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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 09:43

 Adresse de contact : fal.roberty@skynet.be

 

La Grèce et l’Europe des hypocrites…

 

Georges Papandréou, de la dynastie du même nom, est fils et petit fils de Premier ministre. Pur produit des hautes écoles anglo-saxonnes, il est arrivé au pouvoir en 2009, pour son malheur et celui du Pasok. Comment peut-on se  réclamer d’une pensée socialiste et opter pour une politique qui sacrifie, aux intérêts des possédants, les plus faibles, les plus démunis ? Et qui, au reste, est vouée à l’échec, avec la Banque centrale européenne dans le rôle du père fouettard ? Cette politique plonge la Grèce dans une récession sans fond.

 

Donc la dette grecque, un peu plus tôt, un peu plus tard, devra être restructurée.  La chancelière allemande a commencé de le comprendre, qui aurait souhaité une participation obligatoire des banques au plan de sauvetage actuel, au moins sous la forme d’un allongement des échéances. Mais la terreur panique de ses partenaires face aux marchés financiers et l’exposition des banques au risque grec amène l’Union –en fait la non Europe – a préférer l’habituel bricolage financier, impliquant à peine le secteur bancaire, responsable de la crise de 2008, sur une base dite volontaire.

 

Certes, les précédents gouvernements grecs, de gauche comme de droite, sont responsables de comptes budgétaires truqués, de la fraude fiscale, de l’impéritie administrative. Et on s’interroge sur le caractère « socialiste » des plans d’austérité face aux privilèges de l’Eglise orthodoxe et aux combines des armateurs pour éluder l’impôt. Au lieu de cela : sacrifice de la fonction publique, privatisation à tout va !

 

Mais que d’hypocrisie de la part des dirigeants européens ! Quand ils ont admis la Grèce dans la zone euro, c’était les yeux fermés sur ses comptes ? Ceux d’autres pays, comme l’Italie, sont-ils plus nets ? La dette cachée n’est-elle pas universelle ? (1).

 

C’est début 2010 qu’il fallait aider directement la Grèce à ne pas s’engager dans la spirale d’un endettement à taux usuraires ! L’attitude allemande, en particulier, a fait perdre un temps précieux.

 

 Rappelons une fois de plus qu’une monnaie unique sans euro-obligations uniques est une aberration, qui devait forcément amener les marchés à spéculer sur les maillons les plus faibles.

 

Un Etat en cessation de paiement, cela signifie certes des troubles graves. Mais qu’on ne nous présente pas cela comme l’Apocalypse. L’Argentine est passée par là fin 2001,  et son défunt président Kirchner, par après, mena de dures négociations avec des créanciers qui, pour ne pas tout perdre, finirent pour la plupart par accepter une décote allant jusque 50%. Voilà un exemple qui ne risque pas d’inspirer un Papandréou…

Depuis la crise de 2008, la preuve est faite qu’on ne peut en sortir ni par les recettes keynésiennes d’urgence, ni par le retour aux « lois » du marché, celles du libéralisme économique. Depuis trois ans, les « sommets » d’hommes d’Etat n’ont procédé à aucune régulation en profondeur de la sphère financière.  D’ailleurs la plupart d’entre eux ne sont rien d’autre que des représentants personnels des intérêts capitalistes.

 

 La gauche doit réhabiliter le dirigisme en économie, et choisir la voie fiscale - dans la justice sociale- pour faire face au problème général de la dette publique.

Solidarité totale avec les protestataires grecs !

   

Robert Falony

 

(1) .Le jeudi 22 septembre, un débat : « Dette publique : qui doit payer ? » aura lieu à la Mutualité socialiste, salle « Sacco et Vanzetti » rue du Midi (rue des Moineaux, 17-19) organisé par notre club en association avec les FPS.

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 09:02

Référendum

 Le peuple italien a été on ne peut plus clair : un taux de participation à trois référendums d’initiative populaire sans précédent : 57 % (Tout l’après-midi, les médias annonçaient pas plus de 40 %... Révélateur, non ?), un non « franc et massif » aux trois questions : le nucléaire, l’immunité judiciaire du grand amateur de soirées « Bunga Bunga » et la privatisation de l’eau.

 

Les mêmes médias ont insisté sur les deux premières et on passe aux pertes et profits le refus de la privatisation de l’eau. Révélateur, non ?

 

Charles Michel : à droite toute !

 

Que le rejeton de « Big lou lou », le grand organisateur d’élections démocratiques au Congo, préfère la droite, rien de plus logique ! Qu’il exige un « programme de gouvernement libéral » (interview au Soir du 14 juin 2011), là, il oublie un petit détail : les libéraux au Sud et au Nord du pays ont perdu les élections…

 

Cependant, il ne faut pas se gausser. Avec l’appui de la Commission européenne qui veut casser le modèle social (sa dernière trouvaille : le SMIC en France est « trop généreux ») et de la droite flamande qui va bien au-delà du VLD, il risquerait d’y arriver…

 

Grèce : un appel

 

Au moment où les agences de notation abaissent une fois de plus la note de la Grèce pour provoquer sa faillite, Mikis Theodorakis, le poète et militant politique grec bien connu des militants de la gauche des années soixante, septante, lance un appel aux Européens qui ne va pas tout à fait dans le sens de la pensée unique imposée par « les marchés ». Voici.

 

 Aux citoyens indignés de Grèce et d'Europe

 

« Nous saluons les dizaines de milliers, voire les centaines de milliers de nos concitoyens, jeunes pour la plupart, qui se sont rassemblés sur les places de toutes les grandes villes pour manifester leur indignation à l’occasion de la commémoration du mémorandum (accord cadre signe entre le gouvernement grec, l’UE, le FMI et la BCE, en Mai 2010 et renouvelé depuis régulièrement), demandant le départ du gouvernement de la Honte et de tout le personnel politique qui a géré le bien public, détruisant, pillant et asservissant la Grèce. La place de tous ces individus n’est pas au Parlement, mais en prison.

