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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 13:41

La chute du pharaon.

 

Moubarak n’a pas dû voir, comme Moïse, les eaux de la mer Rouge s’ouvrir devant lui.

Il n’a pas du se donner la mort par une morsure de serpent comme Cléopâtre. Et il n’a pas subi le triste sort de son prédécesseur.

 

Hosni_Moubarak.jpg

 

Hosni Moubarak n'est plus assis sur son trône.

 

Charm el Cheikh - comme le nom l’indique ? - est une plaisante station balnéaire connue de la jet set mondiale, encore que pas toujours à l’abri d’une bombe terroriste. Et c’est une zone sous contrôle international…

 

Au fait, il aurait pu carrément se réfugier en Israël, il y compte plein d’amis…

 

Castor

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 13:22

         Pendant les 45 premières années de l’après (IIe) Guerre mondiale, l’ensemble de l’Humanité a été confrontée constamment au face-à-face Est-Ouest, avec comme toile de fond la menace d’un troisième conflit  planétaire, cette fois méga-nucléaire et « suicidaire à l’échelle de l’Espèce ».

 

hiroshima20japan.gif

 

Le champignon nucléaire d'Hiroshima

reste une menace majeure pour l'Humanité

 

         L’épicentre de ce risque terrible se situait au cœur de l’Europe, et les peuples européens n’ont guère cessé de s’en préoccuper  très activement. Ce sont eux qui, notamment  au départ de l’Appel de Stockholm (début 1950), ont prévenu  l’emploi des armes nucléaires par les USA post-rooseveltiens, lors des guerres de Corée (fin 1950) et du Vietnam (en 1954).

 

Et ce sont avant tout les forces de paix européennes qui –  de concert avec le Mouvement des Non-alignés du « Tiers Monde » - ont pesé d’une manière déterminante dans le sens de l’interdiction (de la plupart) des essais d’armes nucléaires, de la conclusion du Traité de Non-prolifération (au-delà des Cinq Grands d’alors : USA, URSS, Grande Bretagne, France et Chine – 1968), et de l’arrêt de la course aux euromissiles (1979-1985) – arrêt sans lequel la Guerre froide, loin de finir (à peu près) pacifiquement, eût « aisément » pu se solder par  l’Holocauste.

 

         Une place particulière, dans les mobilisations de masse qui permirent ces importantes avancées partielles, à contre - sens de l’escalade suicidaire des blocs - fut  prise à partir des années soixante par les  forces de paix (ouest-) allemandes, dans le sillage de la politique de Willy Brandt, mais aussi belges, dans le sillage de la « doctrine de Pierre Harmel.

 

         Pendant les vingt ans qui ont suivi (1991-2011), l’évolution de l’Europe en matière d’armements nucléaires a été marquée :

 

- « côté Est », par le retrait des armes ex - soviétiques derrière la  frontière russe, et la formation (précaire) d’un vaste secteur  militairement « dénucléarisé » incluant les territoires des anciens alliés de l’URSS (Est de l’Allemagne y compris) et les  anciennes républiques

non - russes de la défunte Union ;

 

- côté Ouest, par le maintien, sous les auspices de l’OTAN, tant des « dépôts » d’armes nucléaires américaines dans les pays qui en abritent toujours (Belgique comprise) que des arsenaux « propres » du Royaume-Uni et de la France.

 

         A l’équilibre stratégique et « idéologique » d’antan, a ainsi succédé une ère de prépondérance (à son tour stratégique et « idéologique ») (rassurante ?!) de l’Ouest. Les alliés européens  des USA – tant au niveau des gouvernements que d’une large majorité des opinions publiques  - s’en accommodent « avec d’autant plus « de résignation »  que  (jusqu’à nouvel ordre ?) L’Administration Obama, à la différence de l’Administration Bush, pratique vis-à-vis de la Russie de Poutine et Medvedev, une diplomatie plutôt « constructive » (ratification du Traité « START x  », réorientation « vers/contre Téhéran plutôt que  vers/contre Moscou, du « bouclier anti-missiles » que ses prédécesseurs entendaient installer en Pologne et en Tchéquie).

 

poutine_et_obama_article_big.jpg

 

Barack Obama a-t-il une autre politique stratégique

vis-à-vis de la Russie de Poutine ?

 

         Or, non seulement rien ne garantit que  l’actuel climat de relative détente envers l’Est affaibli s’avérera durable. Mais encore et surtout, l’Europe ne peut nullement faire abstraction, en matière de  « sécurité nucléaire », des très sérieux dangers  que recèlent  pour elle, au moins autant que les recherches éventuellement bivalentes (civiles et militaires) poursuivies par l’Iran, les systèmes d’armes et l’aventurisme  bien réels – et à peine contrôlables -  de deux autres acteurs du Sud-Ouest asiatique , à savoir Israël et le Pakistan, très impliqués l’un et l’autre dans des conflits locaux explosifs à fortes implications transnationales.

