscrit dans une stratégie globale d’affaiblissement des Etats. L’Etat grec était faible avant cette crise : rien n’a été fait pour le redresser et lui donner la possibilité de construire une économie moderne, depuis la chute de la dictature des colonels – encore une fois, la non-Europe – et on s’aperçoit que la corruption, de phénomène social, devient une arme stratégique. Les impôts ne sont pas levés. Les couches élevées ne le dispensent pas, l’Eglise orthodoxe, principal propriétaire immobilier, ne paie pas l’impôt. Cette situation est intenable, d’autant plus que la Grèce n’a aucune ressource économique propre en dehors du tourisme.

 

Une pagaille inextricable

 

Cependant, cette stratégie conduit à une pagaille inextricable ! Et en agissant en « nationaux », Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ne font qu’aggraver la situation au seul profit des banques.

 

 

 

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Draghi et Lagarde au service de l'ultralibéralisme

 

 

 

La BCE et les banques ne veulent en aucun cas d’une restructuration de la dette grecque. Et il ne faudra pas s’attendre à une position plus souple de cette banque depuis la nomination de Draghi en remplacement de Trichet et celle de Lagarde en lieu et place de DSK. De plus, Sarkozy et Merkel s’opposent à la seule proposition responsable émise depuis le début de cette crise, celle de Junker : la création d’euro-obligations par la BCE. En effet, s’il y avait une solidarité européenne en « européanisant » les dettes souveraines, par la création d’euro-obligations à taux d’intérêt raisonnables, au lieu de laisser faire les « marchés » (voir le graphique Bloomberg dans l’encadré : on atteint pour les obligations grecques à 3 ans, des taux de 28 % !) qui permettraient une restructuration sans trop de douleur de la dette grecque, on sortirait de cette crise. C’est d’ailleurs la seule solution et bien des responsables politiques, même libéraux, sont persuadés que l’on ne pourra pas faire autrement. Le « TINA » (There Is No Alternative) se retourne contre les ultralibéraux en quelque sorte !

 

 

 

La force populaire

 

 

Cela dit, il est évident que les mouvements populaires et citoyens que l’on voit naître un peu partout en Europe, des « indignés » aux différentes mouvances syndicales, mutuellistes, altermondialistes commencent à constituer une force importante. Ils devront profiter de cet échec majeur des néolibéraux comme levier pour instaurer de réels changements. Et ces changements, ce sont une régulation financière notamment par l’introduction d’une taxe sur les transactions financières (la taxeTobin) qui est comme par hasard sérieusement étudiée par la Commission, c’est l’instauration d’une harmonie fiscale dans l’Union, au moins dans l’Euro-zone, c’est une autre conception de la monnaie unique, avec une BCE, institut d’émission placée sous contrôle démocratique, c’est l’éradication du dumping social qui provoque les délocalisations au sein même de l’Union au profit de l’Allemagne et de ses « colonies » d’Europe de l’Est, par la fixation des minimas sociaux en matière de salaire, d’allocations sociales et de pensions. Tout cela ne pourra se faire que démocratiquement, en fondant un gouvernement économique ET social responsable devant le Parlement européen, la Commission étant soit supprimée ou réformée en direction administrative. Seuls, le gouvernement européen et le Parlement doivent avoir le pouvoir réglementaire. Voilà quelques idées émises par des responsables politiques lucides et les mouvements alternatifs.

 

Ainsi, sortira-t-on de la non-Europe.

 

 

Pierre Verhas

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