Nous saluons les premières Assemblées générales qui se déroulent dans les centres de nos villes et la démocratie immédiate que s’efforce de découvrir le mouvement inédit de notre jeunesse. Nous saluons les travailleurs de la fonction publique qui ont entrepris manifestations, grèves et occupations pour défendre un Etat qui, plutôt que le démantèlement prévu par le FMI, a désespérément besoin d’une amélioration et d’une réforme radicales. Par leurs mobilisations, les travailleurs de l’Hellenic Postbank, de la Régie nationale d’électricité et de la Société publique de loterie et de paris sportifs défendent le patrimoine du peuple grec qu’entendent piller les banques étrangères, par le truchement de leur gouvernement fantoche à Athènes.

Le pacifisme exemplaire de ces manifestations a démontré que lorsque la police et les agents provocateurs ne reçoivent pas l’ordre d’intervenir, le sang ne coule pas. Nous appelons les policiers grecs à ne pas être les instruments des forces obscures qui tenteront certainement, à un moment donné, de réprimer dans le sang les jeunes et les travailleurs. Leur place, leur devoir et leur intérêt est d’être aux côtés du peuple grec, des protestations et des revendications pacifiques de celui-ci, aux côtés de la Grèce et non des forces obscures qui dictent leur politique au gouvernement actuel.

Un an après le vote du mémorandum, tout semble attester son échec. Après cette expérience, on ne peut plus s’autoriser la moindre illusion. La voie qu’a emprunté et continue de suivre le gouvernement, sous la tutelle des banques et des instances étrangères, de Goldman Sachs et de ses employés européens, mènent la Grèce à la catastrophe. Il est impératif que cela cesse immédiatement, il est impératif qu’ils partent immédiatement. Jour après jour, leurs pratiques révèlent leur dangerosité pour le pays. Il est étonnant que le procureur général ne soit pas encore intervenu contre le Ministre de l’Economie et des Finances, après les récentes déclarations tenues par ce dernier sur l’imminence de la faillite et l’absence de ressources budgétaires. Pourquoi n’est-il pas intervenu suite aux déclarations du président de la Fédération des patrons de l’industrie et de la commissaire européenne grecque Mari Damanaki sur une sortie de l’euro ? Pourquoi n’est-il pas intervenu contre le terrorisme de masse avec lequel un gouvernement en faillite, sous le diktat de la Troïka [UE - FMI - BCE], tente une nouvelle de fois d’extorquer le peuple grec ? Par leur catastrophisme, leurs allusions tragiques et tout ce qu’ils inventent et déblatèrent pour effrayer les Grecs, ils ont réussi à humilier le pays dans le monde entier et à le mener réellement au bord de la faillite. Si un chef d’entreprise s’exprimait de la même façon que le fait le Premier ministre et ses ministres lorsqu'ils parlent de la Grèce, il se retrouverait immédiatement derrière les barreaux pour malversation grave.

Nous nous adressons aussi aux peuples européens. Notre combat n’est pas seulement celui de la Grèce, il aspire à une Europe libre, indépendante et démocratique. Ne croyez pas vos gouvernements lorsqu’ils prétendent que votre argent sert à aider la Grèce. Ne croyez-pas les mensonges grossiers et absurdes de journaux compromis qui veulent vous convaincre que le problème est dû soi-disant à la paresse des Grecs alors que, d’après les données de l’Institut statistique européen, ceux-ci travaillent plus que tous les autres Européens !

Les travailleurs ne sont pas responsables de la crise ; le capitalisme financier et les politiciens à sa botte sont ceux qui l’ont provoquée et qui l’exploitent. Leurs programmes de « sauvetage de la Grèce » aident seulement les banques étrangères, celles précisément qui, par l’intermédiaire des politiciens et des gouvernements à leur solde, ont imposé le modèle politique qui a mené à la crise actuelle.


Il n’y a pas d’autre solution qu’une restructuration radicale de la dette, en Grèce, mais aussi dans toute l’Europe. Il est impensable que les banques et les détenteurs de capitaux responsables de la crise actuelle ne déboursent pas un centime pour réparer les dommages qu’ils ont causés. Il ne faut pas que les banquiers constituent la seule profession sécurisée de la planète !

Il n’y pas d’autre solution que de remplacer l’actuel modèle économique européen, conçu pour générer des dettes, et revenir à une politique de stimulation de la demande et du développement, à un protectionnisme doté d’un contrôle drastique de la Finance. Si les Etats ne s’imposent pas sur les marchés, ces derniers les engloutiront, en même temps que la démocratie et tous les acquis de la civilisation européenne. La démocratie est née à Athènes quand Solon a annulé les dettes des pauvres envers les riches.Il ne faut pas autoriser aujourd’hui les banques à détruire la démocratie européenne, à extorquer les sommes gigantesques qu’elles ont elle-même générées sous forme de dettes. Comment peut-on proposer un ancien collaborateur de la Goldman Sachs pour diriger la Banque centrale européenne ? De quelle sorte de gouvernements, de quelle sorte de politiciens disposons-nous en Europe ?

Nous ne vous demandons pas de soutenir notre combat par solidarité, ni parce que notre territoire a été le berceau de Platon et Aristote, Périclès et Protagoras, des concepts de démocratie, de liberté et d’Europe. Nous ne vous demandons pas un traitement de faveur parce que nous avons subi, en tant que pays, l’une des pires catastrophes européennes aux années 1940 et nous avons lutté de façon exemplaire pour que le fascisme ne s’installe pas sur le continent.