 

 

 

         Aussi les « grands » et  petits pays européens  - Belgique fédérale ou confédérale y compris – auraient-ils un intérêt majeur à « sortir activement de l’oubli », les propositions répétées d’une série de pays arabes, tendant à transformer ce  foyer d’incendie rougeoyant en vaste zone sans armes nucléaires et à armement(s) « classique(s) » fortement réduit(s). C’est là un objectif sur la pertinence duquel il importe grandement de sensibiliser les opinions publiques et les « classes politiques » européennes  - et cela même pour ce qui est de la Belgique, en période  « d’affaires courantes et/ou  urgentes ».

 

         Encore faudrait-il, pour conférer aux initiatives en ce sens un minimum de crédibilité, que l’Europe – ou à tout le moins un groupe des pays européens aussi important que possible - balaie devant sa propre porte, en ouvrant au centre du continent (depuis la Mer du Nord et la frontière française du Nord et de l’Est, jusqu’aux frontières occidentales et méridionales de la Russie), leur « propre » zone sans armes nucléaires  et à armements classiques fortement réduits.

 

Il le faudrait d’autant plus, dans le cas belge :

 

- que, positivement, les deux Chambres fédérales se sont  prononcées à plusieurs reprises en ce sens, et que plus de la moitié de nos Villes et Communes au niveau transrégional – dont quinze communes bruxelloises sur dix-neuf – ont adhéré au Mouvement mondial des Maires pour la Paix initié par le Maire d’Hiroshima, mouvement qui revendique pour l’Année 2020, le monde sans armes nucléaires « rêvé » par Obama ;

 

 - que, négativement, nos gouvernements successifs ont à peine répercuté ces prises de position  aux niveaux de l’Union européenne et de l’OTAN, et que le ministre De Crem n’a cessé de s’aligner  - et d’aligner la Belgique officielle- sur les positions des courants  états-uniens les plus  nostalgiques de l’ère Bush.

 

base_kleine_brogel.jpg

 

Vue aérienne de la base militaire belge de Kleine

Brogel où sont stockées des armes nucléaires de

l'OTAN

 

         Pour conclure, je dirais qu’« Oser la Gauche », en ce début de 2011 et en Belgique, se conçoit mal sans engagement actif également sur ce terrain.

 

Louis Van Geyt,

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 14:23

Le débat du Conseil européen extraordinaire du 4 février a été largement consacré à la proposition franco-allemande concernant le “pacte pour la compétitivité”. Malgré la tentative du couple franco-allemand de minimiser leur initiative et de nier l'existence d'une proposition en bonne et due forme, le débat a été très vif.

Le couple franco-allemand a affirmé qu'il s'agissait d'un débat préalable sur la méthode et que le suivi était conditionné au résultat des consultations menées par Van Rompuy à la demande de Mme Merkel. Le couple a déclaré qu'il n'avait pas envisagé de suggérer des thèmes précis pour une coopération renforcée et que le choix de l'Eurogroupe était lié à la nécessité de se concentrer sur des secteurs étant hors compétence communautaire dont, par exemple, une coordination européenne sur l'indexation des salaires. Selon le couple, des pays non membres  de l'Eurogroupe auraient pu s'associer à l'exercice.

 

van rompy

Herman Van Rompuy sait-il ce qu'il veut ?

 

Malgré les explications données par le couple, des nombreuses réserves ont été exprimées par presque tous les autres pays membres (à l'exception de l'Espagne et de l'Italie). Sur la méthode, les pays du Benelux ainsi que l'Autriche et d'autres “petits” pays ont contesté le caractère extra-institutionnel de l'initiative. La Pologne s'est fait le porte-parole des réserves des pays non membres de l'Eurozone contre le risque d'une Europe à deux vitesses. Barroso a contesté aussi la méthode choisie et il a souligné les risques de clash avec les autres formes de coordination des politiques économiques mis en œuvre dans le cadre de l'UE (semestre européen, stratégie Europe 2020) rappelant aussi la nécessité de ne pas écarter le Parlement Européen. La Belgique et le Luxembourg ont affirmé qu'une coordination sur l'indexation des salaires était hors question. D'autres résistances sont venues de l'Autriche sur la reforme du système des retraites. Comme indiqué ci-dessus, Espagne et Italie ont exprimé un soutien à caractère général sur le principe d''une coordination plus poussée dans le domaine de la compétitivité. Cameron n'a pas participé au débat en estimant qu'il s'agissait d'un problème interne à l'Eurozone.

Le débat a mis en lumière les tendances suivantes: 1. un engagement – sincère ? - de l'Allemagne sur la stabilité de l'Euro mais à des conditions très claires; 2. une défiance accrue de Angela Merkel vers la méthode communautaire; 3. une intolérance croissante de la majorité des autres États membres – et notamment des petits pays – vers le couple franco-allemand; 4. le risque d'une tension entre les pays de l'Eurozone et les autres; 5. le danger d'une nouvelle Europe à deux vitesses (celle qui accepte les règles allemandes et celle qui ne les accepte pas) et, en ce qui concerne la Belgique, une tentative de gérer les salaires et les syndicats belges par le biais d’une coopération renforcée européenne sur l’indexation des salaires (ou plutôt sa suppression).

Merkel-Sarko

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy se sont réjouis un peu vite...

Il faudra à ce stade se poser la question suivante : L’axe Paris – Berlin réussira-t-il à imposer une politique libérale franco/allemande dans toute l’Union européenne ?

Le risque est fort car, en ce qui concerne le suivi du débat: 1. un accord dans le désaccord s'est manifesté sur le principe d'un Sommet des Chefs d'État et de gouvernement de l'Eurozone avant le Conseil européen des 24 et 25 mars; 2. toute décision opérationnelle est renvoyée au Sommet; 3. un mandat est donné à Van Rompuy pour organiser des consultations bilatérales afin de préparer le Sommet et les décisions.

 

Pietro Emili

 

 

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 13:39

La FGTB refuse donc de signer l’accord interprofessionnel, de même que la CGSLB.

 

La nouvelle, le 4 février, a mis en émoi et offusqué toute une presse, à l’exemple de l’éditorialiste du « Soir » le 5. Faut-il qu’elle soit conditionnée par la pensée unique, coulée dans le moule du « politiquement correct », pour rejoindre ainsi automatiquement le camp patronal et libéral ?

 

Ce refus syndical « complique la crise gouvernementale ». Cela, au moins, est vrai. La NVA, en se déclarant prête à fournir main-forte au pouvoir exécutif en faveur de l’accord, a apporté un élément de réponse : la lutte sociale transcende le conflit communautaire, comme on le soutient sur ce blog. La NVA, à l’instar du PVV néerlandais, est un fourgon du capitalisme.

 

Inversement, on voit mal le PS, dans le cabinet « d’affaires courantes », se prêter à un tel jeu, alors que le monde patronal réclame une application autoritaire de l’accord.

 

Le communiqué justificatif de la FGTB justifie en effet très bien : et d’abord le « contexte », dit-elle, « Les travailleurs ont durement payé une crise dont ils ne sont pas responsables ». On voudrait maintenant les rendre responsables aussi de l’inflation, du cours des matières premières !

 

L’accord garantissait deux ans d’indexation en 2011- 2012, mais n’était à cet égard qu’une muraille de papier face à l’offensive menée par Angela Merkel qui, sous le bouclier du nationalisme monétaire allemand, est en train de devenir pour l’Europe la Thatcher de notre époque. Au Conseil européen, Yves Leterme s’est souvenu qu’il est démocrate-chrétien, et a repoussé la prétention franco-allemande de dicter des lois de « compétitivité » à l’Union. Il est grotesque de faire du système d’indexation belgo-luxembourgeois un handicap pour la monnaie unique. Mais la menace subsiste…

 

L’accord prévoit le quasi blocage des salaires (la marge de 0,3% est ridicule) et même pas le relèvement du salaire minimum, alors que dans certains secteurs les profits sont revenus, et les bons dividendes, et les bonus… Les sociétés vedettes de la Bourse belge affichent 17 milliards de bénéfices en 2010.

 

Préavis.

 

La vague des licenciements de 2008-2009 a donné une acuité particulière au problème de l’harmonisation des statuts employé et ouvrier…Alors que tout un monde patronal y voit l’occasion d’une harmonisation vers le bas, la FGTB revendique pour les ouvriers une amélioration des délais de préavis : « Trois mois par 5 ans minimum dans un délai acceptable ».

 

 Et les « restructurations » en cours (« Trois Suisses », - 160 emplois comme dernier exemple) font de la durée des préavis une question centrale tant pour les ouvriers que pour les employés : toutes les centrales syndicales des employés, à la CSC aussi, ont repoussé l’accord.

 

L’inégalité sociale croissante dans le monde est moins une conséquence de ce qu’on nomme la crise qu’une de ses causes ! Et la question du futur immédiat ne sera plus seulement celle du salaire minimum, mais celle de la rémunération maximum, de la limitation des profits au bénéfice de la collectivité…   

 

Robert Falony.

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 17:15

Ceci ne sera pas un article de politologie ou de belgicologie, dont la grande presse abonde, mais d’abord un constat : Bart  De Wever a atteint son premier objectif. En faisant chuter tour à tour Di Rupo et Vande Lanotte, il a empêché la formation d’un gouvernement dans lequel les partis communément qualifiés de centre-gauche auraient été relativement en force. Nul plus que lui n’a autant contribué à réinsérer les partis libéraux dans le jeu. Et à faire oublier le recul électoral de la famille libérale en juin 2010.