Nous vous demandons de le faire dans votre propre intérêt. Si vous autorisez aujourd’hui le sacrifice des sociétés grecque, irlandaise, portugaise et espagnole sur l’autel de la dette et des banques, ce sera bientôt votre tour. Vous ne prospérerez pas au milieu des ruines des sociétés européennes. Nous avons tardé de notre côté, mais nous nous sommes réveillés. Bâtissons ensemble une Europe nouvelle ; une Europe démocratique, prospère, pacifique, digne de son histoire, de ses luttes et de son esprit. Résistez au totalitarisme des marchés qui menace de démanteler l’Europe en la transformant en tiers-monde, qui monte les peuples européens les uns contre les autres, qui détruit notre continent en suscitant le retour du fascisme. »

Le Comite Consultative du Mouvement de Citoyens Indépendants. « L’ Etincel » (*)

Athènes, 26 Mai 2011
(*) Créé à l’initiative de Mikis Theodorakis

 Lundi 13 Juin 2011

Mikis Theodorakis

 

 

 

 

 

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 10:14

 

Ce titre peut en étonner plus un, mais des évidences s’imposent.

 

L’attaque en piqué de la Commission européenne contre le système belge d’indexation ne fait certes que relayer les positions connues de l’OCDE  ou du FMI, mais elle vise directement à influencer, dans le sens le plus libéral, les négociateurs de l’hypothétique nouveau gouvernement. Certes, il y a eu une saine réaction de Laurette Onkelinx, voire du formateur lui-même, mais la pression est de toute évidence sur le PS.

 

 laurette_onkelinx.jpg

Laurette Onkelinx défend avec vigueur le système

d'indexation des revenus du travail.

 

Puis, il y a l’escalade des chiffres : le montant à « trouver » pour en arriver à un budget vertueux passe soudain à 22 milliards d’euros, dixit un comité de monitoring (composé de hauts fonctionnaires et autres « experts ») qui, comme par enchantement, substitue ce montant à celui du bureau du Plan. La conjoncture, personne ne sait comment elle va évoluer. Mais il faut continuer à prendre pour argent comptant, si on ose dire, les prévisions, si lucides par le passé ! , des « experts »… en dumping social.

 

La collusion du MR avec la droite flamande est de plus en plus patente. De Croo le fils  veut limiter les allocations de chômage à deux ans maximum, ce n’est pas ça qui peut gêner les libéraux francophones !

 

On assiste à un ensemble de petites manœuvres qui visent à tisser la toile d’un pré programme de gouvernement dans laquelle la direction du PS serait engluée, et qui convienne jusqu’à  la NVA, sans qu’on sache si celle- ci ne choisira pas finalement l’opposition, après avoir bien balisé le terrain en faveur de la réaction néo-libérale !

 

Sur ce blog, et surtout depuis l’échec de Vande Lanotte, on n’a jamais compris pourquoi il faudrait embarquer absolument le parti nationaliste flamand. Pour « sauver la Belgique » ? En sacrifiant les intérêts des travailleurs tant wallons que flamands à la gloutonnerie du grand capital ? Et lorsque le formateur dit que « tout le monde devra contribuer », est-ce que ce « tout le monde » englobe les petits salaires, les chômeurs, toux ceux qui tirent le diable par la queue ? Ou bien on parle d’une charge fiscale accrue pour ceux qui peuvent fort bien la supporter ?

 

 di-rupo_perplexe.jpg

Elio Di Rupo doit "mettre le pied dans la porte".

 

Il n’a pas échappé au président du PS que le corps électoral portugais, après celui d’Espagne, a durement désavoué une social-démocratie toujours adepte d’un illusoire moindre mal. Car la vraie « crise » est sans doute devant nous. Le PS en Belgique a encore la capacité de « mettre le pied dans la porte », en front avec les syndicats et ce qui subsiste de gauche politique flamande. Qu’il le fasse !        

 

Jean Lafont.

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 09:52

Le feuilleton DSK

 

L’affaire Strauss-Kahn s’est transformée en un feuilleton à succès. On connaît cette série télévisée américaine dont le héros était un avocat du nom de Perry Meson, lequel pulvérise toutes les charges de l’accusation et blanchit, à chaque épisode, des accusés qui paraissaient indéfendables… Le rôle sera tenu par l’avocat Benjamin Brafman, comme son nom l’indique…

 

 DSK_proces_06_juin.jpg

DSK et ses avocats. A droite, Benjamin Brafman.

 

   

Il semblerait que la défense va plaider que la femme de chambre guinéenne était en réalité une mercenaire (africaine) soudoyée par Kadhafi pour déstabiliser le FMI…

 

 

 DSK-femmes_de_menage.jpg

Les femmes de ménage new yorkaise expriment leur indignation

à l'égard de DSK.

 

Castor

 

La leçon

 

Je serai mort avant d'avoir un cancer ! », déclare Yasuteru Yamada qui, à 72 ans, a levé une armée de 270 bénévoles retraités pour nettoyer le site nucléaire de Fukushima-Daichii, dévasté par le séisme et le tsunami du 11 mars dernier dans le nord-est du Japon.

 

 

 yasuteru_yamada.jpg

Yasuteru Yamada exposant son projet aux vétérans

 

Cette assemblée d’ingénieurs retraités s’est réunie afin de se porter volontaire pour assainir les réacteurs 2 et 3 de la centrale de Fukushima. Ces hommes estiment que c’est à leur génération d’assumer la politique nucléaire qu’ils ont soutenues, « consciemment ou non ». Ils ont proposé à TEPCO (Tokyo Electric-Power Company) de remplacer les jeunes travailleurs qui s’exposent quotidiennement aux conséquences mortelles des radiations afin d’arrêter le processus de fusion des barres de combustible dans lesdits réacteurs.

 

 fukushima_etat_actuel.jpg

 Situation actuelle à la centrale de Fukushima

 

 

 Cette proposition a bien sûr été refusée par les « responsables » de TEPCO. Ils ne peuvent tolérer un tel geste qui remettrait fondamentalement en question le « système ».

 

 

TEPCO_Masataka_Shimizu.jpg

 

L'arrogance de Masataka Shimizu,le patron de la société privée

TEPCO qui a osé demander l'aide financière de l'Etat japonais.

 

Par contre, Yasuteru Yamada a été reçu lundi par le ministre du Commerce, Banri Kaieda, dont les services chapeautent l'Agence japonaise de sûreté nucléaire (Nisa), et qui a paru à l'écoute de son idée d'un corps de bénévoles. En effet, la classe politique japonaise qui est une véritable gérontocratie, s’est montrée particulièrement passive, indécise, sans courage, en cette affaire. Voilà donc des « vieux » qui lui donnent la leçon. Aussi, ils ne peuvent rejeter cette proposition des vétérans du nucléaire. Cela ternirait encore plus la réputation des politiques !

 

Ces vétérans se sont organisés en deux groupes, le premier souhaitant s’occuper de la centrale nucléaire, le second procédera au nettoyage des maisons d’Iitate, localité située à une dizaine de kilomètres à l’extérieur de la zone interdite d’un rayon de 20 km autour de la centrale de Fukushima, où règne un taux de radioactivité très important.

 

Une initiative citoyenne telle que celle-ci est sans doute la meilleure stratégie contre le « système ». S’agit-il d’une mission suicide ? Non, pour ses protagonistes. Ils estiment que leur espérance de vie – dix à quinze ans – est inférieure à la période d’incubation d’un cancer dû à l’irradiation. Pourtant, « Selon les situations, une mission suicide pourrait se révéler nécessaire », assure Yamada qui ajoute toutefois: « Ce serait, bien sûr, une mesure en tout dernier ressort. Je pourrais me porter volontaire pour semblable mission mais chacun doit décider en son âme et conscience. ». Un Japonais reste un Japonais.

 

PV

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 09:23

Cette lettre se retrouve sur le site http://osons.le.socialisme.over-blog.com

Avec d’autres contributions. Faites le connaître ! Adresse de contact : fal.roberty@skynet.be

 

Comment sortir du bourbier afghan ?

 

Pour certains, le président Obama aurait du demander respectueusement aux autorités pakistanaises de vouloir bien extrader Ben Laden, de sorte que la cible se serait aussitôt envolée. Mais le monde ne fonctionne plus comme cela, n’en déplaise aux professeurs d’un droit international dépassé, aux pacifistes naïfs et aux vieux staliniens mal blanchis.

 

Le Pakistan est un Etat qui naquit au motif du fanatisme religieux. Que dans sa population, affectée par des attentats atroces, tant de foules puissent se sentir solidaires des talibans en dit long sur l’état d’une nation éloignée de tout courant moderniste par le pouvoir militaire, les services secrets et les formations islamistes. Et c’est le Pakistan, aidé à l’époque par la CIA, qui a exporté les talibans en Afghanistan, à la faveur de la  première guerre contre les Russes.

La gauche a un problème avec cette guerre. Elle est partagée entre sa détestation des talibans, une engeance moyenâgeuse, et son refus ordinaire des guerres d’un style néo-colonial, le régime corrompu d’Hamid Karzaï étant censé incarner la démocratie… Rappelons que la Belgique  participe quelque peu aux opérations…

 

Cette guerre, Obama est sans doute le premier à comprendre qu’elle ne sera pas gagnée sur le plan militaire. Il n’est question que de négociations secrètes avec les talibans ou une partie d’entre eux, tandis qu’Hillary Clinton est au Pakistan pour recoller les pots cassés avec l’affaire Ben Laden. Pour la masse des Afghans, les forces de l’Otan sont ressenties comme une occupation étrangère. Comment sortir de ce bourbier sans un vulgaire abandon ?

 

Il faut se souvenir que, lors de leur prise du pouvoir de 1996, les talibans mirent fin aux combats que se livraient les seigneurs de guerre. La paix, c’est, sous ce ciel comme sous les autres, le seul souci de la masse du peuple. On peut imaginer l’effet que produirait sur cette masse la proclamation d’un cessez-le-feu unilatéral, la coalition se limitant alors à riposter face à des attaques dont la partie adverse porterait vite tout le poids de l’impopularité.

 

Pour nombre d’analystes, le problème taliban est d’abord celui de l’ethnie pachtoune, des deux côtés de la frontière. Il faudra donc, d’une manière ou d’une autre,  une issue politique.

 

Soutien au projet d’Etat palestinien !

 

La « révolution arabe » n’est décidément pas une bonne affaire pour la droite sioniste au pouvoir en Israël,  celle qui a liquidé le processus de paix d’Oslo. Elle a entraîné le rapprochement du Hamas et de l’Autorité palestinienne (les deux directions sont affaiblies), et radicalisé le discours d’Obama, qui a osé parler de retour aux frontières de 1967. Et voici que l’Egypte met un terme au blocus de Gaza en rouvrant la frontière sud. Dans le même temps où des Syriens tombaient sous les balles des bourreaux du gang Al-Hassad, des Palestiniens protestataires étaient abattus par la répression israélienne…

 

Reconnaître les frontières de 1967 (bizarrement qualifiées d’indéfendables par Netanyahou, alors qu’Israël a gagné toutes les guerres !), c’est  reconnaître aussi le droit à l’existence d’Israël. Ce n’est pas une nouveauté juridique. Dans cet immense conflit historique, c’est le droit onusien qui devra prévaloir.

 

 Il faut que dans notre pays se manifeste un puissant courant pour un vote positif de la Belgique lors du rendez-vous escompté devant l’assemblée générale des Nations Unies. En négligeant les hésitations, réticences et oscillations de Washington et de la non Europe.

 

Robert Falony

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 20:42

France.

 

Le jugement de la Cour d’appel de Versailles, le 19 mai, jugeant l’entreprise Renault coupable d’une « faute inexcusable » dans l’affaire du suicide,  en octobre 2006, d’un de ses salariés, est d’une haute valeur. Car il pourrait s’appliquer à tous les cas de ce genre, à tous les suicides de travailleurs soumis à un tel stress qu’ils préfèrent en finir avec la vie. Comme tous ceux de France Télécom…

 

 

 renault_suicide.jpg

Entrée de l'usine Renault : gagner péniblement sa vie pour arriver au suicide.