 

Et il garde donc la main pour, soit se rallier, sous pression du patronat flamand,  à un ultime compromis plus favorable à ses thèses scissionnistes, soit faire échouer pour de bon un tel accord ultime, confirmant ainsi que l’Etat belge n’est plus capable de se réformer « d’en haut ». 

 

On conçoit que des négociateurs « au sommet » s’abstiennent des « attaques personnelles ». Mais on ne peut pas vaincre le nationalisme sans l’attaquer frontalement. C’est d’abord le devoir de la gauche flamande de conduire cette attaque frontale, et de dénoncer derrière le nationaliste vendeur d’illusions l’hyper libéral : car la NVA est à droite de l’Open VLD, c’est le parti charnière entre la droite classique et le fascisme, type Vlaams Belang.

 

 Est ce rêver ? Les quatre partis « progressistes », PS, Spa, Ecolo et Groen n’auraient-ils pas pu soumettre « au pays » leurs propres propositions sur la réforme de l’Etat ? Sortir ainsi du jeu politique classique, si débilitant ? 

 

« Union nationale »

 

Entérinant le nouveau rapport des forces, le président du PS a sorti, avec résignation ? , la formule de l’union nationale, NVA comprise, et, à défaut, celle de la majorité sortante ou élargie.

 

Il avait affiché sa défiance envers un gouvernement « économique ». Il évoque maintenant « un gouvernement économique et social, pas anti-social ».

 Mais le flou est total sur les moyens d’atteindre les objectifs budgétaires affichés, alors qu’il serait temps de dire qu’à défaut de vraies solutions socialistes en Europe, le tiers de la population belge pourrait contribuer davantage - fiscalement – à résorber l’endettement des pouvoirs publics.

 Car si on ne le dit pas, il est implicite qu’on veut encore laisser réduire les dépenses sociales.

 

On s’étonne d’ailleurs : les mêmes qui claironnent l’amorce d’une reprise économique exploitent l’alarmisme sur le sort de la monnaie unique pour parvenir à leurs fins politiques. Notre grande presse n’a pas fait grand cas du succès de l’émission obligataire du fonds européen de stabilisation, couverte à 45 milliards d’euros, avec près de 40% de capitaux asiatiques, ce qui est intéressant et facile à comprendre. C’est la condamnation de la non Europe des emprunts et de la politique Merkel.

 

Dans la déclaration Di Rupo, l’intérêt principal réside dans la proposition de découpler le mammouth communautaire, un découplage entre solution BHV et financement de Bruxelles d’une part, et le reste de la réforme de l’Etat d’autre part.

 

Pendant ce temps, au MR, les deux candidats ont rivalisé sur le thème « Qui est le plus libéral à droite ? ». Charles Michel l’a emporté sur le clan Reynders, mais avec à peine 55%.

 

Tant qu’à manifester…

 

Avec toute la sympathie qu’on peut éprouver pour le monde des artistes et pour des jeunes de bonne foi, la place de la gauche n’était pas dans la manifestation du 23 janvier, comme cela a déjà été dit sur ce blog. On ne peut dissocier « société civile » et « monde politique », un comble ! C’est la société civile qui doit se réapproprier la pratique politique ! On ne peut non plus manifester pour avoir n’importe quel gouvernement, faisant n’importe quelle politique !

 

Dans un pays « au bord du gouffre », il y a eu 35 ou 40.000 manifestants. Cela ne se compare pas à une « marche blanche », aux grandes manifestations contre les euromissiles ou aux grands rassemblements syndicaux d’antan. Précisément, n’est ce pas aux dirigeants syndicaux du nord comme du sud que devrait revenir la tâche d’organiser une manifestation de masse pour le maintien d’une Sécurité sociale fédérale et solidaire ?

 

Jean Lafont

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 14:02

 

Adresse de contact : fal.roberty@skynet.be 

  

Hongrie, Tunisie : l’Europe en déni de démocratie…

  

Dans la pensée socialiste classique, la démocratie bourgeoise est tronquée faute de démocratie économique. Et cela reste vrai. Mais ce sont de nos jours des forces de droite qui attaquent la démocratie bourgeoise : par le haut, la mondialisation capitaliste a vidé l’Etat national de sa capacité, le plaçant sous le joug des marchés financiers ; par le bas, la résurgence des nationalismes mâtinés de populisme xénophobe détourne l’attention des masses face à la crise sociale. Ces forces sont partout à l’oeuvre : avec Wilders, avec De Wever, avec Marine Le Pen, avec Bossi. Et avec Viktor Orban, dont la victoire  électorale en avril est le produit, ce qu’on oublie de dire, de la saignée à blanc imposée à la Hongrie par  le F.M.I. et mise en oeuvre par la « gauche ». Doté de la majorité des deux tiers, il s’empresse de mettre la presse sous le boisseau. Il devient le Horthy de notre époque.