 

Même les juges finissent par être révoltés des abus du « management moderne » dans les grandes entreprises…

 

Renault ? Dans le cadre des grandes manœuvres de blanchissement du passé, on peut mettre en exergue les efforts des descendants de Louis Renault afin de le « réhabiliter » pour sa collaboration  économique avec l’occupant nazi. Le personnage illustrait ce grand patronat qui préférait Hitler au Front populaire. Au fond, il s’agit de condamner la nationalisation de 1944…  

 

DSK.

 

Que dire du déferlement médiatique autour du cas Strauss-Kahn ? Autre chose ! Que la gauche doit cesser de se fabriquer des personnages providentiels, décrétés par les sondeurs comme seuls capables de faire gagner son camp ; des sauveurs, des leaders charismatiques qui relèguent au second plan programmes, débats et idées ; bref, qu’elle se guérisse du culte de la personnalité… Qu’elle joue collectif !

 

 

 dsk_prison.jpg

L'homme "providentiel" tombe souvent de très haut.

 

On nous dit maintenant qu’à la tête du FMI, cet homme était plus « social » que ses prédécesseurs : oui, il était l’incarnation d’une certaine social-démocratie, « Sans nous, ce serait encore bien pire ! ».

 

Que l’on demande l’avis des travailleurs et des chômeurs grecs et portugais !

 

Espagne.

 

Comme prévu, le parti socialiste (PSOE) a payé cash, aux élections municipales espagnoles, sa docilité aux ordres du grand capital international, si bien incarné par la Commission européenne, la BCE et le FMI. Il passe en dessous de 30%, régressant de près de 10 points, et perd ses fiefs de Barcelone et Séville.

 

 

 indignados04.jpg

Los indignados : l'avenir de l'Espagne et bientôt de toute l'Europe ?

 

Le mouvement d’occupation de la Puerta del Sol fera-t-il tache d’huile ? Soutien inconditionnel aux révoltes des victimes de la crise !

 

R.F.

 

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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 18:33

Enseignant et militant syndical, délégué dans un grande école officielle de Charleroi, j’étais bien entendu en grève ce jeudi 5 mai. Bien plus que pour les revendications avancées de manière réductrice par une partie des médias. Je suis comme tant d’autres collègues, habité par un malaise grandissant, qui se nourrit de mois en mois, d’année en année et qui ne concerne pas que des aspects matériels. C’est bien plus que cela et bien plus complexe. Voici en résumé quelques bribes de ce mal être, tel que je le ressens au quotidien…

 

La Belgique fut pendant très longtemps pionnière en matière d’enseignement et de pédagogie. Au sortir de la seconde guerre mondiale et durant les « Trente Glorieuses », elle n’eut de cesse de développer un système éducatif novateur et de plus en plus démocratique. Cette politique exemplaire prit réellement fin au cours des années 1980. En 1989, au moment où la compétence de l’éducation fut régionalisée, elle consacrait toujours quelques 7 % de son produit intérieur brut à l’enseignement. De nos jours la part du produit intérieur brut consacrée à l’enseignement en Communauté Française est de l’ordre de 5 %...

 

Elle semble lointaine l’époque où la Belgique était citée en exemple, où nous faisions figure de « modèle ». Ainsi en Communauté Française, l’écart entre élèves les plus faibles et les plus forts est le plus élevé d’Europe. Cette caractéristique peu glorieuse a été mise mainte fois en évidence par les célèbres enquêtes PISA. Même s’il faut relativiser ces résultats en fonction des régions, certaines obtenant des scores tout à fait honorables, ces enquêtes dressent de notre enseignement un portrait bien peu reluisant. Le plus préoccupant pour l’enseignement en Communauté Française est pour bon nombre d’observateurs, son caractère inéquitable. A bien y regarder, il s’agit d’un échec cuisant pour notre société dite « démocratique ». Et bien entendu, les populations les plus défavorisées paient un lourd tribut dans ce contexte, en soutenant bien involontairement la thèse de la reproduction sociale chère au sociologue Pierre Bourdieu qu’il développa dans deux ouvrages « Les héritiers » et « La reproduction » (1964 et 1970).

 

Un malaise multiforme

 

Le malaise qui frappe nos écoles et plonge ses enseignants dans un profond désarroi est complexe. Il est multiforme :

 

D’abord un manque chronique de moyens qui se traduit par des infrastructures vétustes et un équipement bien souvent dépassé par rapport aux réalités, notamment dans le secteur de l’enseignement technique. Le cadre est souvent insuffisant et beaucoup de collègues se retrouvent avec des classes surpeuplées où il est illusoire d’avoir recours à une pédagogie performante. Comment dans un tel cadre espérer pouvoir prendre en compte les différences entre élèves forts et élèves faibles ? Ce sont bien entendu ces derniers qui sont les plus lésés, n’ayant pas les moyens matériels pour combler les lacunes rencontrées en classe, en faisant appel notamment aux cours particuliers. Certes, des séances de remédiation sont prévues, mais avec un cadre restreint et des demandes spécifiques et particulières de la part des élèves en difficulté, comment pouvoir faire un travail efficace ? La Ministre Simonet  déclare la main sur le cœur que 1200 nouveaux enseignants ont été engagés pour renforcer l’encadrement, mais cela reste insuffisant, au vu de la réalité du terrain…

 

De nombreuses écoles techniques font pâle figure à côté des centres de formation luxueux, mis en place, notamment par le Forem en Wallonie et largement financés par une manne céleste européenne. Dans les classes de travaux pratiques, c’est trop souvent la débrouille… Le sous-financement est vraiment le problème majeur et récurant. Et,  dans une prise de position laïque et « Condorcienne », on peut aussi considérer qu’une part des moyens se dilue dans le maintien de plusieurs réseaux d’enseignement, alors celui-ci devrait avant tout être une affaire d’Etat. Passons outre de ce sujet dérangeant…

 

La pauvreté des moyens

 

La pauvreté des moyens affecte bien entendu d’autres aspects en minant au quotidien l’exercice de notre profession, au point que nous sommes nombreux à ressentir cette situation comme vexatoire. Croire que cela prendra fin dans les prochaines années relève du vœux pieux. Au contraire, deux nouveaux écueils nous  attendent dans les toutes prochaines années : d’une part le transfert de nouvelles compétences du fédéral vers les entités fédérées, cette fameuse réforme de l’état avec seulement 90 % des moyens, 10 % restant dans l’escarcelle du fédéral, si on s’en tient au modèle Vandelanotte » qui servira de base future. D’autre part, l’exigence européenne du retour à l’équilibre budgétaire pour l’exercice 2015. Tout cela n’incite pas à l’optimisme !

 

Une culture de zapping

 

Ensuite, la nature même des publics auxquels nous avons affaire qui est le reflet d’une société de plus en plus en plus complexe, individualiste et superficielle. Il y a cette culture du zapping permanent, où l’on passe d’un programme à l’autre, d’un site internet à l’autre, dès qu’un tant soit peu de lassitude s’installe, et qui entre en collision avec le caractère rigoureux de l’école où le rapport au temps est différent. Il est bien plus facile et satisfaisant pour beaucoup d’élèves de faire appel à Wikipédia et ses approximations que d’entrer dans nos schémas de rigueur et d’esprit critique.  Pour maintenir et capter l’attention des élèves pendant plus d’une heure, il nous faut souvent déployer une débauche d’imagination et si nous ne le faisons pas, la situation peut rapidement dégénérer… Un enseignant qui prend son métier à cœur, remet en question ses matières en les renouvelant, imagine des séquences pédagogiques originales, se retrouve à bout de force aux trois quart de l’année scolaire. S’ajoute à cela un travail administratif considérable, puisque chaque interro, chaque examen – nous parlons « d’évaluations », doit être accolé à une liste complexe de « compétences » à rencontrer. On l’aura compris, un horaire de travail hebdomadaire pour celui qui s’investit comme il le doit dépasse largement les vingt ou vingt cinq heures de terrain. Personnellement, j’estime mon temps de travail à plus de quarante heures par semaine.

 

Un métier précarisé

 

Enfin, il y a l’attrait même du métier et le manque de reconnaissance que nombre de collègues ressentent. Tout cela est lié aux aspects que j’ai développés ci-dessus. Manque de moyens et difficultés de terrain forment un cocktail efficace pour en dégoûter plus d’un. Ainsi, un jeune enseignant qui débute ne peut espérer plus de 1300 Euros mensuels, alors qu’il est détenteur d’un titre supérieur. Il exercera pendant plusieurs années son métier dans la précarité la plus complète puisqu’il sera d’abord intérimaire, puis temporaire, temporaire prioritaire, pour enfin espérer une nomination, et encore pas pour la totalité de ses prestation lorsqu’il peut y prétendre. Sa nomination totale n’interviendra qu’au bout de longues années. Sa situation salariale évoluera bien entendu à la hausse, mais il faudra bien du temps avant qu’elle ne soit considérée comme « confortable ». Le secteur privé, voire même certaines administration peuvent offrir des postes bien plus attrayants à priori. Comment s’étonner que chaque année, ce sont plusieurs centaines de postes qui sont à pourvoir dans nos écoles ? On ne reviendra pas sur l’image désastreuse qui a souvent été véhiculée sur la profession… En tous cas, elle ne concoure pas à susciter les vocations, j’en veux pour preuve le nombre peu élevé d’inscriptions dans les écoles qui forment aux métiers de l’enseignement.

 

En écrivant cet article, je n’ai pas eu la prétention de développer de manière exhaustive les maux qui touche notre secteur. Il faudrait écrire un livre pour cela, tant la situation est complexe. Je veux avant tout souligner que notre malaise dépasse les revendications, augmentations salariales, maintien des aménagements de fin de carrière, qui sont souvent présentées de manière réductrice par une partie des médias. L’enseignement est une des pierres angulaires dans une société démocratique. Le maltraiter et le négliger à ce point équivaut à maltraiter la démocratie elle-même. Puissent nos instances s’en rendre compte !

 

Gilles Durvaux

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 17:01

Amnistie, collabos, révisions...


DISCUSSION ENTRE YVES PIERSAUX (BRUXELLES)

ET JEAN-MARIE CHAUVIER.

 

Eclairage :

 

Cette discussion suit un premier échange de mails personnels dans lesquels Yves Piersaux me reproche de diffuser des points de vue « réactionnaires », à quoi je réponds que j’attends les points de vue « antifascistes » qui ne me parviennent pas. (Je ne parle pas ici des analyses très intéressantes de Bruno Drweski) Il est vrai, ai-je ajouté, que l’antifascisme est discrédité vu ses liens avec le communisme et les positions des institutions européennes qui assimilent communisme et fascisme, un message qui passe largement dans l’opinion publique.

 

Telle est la réalité de l’opinion, y compris « à gauche » (mais kèksèksa, la gauche ?) et je ne « censure » pas, car il faut en prendre conscience !

 

JMC

 

1. Yves Piersaux

 

L'antinazisme selon le texte de P. de Lille serait discrédité parce que communiste. Roosevelt et Churchill étaient donc communistes? A lire son texte, le pronazisme se porte, quant à lui, plutôt bien. Présenter les Sudètes comme victimes des Tchèques (Munich 1938) est quand même relativement hitlérien. Mais qui est censuré ? Aujourd'hui on entend pratiquement plus qu'un seul son de cloche, c'est celui de ce "P. de Lille". Les antifascistes ne disent rien ? Mais toi tu n'es pas antifasciste ? Est-ce qu'il s'agit d'une auto-censure ? Si ce propos P. de Lille est un avis respectable parmi d'autres, est-ce que cela a encore un sens de dénoncer la résurgence du nazisme en Ukraine ?