 

Ce qui vient de se passer au Parlement est édifiant : la droite PPE, en dépit des murmures, s’est serrée derrière Orban. Pas question d’un vote de censure face à la présidence de l’Union ! Les Verts surtout, les libéraux grâce à Verhofstadt, les sociaux-démocrates avec Martin Schulz, ont sauvé la face. Mais l’attitude de la Commission, de Barroso, de Van Rompuy, a été lamentable. La Commission suggérera sans doute à Budapest quelques amendements à la loi anti-presse, elle a renoncé à plaider sur le fond. Et que dire des projets de Budapest d’élargir la nationalité (passeport, droit de vote..) aux minorités de souche hongroise dans les pays voisins ? D’un régime qui rêve des frontières de 1914 ?  Mais Orban l’a bien compris : il a incarné à Strasbourg la droite contre la gauche, tout fier de son rôle.

 

Faut-il tant s’étonner ? Cette Europe est celle des banquiers irlandais kleptomanes, des comptes publics truqués des magiciens grecs, de plans de rigueur qui, pour ce qui est des conditions sociales, ramènent le peuple portugais au temps de Salazar, mais avec en plus une mendicité tournée vers les capitalistes chinois… « Indignez vous ! » dit Stéphane Hessel. Pas seulement : « Révoltez vous ! ». L’exemple est venu de Tunisie.

 

La révolution tunisienne est l’exemple parfait d’un mouvement parti spontanément de la base populaire et provoqué par le chômage et la misère. Pas une ombre d’islamisme. Une condition des révolutions – le passage dans le camp insurgé d’une partie au moins des forces armées- a été remplie par  l’armée tunisienne, qui n’était pas un pilier du régime Ben Ali.

 

Les autres systèmes corrompus du monde arabe, au premier rang desquels ceux d’Algérie et d’Egypte, sont inquiets. Sale temps pour Moubarak et Kadhafi, celui-là ! Que l’Europe cesse de vouloir les rassurer, fasse oublier les complaisances honteuses dont la clique de Ben Ali a bénéficié. L’islamisme ? Ce sont ces régimes répressifs qui en font le jeu : on doit rappeler que si les Algériens se sont tournés vers le FIS au début des années nonante, c’est à la suite de la sanglante répression des émeutes de 1988, dont les motifs étaient semblables à ceux des Tunisiens ces dernières semaines !

 

Allons plus loin : que dire d’une société dont la plupart des dirigeants ont peur de la jeunesse (la délinquance les sert, en fait…), ont peur d’Internet qui facilite la communication horizontale ? Ont peur pour leur position sociale, leurs placements, leurs privilèges, leur emprise politique ? C’est en ce sens que la révolution tunisienne a une portée qui dépasse de loin le monde arabo-musulman.  

 

Robert Falony.

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 10:58

Les agences de notation n’aiment pas la révolution tunisienne.

 

À peine quarante huit heures après sa constitution, la nouvelle équipe gouvernementale en place à Tunis devra, en plus de la contestation dont elle fait l’objet et des difficultés de la population, faire face à la défiance des agences de notation. Après avoir jeté de l’huile sur le feu de la crise irlandaise et grecque, leurs torches se tournent désormais vers la Tunisie.

 

Si Fitch et Standard & Poors ont d'ores et déjà placé la note de la dette souveraine de la Tunisie sous «surveillance négative», Moody's n’a pas hésité mercredi 19 janvier à la dégrader de « Baa2 à Baa3 ». L’agence justifie sa décision par «l'instabilité du pays, due au récent changement inattendu du régime, résultant d'une crise politique qui a débuté par des émeutes sociales» ainsi que «Les importantes incertitudes économiques et politiques (qui mettent) en danger la stabilité du pays».

 

Et on vous dit que les agences de notation ne jouent aucun rôle politique. Mais non ! Qu’allez-vous chercher là ?

 

La fameuse équation de propagande néolibérale, capitalisme = démocratie, ne se vérifie pas, une fois de plus. Manifestement, les « marchés » préféraient Ben Ali et sa clique…

 

Gabrielle Giffords va mieux.

 

La députée démocrate d’Arizona, Gabrielle Giffords, atteinte le 8 janvier à Tucson, d’une balle dans la tête suite au tir d’un forcené conditionné par la propagande haineuse du « Tea Party », va mieux. Elle a été transférée de l’hôpital à Tucson vers un centre de réadaptation spécialisé à Houston. Les fanatiques ne réussissent pas toujours, heureusement !

 

Georges Ugeux ou la pression de la haute finance

 

Après Albert Frère qui a prédit des « marchés sans pitié » à l’égard de la Belgique (voir l’article de Gilles Durvaux), voici Georges Ugeux, le Belge de Wall Street, candidat malheureux à la reprise de Fortis, qui met son grain de sel. Dans « Le Soir » du week-end, il fustige la crise politique et prône la vente des actifs de l’Etat dans les banques ayant été atteintes par la crise financière (Fortis, Dexia et KBC). Donc, privatisation totale et, bien entendu, pour suivre, la vente de la SNCB, donc la privatisation des chemins de fer.