 

2. Jean-Marie Chauvier

 

Non, "antifascisme" et pas "antinazisme". Churchill et les résistants patriotes étaient contre le nazisme mais pas antifascistes, comme l'étaient les résistants de gauche. Les USA et la GB étaient des puissances impérialistes engagées dans la guerre contre l'Allemagne nazie pour des intérêts géostratégiques et politiques et non par antifascisme. L'URSS de Staline avait d'ailleurs abandonné l'antifascisme (ligne de l'IC) en 1939 et c'est l'agression nazie qui l'a obligé à y revenir, du moins sous forme de "grande guerre patriotique" ce qui n'est pas "antifasciste" au sens strict non plus.

 

La question des Sudètes fait l'objet d'une vaste controverse entre Allemands et Tchèques, dont personne ne parle ici. Il faut admettre que, dans la foulée de la Libération, des violences extrêmes ont été commises contre des populations civiles allemandes. Sudètes, Silésie, Dresde...Sans parler d'Hiroshima et de Nagazaki. Ou du massacre de Katyn. Ce n'est pas être "hitlérien" que de relever ces FAITS historiques. Un peu plus de rationalité, un peu moins d'idéologie et de mythes !

 

Les "antifascistes" ne font que protester et geindre (dont moi), mais c'est totalement en décalage par rapport aux réalités présentes des "révisions" de l'histoire. Il faudrait pouvoir affronter le "conflit des mémoires".

 

L'antifascisme se justifie politiquement, mais ce n'est pas une science. Je n'ai jamais parlé de "résurgence du nazisme en Ukraine", mais bien de résurgence de courants néonazis et néofascistes en Ukraine occidentale (Galicie). Il faut éviter de caricaturer.

 

Tu remarqueras que les jeunes qui étudient (ou s'intéressent à) l'Histoire de nos jours veulent "connaître l'Histoire" et non pas entendre des débats idéologiques et politiquement instrumentalisés "sur" l'Histoire...Cela vaut pour Staline comme pour la guerre et la collaboration. Nous ne sommes plus en 1944, ni même en 1989. Et bien sûr, la disparition de l'URSS et du communisme ont beaucoup changé la donne...Il y a une sorte de "Pensée Unique" qui s'impose, mais on ne peut lui répliquer avec une mythologie

 

(PS. Attention aux malentendus :

 

1. lorsque je parle des Sudètes « victimes », ce n’est évidemment pas lors du dépeçage de la Tchécoslovaquie qui fait suite à Munich 1938. Je parle des expulsions violentes d’Allemands des Sudètes (et d’ailleurs) après la Libération. Manifestement, ces conséquences de la guerre ne sont pas surmontées. J'ai publié dans "L'Etat du Monde" 2011 un aperçu des questions de frontières et de territoires qui risquent d'être à nouveau soulevées. Voir par exemple la droite hongroise qui demande la révision du Traité de Trianon !

 

2. Je répète et j’insiste pour l’Ukraine. Elle n’a pas été globalement « pro-allemande » comme on le dit volontiers. (cf le film "Apocalypse", aux commentaires souvent très simplistes) On estime à 200.000 le nombre de collabos actifs pour une population de plus de 30 millions, et alors que des millions d’Ukrainiens sont dans l’Armée Rouge. Je répète et j’insiste : le fascisme et le néofascisme ukrainiens, de même que la plupart des discours nationalistes qu’on entend aujourd’hui (dont la version modérée de Mykola Riabtchouk que j’ai diffusée) sont enracinés dans une région précise, la GALICIE orientale (Lvov, Ivano-Frankivsk, Ternopol). C’est le point de vue « nationaliste galicien » sur l'Histoire l’Identité Nationale ukrainienne. Ces Galiciens se disent détenteurs de la « vraie » ukraïnité, de la « vraie » langue, et méprisent profondément les autres Ukrainiens (que Riabtchouk appelle « créoles ») Un ouvrage de Riabtchouk est éloquent quant à cette vision "galicienne" de l'Ukraine que l'on dit "nationaliste": "De la Petite-Russie à l'Ukraine", préface d'Alain Besançon. L'Harmattan 2001) (Alain Besançon, idéologue de l'anticommunisme de choc !)

 

3. Yves Piersaux

 

je te remercie pour ta longue réponse très instructive Mais je voudrais faire 2 remarques quant à la forme et au fond

 

1) la forme. Je te félicite pour ton courage d'organiser des débats "ouverts à tous" et "sans censure". Le problème de tels débats dans une société qui méprise le système d'éducation en général et les enseignants en particulier, c'est qu'ils ont tendance à déraper. Ainsi le grand débat sur la laïcité en France qui dérapait vers l'antiIslam primaire. Dans ce cas (P. de Lille) il s'agit manifestement d'un dérapage anti-communiste primaire. Tu as entendu parler de la page facebook pour le grand débat sur la libération de Michèle Martin que son auteur a été obligé de fermer pour cause de dérapages. J'espère que tu ne devras pas te résoudre à suivre le même chemin. En fait ce qui devrait être "ouverts à tous" c'est un système d'enseignement efficace et bien financé avec des professeurs (notamment d'histoire où il y a pénurie)convenablement payés.

 

1) Le fond. Je me rend compte ainsi que tu connais beaucoup mieux l'histoire politique que moi et j'apprend énormément de choses avec tes courriels. Je me demande cependant si l'heure est aux grands débats ou à la reconstruction d'une tendance politique qui a été exterminée, ce qui risque d'être fatal à la démocratie. Il y a aujourd'hui une radicale asymétrie dans le spectre politique. La tendance communiste est éradiquée alors que la tendance droite extrême cartonne un peu partout en Europe. Comme tu le dis l'antifascisme se porte très mal tandis que le profascisme se porte bien. La droite est de plus en plus décomplexée et la gauche de plus en plus complexée. Je pense qu'il faudrait reconstituer le contrepoids si on veut sauver la démocratie.