 

georges_ugeux01.jpg

 

Georges Ugeux veut remettre de l'ordre dans la

"maison Belgique", selon la recette "hautes finances".

 

Allons, ce 23 janvier, marchez les petits ! La haute finance vous observe.

 

PV

 

 

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 10:40

A de maintes reprises, j’ai été sollicité pour participer à la manifestation citoyenne de ce dimanche 23 janvier. Et à chaque fois, j’ai répondu non…

 

Décidément non, je ne participerai pas…

 

Tout d’abord il y a cette déclaration des organisateurs : « Nous ne faisons pas de politique, mais nous voulons un gouvernement, quelque soit le prix à payer ». Ah bon ? Ce qui signifie qu’en tant que militant de gauche, je dois apporter ma caution inconditionnelle à un gouvernement « à tous prix », dont je me doute d’avance que ses options socio-économiques auront des effets néfastes sur beaucoup d’aspects de notre quotidien.

 

Et puis, il y a ces atours faussement citoyens et démocratiques que prend ce mouvement qui, je l’estime, n’est en fait qu’une expression de l’émotion engendrée depuis quelques temps par une presse complaisante qui relaie les réactions du monde financier face à la situation de la Belgique, confer notamment les propos d’un Albert Frère qui affirme que les marchés seront sans pitié. Nous ne sommes pas, comme c’est le cas en Islande, dans une confrontation d’idées et d’options socio-économiques, puisque les organisateurs rassemblent des citoyens de tous bords pour exiger la formation d’un gouvernement « quel que soit le prix à payer ». Ainsi, sous l’emprise de l’émotion, la démocratie cède la place à « l’émocratie » (1) et nous voilà donc convoqués, soit disant la peur au ventre, à donner notre blanc seing à la classe politique traditionnelle pour qu’elle constitue un gouvernement de « pis aller », peu importe le programme. Et ce faisant, nous légitimons n’importe quel acte de sa part, qu’il soit néfaste ou non, puisque nous ne nous battons pas contre un programme, mais bien pour un contenant en acceptant d’avance le contenu.

 

manif belgique 2301                            

                              C'est le genre de manifestation soi-disant apolitique dont

                                     la Belgique est coutumière en période de crise politique.

                                     Aucun des participants ne se pose la question de savoir ce

                                     qui se cache derrière cet unanimisme de façade. 

 

Ne doutons pas un instant que le dimanche soir venu, les hommes et les femmes politiques déclareront la main sur le cœur qu’ils nous ont compris et qu’ils se remettront à la tâche sans tarder… Et que peut être, sous l’emprise de l’émotion populaire, nos mandataires francophones soient prêt à lever des tabous auxquels ils tenaient tant ? Pensons au programme imbuvable et droitier de la NVA, tant en matière communautaire qu’en matière socio-économique.

 

Le jour où il s’agira de contester les mesures que ce futur gouvernement aura sans doute prises, la réponse pourrait bien être « mais pourquoi contester ce que vous avez appelé de tous vos vœux ? ».

 

Je n’accepte avec d’autres de me mobiliser que pour des causes qui concernent notre système de valeurs et nos convictions. Jamais je n’accepterai de donner ma caution morale à une action politique qui peut aller à leur encontre.

 

Gilles Durvaux

 

(1) J’emprunte à dessein ce néologisme à Christian Panier, un magistrat namurois qui déplorait naguère que de plus en plus, la classe politique, aiguillonnée par les médias et l’émotion populaire agit dans une logique « émocratique » plutôt que démocratique.

 

 

Dans la foulée de cette intervention, on nous communique qu'une autre manifestation est programmée demain 23 janvier à 15 h 00 de la rue de la Démocratie à la place de la Résistance :

 

 

 

« Tous unis contre la démocratie ! »

Manifestation-référendum

pour

sortir le mot « démocratie » de la boîte à outils du pouvoir
sous couvert d’un
exercice de vulgarisation de la critique multimillénaire de la dernière religion en date

... donc RIEN à voir avec la marche blanche belgicaine et apolitique prévue dans les rues de Bruxelles le même jour !

Manifestation
à Bruxelles
le 23 janvier à 15h

l

 

 

DEpart : rue de la Démocratie (croisement rue de Veeweyde)

(métro St-Guidon)
Trajet : rue de la Démocratie, chaussée de Mons, rue de Douvres, rue Wayez
Dislocation : place de la Résistance

La seule critique dangereuse et radicale, c’est la critique politique de la démocratie.
Parce que l’emblème du temps présent, son fétiche, son phallus, c’est la démocratie.
Tant que nous ne saurons pas mener à grande échelle une critique créatrice de la démocratie,
nous resterons, nous stagnerons, dans le bordel financier des images. […]
« Démocratie » est […] un mot qui ne sait ni d’où il vient, ni où il va,
ni même ce qu’il signifie. Un mot qui ne fait que couvrir notre désir passif de confort,
la satisfaction où nous sommes de notre misère mentale..