 

Par ailleurs je comprend parfaitement les nuances entre antifascisme et l'antinazisme. Le problème dans l'ambiance actuelle "Hitler=Staline" c'est que si tu enlèves les "anti", les dérapages conduisent à opposer le fascisme au nazisme. Il y a une sorte de transfert Mussolini-Staline. Tu imagines Yalta avec Roosevelt Churchill et... Mussolini. Et l'Axe avec Staline-Hitler! C'est notamment cela le nouveau révisionnisme. Et il y a pénurie de prof d'histoire dans l'enseignement...

 

bien à toi

 

yves

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 13:54

Pour sortir la Grèce du pétrin…

 

Le FMI, la BCE et la Commission européenne manquent encore d’imagination dans la mise en œuvre de « réformes structurelles » pour redresser les comptes de ce malheureux pays… Tant qu’à privatiser, pourquoi ne pas aller plus loin ?

 

 acropole_tourmente.jpg

On pourrait privatiser l'Acropole, tant qu'à faire...

 

La Grèce est riche en îles, voyez les Cyclades, les Sporades… Pourquoi ne pas en mettre en vente, au profit de riches acquéreurs ?

 

Et pourquoi ne pas mettre sur le marché les forces armées, terrestres, aériennes et maritimes, de l’Etat grec ?  La Turquie pourrait mettre un bon paquet pour acheter tout ça, ce sont quand même deux membres de l’Otan…

 

Le Papandréou (le Pasok au pouvoir semble être la propriété privée de cette illustre famille) serait-il en défaut d’inspiration ?    

 

Le cas Strauss- Kahn…

 

Quels que soient les faits qui se sont déroulés dans cet  hôtel de New York, disons sans ambages que l’élimination de DSK dans la course à l’Elysée est une bonne nouvelle : endosser la politique du FMI ne qualifie pas pour porter les couleurs d’un parti se réclamant du socialisme…

 

 DSK_menotte.jpg

DSK : la fin d'une ambition démesurée

 

Il devait justement être à Athènes !

 

Castor

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13 mai 2011 5 13 /05 /mai /2011 14:15

En Histoire, 140 ans, c’est court. L’espace de trois générations. (Le grand père maternel du signataire était né en 1871…).

 

Bref rappel historique. Durant l’été de 1870, le régime bonapartiste provoque une guerre avec l’Allemagne sous un prétexte futile, guerre qui permet à Bismarck de parachever son œuvre de conquête impérialiste, et d’écraser la France. Le peuple de Paris, qui avait déjà proclamé la République le 4 septembre 1870, et soutenu un long siège face à l’envahisseur, se révolte lorsque le pouvoir exécutif, incarné par Adolphe Thiers, veut enlever ses canons à la garde nationale. Et met fin à un moratoire sur les loyers. L’assemblée nationale est monarchiste, rurale, et est animée par la haine des révolutionnaires.

 

commune.jpg 

La Commune fut réellement démocratique.

 

Dans une lettre de Londres adressée à W. Liebknecht en Allemagne, et datée du 6 avril 1871, Marx, s’il soutient pleinement l’insurrection, constate qu’elle a commis la terrible erreur de se cantonner dans Paris, au lieu qu’elle pouvait d’emblée foncer sur Versailles et empêcher la réaction de regrouper ses forces. (Une autre erreur fut de ne pas mettre la main sur l’argent de la banque de France).

 

Le groupe de l’Internationale, se réclamant du socialisme, était minoritaire dans la Commune. Mais celle-ci, élue démocratiquement début avril 1871, en dépit des circonstances, s’est distinguée en ce sens de la dictature jacobine de 1793-94, qui sauve la Révolution française  avec l’action du Comité de salut public. Et du « centralisme démocratique » du parti de Lénine en 1917, qui introduisit une russification du marxisme, dans les conditions d’un pays arriéré, déviation décelée avec clairvoyance par Rosa Luxembourg. C’est là qu’il faut méditer sur ce cas historique : comment ne jamais séparer la démocratie du socialisme ni le socialisme de la démocratie ?

 

 commune-de-paris.jpg

Commune de Paris : socialisme et démocratie

sont inséparables.

 

 

L’obscure complicité des pouvoirs en place…

 

Versaillais et Prussiens, oubliant « leur » guerre de la veille, furent la main dans la main pour écraser la Commune. Bismarck préférait Thiers à Liebknecht.

 

 commune01.png

Prussiens et Versaillais alliés contre la Commune.

 

On retrouva ce phénomène d’une coalition contre-révolutionnaire des puissances victorieuses de 1918 contre la révolution russe. Jusqu’en 1939, on vit les « démocraties »  occidentales préférer l’ordre établi, même avec un Hitler, plutôt que la mise en question des bases du capitalisme.

 

Et pour puiser un exemple dans l’actualité immédiate, qui peut vraiment douter que la presque totalité des gouvernements arabes, même en répugnant à la personnalité paranoïaque d’un Kadhafi, préfèrent son « ordre établi » à des insurgés dont le seul exemple menace leur propre autorité ?  Tunisie, Egypte, « ça suffit » ? C’est cela que ne comprend pas une fraction de la gauche qui, loin d’être « radicale », a perdu tout sens de l’internationalisme… Il aurait mieux valu que la Ligue arabe, ou l’Organisation de l’Unité africaine  en Côte d’Ivoire, agissent en lieu et place de l’Otan ou de la France. Mais ces deux organismes ont démontré à suffisance leur impuissance et leur paralysie !

 

L’internationalisme d’aujourd’hui, même s’il n’est plus « prolétarien » au sens qu’a eu longtemps ce mot, doit être compris comme une solidarité entière avec les opprimés, avec le soulèvement des masses déshéritées, et dépossédées des libertés démocratiques élémentaires, contre un ordre injuste, variable dans ses formes mais toujours adossé au grand capital mondialisé, aux entreprises multinationales, bref au fric, aux « affaires », aux « intérêts nationaux ».

 

Commémorer la Commune n’est pas folklorique, c’est remonter aux sources vivifiantes du socialisme. Mais la théorie ne suffit pas sans sa mise en pratique…

 

Robert Falony    

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