Alain Badiou (inédit)

 

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 17:00

 

 

Nous avons commencé notre série d’articles sur les « révolutions en marche », suivies d’un point d’interrogation. Celui-ci est plus que nécessaire. Avant de publier le troisième volet, la situation en Tunisie après le départ de Ben Ali pose une série de questions. Qui va lui succéder ? Les revendications du peuple seront-elles rencontrées et par qui ? N’y a-t-il pas une tentative de récupération, notamment venant des « puissances » ?

 

 

On en sait un peu plus sur ce qu’il s’est passé. En réalité, Ben Ali a été déposé par l’armée. Les anciens dirigeants du régime, Mohamed Ghannouchi en tête, ont formé en vitesse un gouvernement provisoire dont la première mesure a été de décréter l’urgence. Autrement dit, sous prétexte d’un maintien de l’ordre indispensable, l’objectif est de maintenir le peuple à l’écart de ce qu’il se trame.

Dès la première nuit qui a suivi la fuite de Ben Ali vers l’Arabie saoudite, des scènes de pillage et de vandalisme ont eu lieu. Certes, comme après toute période insurrectionnelle où les forces de l’ordre ont été désorganisées, des bandes de malfrats en profitent. Cependant, plusieurs témoins ont reconnu d’anciens policiers qui participaient, voire dirigeaient ces exactions.

Puis, les choses se sont calmées. Les anciens dirigeants ont repris les choses en main. Tous, à trois exceptions, font partie du RCD, l’ancien parti de Ben Ali, surnommé le « parti mafia ». Il y a seulement trois ministres de l’opposition « légale » qui ont été nommés à des postes subalternes. Les autres postes clés du gouvernement fantoche de Ben Ali – la défense, la sécurité intérieure et les affaires étrangères – n’ont pas changé de mains.

 

La vigilance d’un peuple

 

Le peuple tunisien ne s’en laisse pas dire. Il ne veut pas de ce gouvernement qui ne cherche qu’à rétablir l’ancien régime. Il y a en effet une très grande méfiance : Ghannouchi avait déclaré à la TV que le départ de Ben Ali était « provisoire »… On ne peut être plus clair ! Cette pression populaire a eu un effet immédiat : moins de vingt quatre heures après sa constitution, le gouvernement subit trois démissions : celles des ministres membres du syndicat unique UGTT. Et puis, deux autres ministres de l’opposition menacent aussi de s’en aller.

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Le peuple tunisien ne veut en aucun cas de ce gouvernement.

 Il n'a jamais tant mérité d'être appelé "le peuple souverain".

La situation devient donc intenable. Quelles conclusions tirer à ce stade ?

Le peuple réalise la manipulation dont il fait l’objet et poursuit le mouvement. La question : tiendra-t-il jusqu’à un renversement complet de la dictature et l’arrestation ou la fuite des collaborateurs ? Sans doute, sauf intervention extérieure peu probable, ou une reprise en mains par la police et l’armée. Cependant, la vigilance du peuple est un atout majeur.

 

À suivre, donc.

 

L’inquiétude d’Hillary

 

Un petit événement, apparemment anodin, est passé quasi inaperçu. Le New York Times rapporte une déclaration inhabituelle de la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, à Doha, capitale de l’émirat de Qatar, lundi 10 janvier. Elle a tancé les dirigeants arabes, affirmant que leurs pays risquaient de « s'enfoncer dans le sable » de l'agitation et de l'extrémisme à moins de « libéraliser leurs systèmes politiques et d'assainir leurs économies ».

 

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Hillary Clinton craindrait-elle un embrasement

général du monde arabe ?

  

Lors d'une conférence dans ce rutilant émirat du Golfe Persique, Mme Clinton a récité une litanie de maux : corruption, répression, absence de droits pour les femmes et les minorités religieuses.

 

« Dans trop d'endroits, de trop de façons, les fondations de la région s'enfoncent dans le sable », a-t-elle déclaré devant un parterre de ministres étrangers, d'hommes d'affaires et de groupes de droits de l'homme au visage fermé. « Le Moyen-Orient régénéré et dynamique que j'ai vu a besoin de fondations plus solides s'il doit prendre racine et se développer partout » (...)  « Ceux qui s'accrochent au statu quo pourront peut-être endiguer l'impact des problèmes de leurs pays pendant quelque temps, mais pas éternellement (...) Des éléments extrémistes, des groupes terroristes et d'autres qui veulent exploiter le désespoir et la pauvreté sont déjà , réclamant l'allégeance et rivalisant d'influence. »

 

Les Etats-Unis craindraient-ils une « contagion » de la révolution tunisienne dans l’ensemble du monde arabe ? Auront-ils les moyens de juguler ce mouvement populaire ?

 

En tout cas, l’expression honnie des intellectuels médiatiques – le peuple souverain – reprend tout son sens grâce au courage du peuple tunisien.

 

PV

 

 

 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 17:56

 

La mort de Joseph Coppé, ancien rédacteur en chef de « La Wallonie », depuis le temps d’André Renard jusqu’à la fin des années 80, est survenue dimanche 16 janvier à l’âge de 84 ans.

 

Toute sa vie a été consacrée à la diffusion d’une pensée non seulement socialiste, au sens courant, mais anticapitaliste, comme en témoignaient avec constance ses éditoriaux dans le quotidien liégeois. Il était certes sur les rails de l’organisation syndicale, en particulier de la fédération des métallurgistes, ce bastion longtemps d’un syndicalisme de combat, dont il suivit les méandres dans les relations houleuses entre la FGTB liégeoise et le PSB-PS.

 

Comme Wallon, il fut engagé à fond dans l’action pour un fédéralisme radical, dans la voie ouverte par Renard au lendemain de la grande grève de 1960-61 dont on célèbre actuellement le cinquantième anniversaire.

 

Le signataire de ces lignes peut témoigner de l’affabilité de l’homme, son rédac’chef pendant une dizaine d’années, de sa largeur d’esprit et de sa générosité. Joseph Coppé n’était pas un personnage d’appareil imbu de ses prérogatives, mais un journaliste militant soucieux d’une presse dont il pouvait constater le déclin avec tristesse, sans moyens pour l’enrayer.

 

Il se mura à la fin de sa vie dans une retraite complète, alors que l’on pensait toujours à lui.

 

Adressons à sa famille cet hommage ému.

 

Robert Falony.

 

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   Joseph Coppé (1927 - 2011) : une vie au service de la gauche syndicale

 

 

Joseph Coppé et la « Grève du siècle »    

Le 31 décembre 1960, en pleine grève contre la Loi unique, La Wallonie – réduite à 4 pages – titre  Vers la grève du siècle. Joseph Coppé note : André Renard savait que ce choix était audacieux et en tout cas prématuré. Toutes les forces n’étaient pas encore dans la bataille. L’issue du conflit restait incertaine et la fin du siècle était encore lointaine, pouvant produire des événements sociaux plus considérables encore. N’empêche : un mouvement de légende venait de trouver son appellation. On ne la lui enlèverait plus.

 

La députée européenne socialiste liégeoise, Véronique De Keyser écrit une biographie émue de Joseph Coppé sur son blog :

 

Né à Liège le 16 janvier 1927 dans une famille ouvrière d’Outremeuse, Joseph Coppé a été le rédacteur en chef emblématique du journal “La Wallonie” à l’influence indéniable tant dans le monde syndical et socialiste que dans la sphère du mouvement wallon. Au sein de cette rédaction liégeoise, il rencontra des personnalités politiques et syndicales telles qu’Hubert Rassart qui lui fit connaître les subtilités du combat politique, Fernand Dehousse qui lui apporta une vision internationale ou Freddy Terwagne avec lequel il partagea une réelle et sincère amitié. C’est le nouveau Directeur général du quotidien des métallos liégeois, André Renard qui va le marquer le plus, notamment par la modernité de son engagement syndical, son langage clair et son charisme. Proche de ce dernier, Joseph Coppé participe activement aux événements exceptionnels que furent la “Question royale”, la “Question scolaire” et bien entendu la “Grève du siècle” en 1960-61. Après un passage comme attaché de presse au Cabinet du Ministre des Travaux publics, le Serésien Jean-Joseph Merlot, il réintègre, en 1962, le journal “La Wallonie” pour y diriger sa rédaction. Sous les présidences de Robert Lambion (1962-1976) et de Robert Gillon (1976-1988), il s’efforça de moderniser l’image du quotidien liégeois en y insérant de jeunes signatures, permanentes ou occasionnelles dans le cadre de tribunes du progrès, comme celles d’André Cools, de Jean-Maurice Dehousse, de Guy Mathot ou celle d’Alain Vanderbiest dans un original billet littéraire. Il créé aussi la station FM du journal “Radio Liège”, dans les années 80 et devient président de la section liégeoise de l’Association des Journalistes Professionnels de Belgique et fonde la Maison de la Presse de Liège. Pendant près de 45 ans, il s’est attaqué dans ses articles au système capitalisme à ses dérives et fut l’un des plus vifs pourfendeurs des partisans du néolibéralisme. Respecté humainement par tous ceux dont il n’hésitait pas à analyser, sans complaisance, l’action politique, il était l’auteur d’éditoriaux attendus avec intérêt autant par le lecteur, militant ou non, que par les spécialistes de la politique.

 

Véronique De Keyser

 

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